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Y a-t-il eu vraiment des hommes qui vivaient dans l’eau ? HOMO erectus : sauvage et aquatique ?
HÀT’S D’R WASSERMÔN RICHTICH G’GÄBT ? HOMO ERECTUS : WILD ÙN AQUÀTISCH ?

Première publication : janvier 2003, mise en ligne : lundi 7 juillet 2003, François de Sarre


Version française :

Celui que les paléontologues désignent comme notre ancêtre, l’Homo erectus, était-il en réalité une sorte d’homme sauvage aux mœurs aquatiques ? Certaines recherches récentes corroborent en tout cas ce point de vue. Bien sûr, c’est toute une conception de notre passé qui devrait être entièrement révisée... mais la science ne progresse-t-elle pas ainsi, en faisant régulièrement le ménage devant sa porte ?
Voyons tout d’abord d’un point de vue historique comment on en est jadis arrivé à penser que l’Homo erectus pouvait se trouver parmi les ancêtres de l’Homo sapiens...
L’erreur de Dubois : En 1891, un jeune médecin hollandais, Eugène Dubois, découvrit à Java les restes d’un hominidé qu’il appela ’’Pithecanthropus’’ : ce faisant, il lui donnait le nom qu’avait choisi Ernst Haeckel en postulant un homme-singe à Java, sans doute à cause de la proximité des îles de Sumatra et de Bornéo, où vit encore aujourd’hui l’orang-outan. Haeckel pensait également que le gibbon était l’un des proches parents de l’homme.
C’est ainsi à la recherche du ’’missing link’’ qu’Eugène Dubois mit au jour une calotte crânienne au front plat et fuyant dans les sédiments du fleuve Solo ; plus tard il découvrit aussi un fémur de type humain. Ce qui conduisit Dubois à donner au fossile le nom de ’’Pithecanthropus erectus’’ signifiant : ’’l’homme-singe qui se tient debout’’. L’erreur de Dubois a été de voir dans le pithécanthrope un être intermédiaire entre le singe et l’homme, parce qu’il avait l’aspect du singe et parce qu’il marchait debout comme un homme...
Peu avant la dernière guerre mondiale, le paléontologue allemand Ralph von Koenigswald a trouvé de nouveaux restes de pithécanthropes à Java, et particulièrement ceux de formes géantes ( méganthrope ). Il n’y a pas si longtemps, on a découvert des formes très robustes aux parois crâniennes épaisses, datées de moins d’un million d’années. Tous ces hominidés, ainsi que quelques autres trouvés en Chine, en Afrique ou en Europe, sont maintenant rangés dans le genre Homo [ et non plus dans Pithecanthropus ], ce qui permet aux paléontologues d’établir une filiation directe vers l’Homo sapiens.
La véritable nature du pithécanthrope : En tout cas, on ne peut pas dire qu’il s’agissait d’un homme-singe, car le singe est un primate arboricole qui n’a rien à voir avec notre sujet ; on ne peut pas non plus parler d’un homme primitif, car le pithécanthrope apparaît bien trop spécialisé... mais il pourrait s’agir d’un homme aux mœurs aquatiques. J’irais même jusqu’à dire : c’était un véritable homme aquatique qui pouvait aussi vivre en mer !
L’anthropologue belge Marc Verhaegen a travaillé sur cette hypothèse dans le cadre du développement du genre Homo à partir d’anthropoïdes simiens ayant vécu dans les forêts inondées du Miocène [ hypothèse aquarboréale ]. Verhaegen a noté que beaucoup de restes de pithécanthropes avaient été découverts à proximité de fleuves ( comme à Java ), ou bien non loin de la mer. Il y a aussi des preuves archéologiques du passage des pithécanthropes sur l’île indonésienne de Florès, située sur la route vers l’Australie. De fait, même à son plus bas niveau, l’océan faisait barrage au cheminement terrestre entre Florès et l’Asie. Pour la Paléontologie classique, les émigrants avaient dû faire usage de ’’radeaux’’... Et si les pithécanthropes étaient capables de nager ? Marc Verhaegen explique d’ailleurs que la grande densité et la compacité des os du pithécanthrope provenaient d’une telle adaptation au milieu aquatique. Même la forme typique et aplatie de la tête, avec le bourrelet osseux au dessus des yeux, serait une adaptation hydrodynamique permettant une nage soutenue en milieu marin... !

