Site miroir du Centre d’Etude et de Recherche sur la Bipédie Initiale
Page d'Accueil Accueil
Plan Plan
Résumé Résumé
Statistiques Statistiques
Comment rédiger ? Comment rédiger ?
Quoi de neuf ? Quoi de neuf ?
Pourquoi ce site ? Qui sommes-nous ? Pourquoi ce site ? Qui sommes-nous ?
1) Théorie de la Bipédie Initiale, Theory of Initial Bipedalism, Die Theorie der URSPRÜNGLICHEN ZWEIFÜSSIGKEIT Théorie de la Bipédie Initiale, Theory of Initial Bipedalism, Die Theorie der URSPRÜNGLICHEN ZWEIFÜSSIGKEIT
2) BIPEDIA BIPEDIA
   - BIPEDIA n° 1
   - BIPEDIA n° 2
   - BIPEDIA n° 3
   - BIPEDIA n° 4
   - BIPEDIA n° 5
   - BIPEDIA n° 6
   - BIPEDIA n° 7
   - BIPEDIA n° 8
   - BIPEDIA n° 9
   - BIPEDIA n° 10
   - BIPEDIA n° 11
   - BIPEDIA n° 12
   - BIPEDIA n° 13
   - BIPEDIA n° 14
   - BIPEDIA n° 15
   - BIPEDIA n° 16
   - BIPEDIA n° 17
   - BIPEDIA n° 18
   - BIPEDIA n° 19
   - BIPEDIA n° 20
   - BIPEDIA n° 21
   - BIPEDIA n° 22
   - BIPEDIA n° 23
   - BIPEDIA n° 24
   - BIPEDIA n° 25
   - BIPEDIA n° 26
   - BIPEDIA n° 27
   - BIPEDIA n° 28
3) Téléchargement de BIPEDIA en PDF Téléchargement de BIPEDIA en PDF
4) Liens Internet Liens Internet
   - Cryptozoologie
   - Hominologie
   - Paléoanthropologie
Site réalisé avec BioSPIP
Ce site est optimisé pour tous les navigateurs qui respectent les normes internet !
Retour à la page d'accueil  BIPEDIA  BIPEDIA n° 25

BIPEDIA 25 - 11
Sam Houston National Forest, Texas mai-juin 2005
PAR MICHÈLE AQUARON

jeudi 15 juin 2006


Voici le récit, très personnel, de cette aventure.

par Michèle AQUARON

 

Du 24 mai au 11 juin 2005, séjour dans Sam Houston National Forest au Texas.

 

Le drapeau fut conçu pour la République du Texas et retenu comme drapeau d’Etat quand le Texas fut annexé par les Etats-Unis en 1845. Les couleurs sont symboles de loyauté ( bleu ), pureté ( blanc ) et courage ( rouge ).

Carte du Texas Drapeau Texan

 L’équipe est composée de trois Belges et une Française. Léon, physicien - Eric, crypto zoologue - Benoît ainsi que de Michèle, infirmière et anthropologue.
 L’équipe texane de : Michael, ancien militaire ( sa chienne Speck ), Chris, photographe professionnel, Daryl et Charles, ancien militaire.

 Du 24 mai au 11 juin 2005, trois Belges et une Française ont séjourné dans Sam Houston National Forest. Une autorisation est indispensable pour séjourner dans cette forêt, les Rangers passeront, au moins, une fois par jour. Le choix s’est porté sur cette forêt car de nombreuses rencontres ont été signalées depuis 2003. La dernière datant du mois de janvier 2005 à 2h du matin avec une journaliste américaine et les " bigfooter " texans ( groupe B.R.F.O ) que nous allons rencontrer. Cette nuit là, un Sasquatch a traversé leur route alors que tout le matériel était rangé dans le coffre du Land-Rover. Impossible de photographier ou de filmer. Ils s’en mordent, encore, les doigts ( je ne connais pas l’expression américaine de cette situation ).

 L’intérêt de ce séjour dans Sam Forest est de tester les capacités de chacun de nous à former une équipe cohérente, soudée, capable de faire face aux imprévus, aux découvertes aléatoires et de bien les gérer.
 Cette expérience préparatoire à d’autres expéditions similaires devrait nous permettre de lister de " Bonnes Pratiques de Recherches " afin de recueillir le plus d’informations possibles, analysables à posteriori. L’étude du biotope nous permettra d’évaluer les ressources nutritives pour un ou plusieurs individus d’environ 200 kg à 300 kg ( d’après les témoignages ). Trouver des plantes médicinales, répertoriées dans cette région, serait aussi intéressant, mais nous n’avons aucune connaissance en la matière. Ce peut être, un des moyens de repérage d’une présence active de cueillette. En même temps, la connaissance des vertus thérapeutiques d’une plante, peut, éventuellement, " pister " quelle ( s ) affection ( s ) atteint un ou des " individu ( s ) se renseigner une prochaine fois auprès de Rangers.
 Pour moi, tout d’abord, départ Marseille - Bruxelles, en IDTGV. Rejoindre l’équipe Belge est plus sympa, à mon avis, ainsi nous volerons ensemble vers le Texas via Amsterdam. Auparavant, je profite de mon séjour chez Eric, pour fixer sur la pellicule la différence de taille entre mon pied et une empreinte de Bigfoot effectuée en Californie. Etonnant, n’est-ce pas ?

