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BIPEDIA 25-4
Quelques réflexions sur l’origine d’Homo sapiens et les hominidés reliques
(2ÈME PARTIE)

mardi 14 février 2006, WEHRUNG Fabrice


 Cet article fait suite à celui paru dans Bipedia-22. En effet je ne pouvais rester sans voix suite à plusieurs découvertes qui n’ont fait qu’accentuer ce que j’évoquais dans cette première réflexion, à savoir la survivance tardive de Néandertaliens dans notre pays et leur disparition par mixage avec Sapiens. Les traces sont présentes à de nombreux endroits pour qui sait les voir, que ce soit sur les murs des cathédrales ou sur la physionomie de nos contemporains.

 

1 - Communauté :

 Il est facile de comprendre que beaucoup de ces êtres qui nous intéressent pouvaient vivre en groupe ou isolés dans les forêts immenses du moyen-âge, les montagnes ou autres marécages. Mais certains, des hybrides de deuxième génération, voire plus, pouvaient vivre tranquillement ( ce dernier mot est d’ailleurs à prendre avec prudence ) aux côtés des acteurs classiques du moyen-âge. Les Cagots en sont, sans doute, le meilleur exemple.
 On peut supposer qu’une sorte de caste, de communauté, put ainsi voir le jour.
 Lorsque j’ai fait parvenir à Christian Le Noël les clichés des figures 2 et 2 bis, pour lui demander son avis sur le sujet, c’est sans hésitation qu’il me parla d’ « assujetti ». Certains de ces êtres pouvaient assurer le rôle de serviteur ou d’esclave et être employés à de lourdes tâches.

Figure 1 :
Singe chassant un sanglier, Guillaume Durand, Pontifical.
Avignon, 2ème moitié du XIVéme siècle.
 
Paris, Bibliothèque Sainte-Geneviève, ms. 143, fol.98

 Pour preuve la figure 1 qui représente un « singe chassant un sanglier » sur une enluminure du XIVe siècle. Nul doute qu’il s’agisse d’un hominidé relique, de taille modeste, le front fuyant, la face prognathe, la bouche largement fendue, l’absence de menton, le pied large, le sexe rectile, le muscle fessier puissant et bien sûr la pilosité... Bref, tous les caractères spécifiques bien connus en hominologie. Ceux qui ont déjà chassé le sanglier en traquant savent parfaitement combien cette tâche est périlleuse, mais au XIVe, point de fusil, l’arme blanche était seule dans l’attirail du traqueur. Il ne me surprend pas de constater que l’on pouvait utiliser ces hominidés à la chasse ; nous savons qu’ils étaient très robustes et n’avaient, sans doute pas leur pareille pour connaître les bois... Le capuchon rouge n’est pas là uniquement pour faire joli sur l’enluminure, c’est sans doute un gage de reconnaissance visuel lors des battues. Ce même capuchon est retrouvé sur une statue de la basilique Notre-Dame de l’Epine dans la Marne, où l’on voit nettement apparaître un hominidé velu encapuchonné à la bouche béante ( voir figure 2 ). Cette statue fait partie d’un bestiaire de l’époque et se trouve au milieu de celles mettant en scène sanglier, bœuf, loup, etc....

Figure 2 :
Notre-Dame de l’Epine dans la Marne.
Une partie du bestiaire.

 

 


 

Figure 2 bis :
Notre-Dame de l’Epine,
détail de la statue d’un HVS.

 L’Epine est un petit village marnais se situant au cœur de ce qu’on appelait autrefois la « Champagne pouilleuse ». Ce nom était, soit disant, donné à ces lieux à cause de son extrême pauvreté, les sols y étant ingrats et couverts de taillis et de sapins à perte de vue. Ces immenses étendues sauvages et très peu peuplées, communiquaient par les bois avec l’Argonne toute proche et par cette dernière au massif ardennais. Ces deux régions étaient elles aussi, au moyen-âge, de vastes étendues couvertes de forêts... Les chasses devaient y être fructueuses, elles le sont encore aujourd’hui d’ailleurs. Il n’est donc pas étonnant d’y rencontrer des néandertaliens tardifs au moins jusqu’au moyen-âge.

 

2 - Les gènes :

 Ces êtres pouvaient donc vivre avec ou à côté de la population locale. On l’a vu avec les Cagots dont beaucoup de noms demeurent encore dans les patronymes actuels. Mais les noms ne sont pas seuls à persister, les gènes sont eux aussi bien présents. La " disparition " des Cagots a eu lieu par fonte dans la population, par mixage des gènes issus de croisement. Les hominidés reliques se sont donc fondus dans la population par brassage ethnique tout simplement.
 Et comme l’avait démontré très simplement Mendel avec ses pois, le jeu des combinaisons du mélange des phénotypes va, dans le cas qui nous intéresse, permettre de faire ressortir des caractères néandertaliens chez certains individus. De nos jours encore, il n’est pas rare de croiser certaines personnes présentant telle ou telle spécificité néandertalienne. Il suffit d’aller à la plage l’été pour voir que la pilosité est excessivement variable d’un individu à l’autre. Il en va de même pour la taille, la forme du corps, du crâne, la couleur des cheveux, etc.... Sur ce dernier point, soulignons que beaucoup d’hominidés reliques aperçus actuellement en Asie sont roux, il ne faut pas oublier que les roux et les rousses étaient parfois brûlés au moyen-âge pour fait de sorcellerie ou de commerce avec le diable, alors que, seule, la couleur des cheveux étaient en cause. C’est la couleur du diable, la couleur des cheveux de celui qui a été engendré par le diable. Longtemps les roux ont été considérés comme des êtres énigmatiques. Il n’est donc pas impossible que cette couleur du poil soit liée à une origine néandertalienne. Cette couleur de cheveux est encore très présente dans toute l’Europe et par voie d’expansion dans les pays du Nouveau-Monde. Les autres caractères physiques peuvent tout autant réapparaître brutalement chez certains individus, qui les lèguent ensuite à leurs descendants par simple hérédité.
 Tous ces traits néandertaliens, qui semblent ressurgir du passé à travers notre propre corps, permettent d’expliquer les différences morphologiques très marquées au sein-même d’un groupe de personnes d’une même origine géographique. Sur un espace aussi restreint que celui de la France, on observe d’ailleurs des " types " physiques locaux très caractéristiques.
 Je me souviens que dans les années soixante-dix, au Musée de l’Homme à Paris, se tenait une grande vitrine avec des squelettes du XIXème proposés comme caractéristiques de différentes régions de France. Le Sud-Ouest et l’Auvergne présentaient un squelette que je qualifierais de massif, aux os courts et épais. La taille d’ensemble du squelette était courte et les fémurs arqués. Pour y être retourné à plusieurs reprises, cette vitrine ne présente plus maintenant que de classiques squelettes sapiens : où sont passés les autres ? Peut-être étaient-ils tout simplement trop gênants pour être présentés à côté d’une vitrine voisine montrant une illusoire suite de squelettes à l’allure faussement évolutive allant, elle, d’australopithèque à sapiens...

 

 

Bibliographie :

Documents liés
  BIPEDIA 25-4 :

Quelques réflexions sur l’origine d’Homo sapiens et les hominidés reliques (2ème partie)

par Fabrice WEHRUNG


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AUTEUR :
-WEHRUNG Fabrice
> Quelques réflexions sur l’origine d’Homo sapiens et les hominidés reliques
17 juin 2010   [retour au début des forums]

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