Homo erectus nageant

Le pithécanthrope grandissait trop vite : Cette annonce a surpris, voici quelque temps, la communauté scientifique. Après une étude des dents, Christopher Dean de l’University College of London concluait que le pithécanthrope ne connaissait pas d’adolescence, cette période si importante pour l’apprentissage et la maturité des jeunes humains... Le pithécanthrope était adulte à l’âge de 12 ans !
D’un point de vue ’’classique’’, l’Homo erectus des paléontologues suivait en cela le développement des Grands Singes : chimpanzé, gorille ou orang-outan.
Nous pouvons alors faire 2 types d’hypothèses : * ou bien le pithécanthrope était une sorte de grand singe à peine dégrossi * ou bien le pithécanthrope était un homme qui évoluait vers l’état simien.
La première hypothèse ne paraît guère plausible, car elle n’explique pas pourquoi les pithécanthropes marchaient debout et avaient des pieds comme les nôtres, ni pourquoi ils avaient la même denture que nous, ainsi qu’un gros cerveau autour de 1 100 cm3 ? Ce n’était donc certainement pas un Homo sapiens ’’en devenir’’, comme le pensent généralement beaucoup de paléontologues.
La deuxième hypothèse est déjà meilleure et plus conforme aux faits. Il ne faut pas parler ici de ’’dégénérescence’’, mais plutôt de ’spécialisation’. Le pithécanthrope ne ’’retourne’’ pas vers les singes, il ne leur ressemble que par ’convergence’, ce qui n’est pas du tout la même chose ! Ce faisant, le pithécanthrope garde un cerveau performant, ainsi qu’une bonne aptitude à la marche bipède...
Pourquoi donc une existence aquatique ? : Lors de grands bouleversements climatiques, certaines populations d’Homo sapiens ont pu être isolées en bord de mer ou près d’estuaires ( mangroves tropicales ), où elles trouvèrent un refuge, ainsi qu’une nourriture abondante : crabes, algues, mollusques et poissons. Si de telles médiocres conditions - et l’isolement - perdurent, une décadence culturelle peut intervenir, aussitôt suivie de changements anatomiques majeurs : les mâchoires s’épaississent et s’alourdissent, le front devient fuyant, l’architecture crânienne est bouleversée et la silhouette corporelle devient plus lourde. Le mode de vie semi-aquatique conduit à une densification des os et à une robustesse de tout le squelette, comme on peut le constater chez d’autres mammifères : tapir, hippopotame, éléphants... C’est à ces animaux que la silhouette massive du pithécanthrope fait justement penser !
Une fois les populations constituées, certains groupes d’Homo erectus ont pu remonter le long des fleuves, jusqu’aux grandes forêts et dans les massifs montagneux éloignés de la mer. C’est ainsi que l’homme aquatique devenait un ’’homme des bois’’...
Les HSV actuels : Chacun a entendu parler du ’yéti’ [ en l’occurrence, plutôt un grand singe himalayen ], du ’bigfoot’ américain, ainsi que de l’almasty du Causase. Ce qui est ici intéressant, c’est qu’il pourrait bien s’agir de populations reliques de pithécanthropes ( ou de néanderthaliens ). L’idée n’est certes pas nouvelle, mais d’habitude les chercheurs pensent à la survivance d’ancêtres [ de l’Homo sapiens ]... alors que dans mon hypothèse personnelle nous sommes en présence d’hommes ’pithécoïdes’ [ ou pour reprendre l’expression de Bernard Heuvelmans, d’hommes pongoïdes, c’est-à-dire : qui ’ressemblent à Pongo’ ]. Les HSV ( hommes sauvages et velus ) de type pongoïde n’ont que l’apparence du grand singe ! Ils ressemblent superficiellement à des gorilles qui marchent debout... Cette possibilité leur est donnée par leur différenciation ( géologiquement ) récente du sein de la souche Homo sapiens ! Certains de ces HSV vivent toujours à proximité de plans d’eau. Ainsi le chercheur américain Ray Crowe a-t-il décrit des ’bigfoots’ marins dans la Baie de Vancouver ( 1998 ). De même le spécialiste russe des hommes sauvages, Dmitri Bayanov ( 2001 ), nous parle d’hominiens velus que des témoins ont vu en train de plonger ou de nager dans les rivières. Par ailleurs, des témoignages en provenance du Caucase ( M.-J. Koffmann, 1991 ) ou du Nord-Pakistan ( Jordi Magraner, 1992 ) font état de femelles d’hominidés aux longs seins pendants... qu’elles peuvent même rabattre par dessus leur épaule ! Bien sûr, cela ne reste qu’une hypothèse, mais on peut penser que c’est durant la phase semi-aquatique que cette particularité a dû se développer quand la maman erectus nageait avec bébé sur le dos en lui donnant le sein, alors que le petit pithécanthrope s’accrochait au cou et à la chevelure...

Femelle nageant avec bébé

 

’Toumaï’ : un singe aquatique ? L’an passé au Tchad, l’équipe du professeur Michel Brunet a découvert un nouvel hominidé, décrit en Juillet 2002 dans le magazine britannique ’Nature’ sous le nom de Sahelanthropus tchadensis.
Il y avait déjà eu pas mal de discussions au sujet des Australopithèques africains, car certains chercheurs pensaient avoir découvert en eux les ancêtres de l’homme, d’autres les voyant plutôt dans la lignée des grands singes ; enfin on pouvait aussi admettre que les Australopithèques s’étaient éteints sans laisser de descendance...
La paléontologiste française Yvette Deloison ( 1999 ) avaient déjà établi que les australopithèques avaient des pieds de singe, ce qui leur permettait de bien grimper aux arbres, même s’ils restaient par ailleurs bipèdes. En tout cas, sur le fossile tchadien de 7 millions d’années, on voit nettement que le trou occipital [ par lequel la colonne vertébrale pénètre dans le crâne ] est situé comme chez l’homme sous le crâne, et non pas vers l’arrière, comme chez le gorille ou le chimpanzé ! Et pourtant, s’il n’y avait cette face courte et les petites incisives, la tête de ’Toumaï’ est bien celle d’un singe, avec un bourrelet sus-orbitaire épais et un crâne très allongé. A l’époque, ’Toumaï’ devait vivre au bord du méga-lac Tchad. Cet environnement aquatique explique-t-il la forme si particulière de son crâne ? Lorsqu’on y regarde d’un peu plus près, la ressemblance avec le pithécanthrope ( Homo erectus ) devient même assez évidente... ’Toumaï’ ne descendrait-il donc pas d’une forme ancienne d’homme aquatique ? Cela expliquerait pourquoi le trou occipital est resté en position, sous le crâne... On peut supposer que ’Toumaï’ nageait et barbotait dans l’eau et que, pour se sauver des crocodiles ou autres prédateurs, il s’agrippait aux branches basses qui surplombaient le plan d’eau... pour pouvoir s’échapper vers le haut des arbres !
Sahelanthropus tchadensis, alias ’Toumaï’, ne serait-il qu’un singe aquatique ?

 

Homo erectus barbotant

 

[DESSINS de Robert Dumont]

 

 

BIBLIOGRAPHIE

BAYANOV Dmitri : In the Footsteps of the Russian Snowman, Crypto-Logos, Moscow, 1996.
Traduction français par Jean ROCHE : Sur la piste de l’homme des neiges russe, éditions Exergue, 2001.

CROWE Ray : The Sea Man - A Salt Water Sasquatch. Track Record # 76, 1998.

DEAN Christopher et al. : Growth processes in teeth distinguish modern humans from Homo erectus and earlier Hominins. NATURE, 414 : 628-631, London, 2001.

DECOBERT Olivier : Les hominidés d’Isturitz. http://perso.wanadoo.fr/odec/hominid-isturitz.htm, Octobre 2002.

DELOISON Yvette : L’homme ne descend pas d’un primate arboricole. Biom. Hum. et Anthropol., 17 : 147-150, Paris, 1999.

HEUVELMANS Bernard & Boris PORCHNEV : L’Homme de Néanderthal est toujours vivant, Plon, Paris, 1974.

KOFFMANN, Marie-Jeanne : L’almasty, yéti du Caucase. Archéologia, 269, 1991.

MAGRANER Jordi : Recherches sur les Hominidés reliques d’Asie Centrale, édité par Troglodytes, 1992.

ROCHE Jean : Sauvages et velus, éd. Exergue, Chambéry, 2000.

SARRE, François de : About the taxonomic status of "Wild Men" from the standpoint of Initial Bipedalism. Crypto, Hominology Special Number 2, 73-78, March 2002.

VERHAEGEN Marc et al. ( 2002 ) : Aquarboreal Ancestors ? - TREETrends in Ecology & Evolution ) # 17 : 212-217, Studiecentrum Anthropologie, Mechelbaan 338, B-2580 Putte (Belgium)marc.verhaegen@village.uunet.be ].

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Nota : Le texte proposé ci-dessus est écrit en « platt », langue maternelle de l’auteur, toujours parlée en Lorraine, dans la Sarre et au Palatinat. Linguistiquement c’est du ’moyen-allemand’, comme le saxon qui servit à Martin Luther au XVI° siècle pour forger l’allemand moderne. Le « platt » est un langage germanique ( Rheinfränkisch ) apporté par les Francs, bien antérieur au Hochdeutsch... En France, le francique rhénan ( ou mosellan ) est parlé par près de 350 000 personnes dans plus de la moitié du département de la Moselle. Le lecteur intéressé pourra se rapporter au site ’plattweb’ : http://plattweb.free.fr.
Et pour faire la connaissance de Dudweiler, mon village natal [ qui fut le plus gros bourg d’Europe avec 30 000 habitants ; maintenant, c’est un ’quartier’ de Saarbrücken... ], il y a le très beau site de Günter Fell : http://www.fell-dudweiler.de/

 

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AUTEUR :
-François de Sarre
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