Longueur de mon pied : 22 cm ou 6 inches. Celle de l’empreinte : 36 cm
Largeur de mon pied, 10 cm, indiquée par la flèche. Celle de l’empreinte : 18 cm

 Le 23 mai, arrivée à Houston à 18h 30, heure locale, la température affiche 33°8 C ( 93° Fahrenheit ) Ça commence chaudement dans tous les sens du terme ! Un bagage est resté à l’aéroport, heureusement que mon nom est assez rare, donc vite repéré. En réalité un sac d’Eric, enregistré sous mon patronyme, mes neurones ne l’ont pas mémorisé. Grande agitation, première " épreuve " du groupe.

 Après une nuit de repos, et la récupération du sac, nous nous dirigeons, à bord de notre super 4x4, loué par Léon, vers notre camp ( route 208 H, point vert ) situé dans Sam Forest à environ 90 km de Houston. Il fait chaud, 34°-35° C heureusement la voiture est climatisée.

Zones numérotées de Sam Forest

 Arrêt dans un grand magasin de sport, afin de compléter notre matos. J’achète un chapeau de brousse, j’ai l’impression de me la jouer un peu explorateur, mais, j’ai fait un choix judicieux. Dans la forêt, les araignées tissent leurs toiles en travers des chemins et vers 6h du matin, ce couvre-chef permet de ne pas ramasser les toiles en plein visage !

 Arrivés à 18h 30 au campement situé à l’embranchement 208 H. Léon et moi, repartons vers la localité la plus proche, Willis ( cf. Carte, 2 ), faire des provisions, nous n’avons rien, même pas une goutte d’eau. Eric et Benoît finissent de monter la grande tente. Heureusement nous découvrons un bourg plus proche : West Montgomery.

L’aventure commence ce 24 mai.

Entrée et orientation du camp, route 208 H.
Notre 4x4 est gris. Celui des Texans est rouge

Photo © Michèle Aquaron

Fleurs trouvées dans un buisson proche

Copyrigth ©2002 Waterford Press

Vue de la forêt à l’arrière du camp.

Photo © Michèle Aquaron

 La nuit est pratiquement tombée quand nous revenons au camp, un des moments propices, selon certains témoignages, pour voir surgir un Sasquatch. Elucubrations peut être, Léon roule doucement, je suis à l’affût avec mon appareil photo.
 Pendant que Léon et Benoît " papotent ", la tête dans le coffre de la voiture, Eric et moi, interdits, entendons un ramdam ressemblant étrangement à des cris d’une troupe de singes, mais sur un ton de voix plus grave et plus puissant que ce que l’on connaît. Léon et Benoît n’entendent rien, nous leur sortons la tête du coffre « Ecoutez, bon sang, vous n’entendez pas ce raffut ? ». Les sons proviennent de l’endroit où nous sommes passés, avec Léon, il y a quelques minutes. Pas croyable, déjà ??? Aussitôt, de l’autre côté, au N-O du camp, des sons similaires semblent répondre de façon plus importante ( plus grand nombre d’individus ? ). L’étonnement et le plaisir nous saisissent. Silence total de notre part, les sons reprennent au point de départ. Nous en avons l’appétit coupé !

 Les trois hommes se précipitent sur leurs caméras équipées d’infra rouge et de prise de son, pour les mettre en adéquation avec les événements. Les trois hommes sont assis et chuchotent, caméras au poing, prêts à dégainer... Ils sont amusants et attendrissants.

 Benoît nous précise que chaque forêt a un animal " sentinelle " qui prévient les habitants. Ici, ce pourrait être l’Engoulevent " bois pourri ". ( Caprimulgus vociferus )

Zones 208 H, en vert Nous. 208 B, en bleu les Texans...

 En ce 1er soir, vers 22h, je me suis éloignée du camp ( environ 100 m ) pour aller dans une petite clairière faire "pipi". Et si je me retrouve face à face avec Un BF ? Je me raisonne, depuis 6 mois, je m’entraîne à cette rencontre ( dans ma tête ). Soudain, j’entends un craquement ( 10 à 12 m de moi ), des branches qui se brisent sous des pas. Le cœur battant la chamade, je me dis « Non, pas le 1er soir ! » puis un grand coup tapé sur un tronc d’arbre me confirme une présence. Restons calme, pas de cri ni de course intempestive. Je me sens observée. Remonter tranquillement mon pantalon a été plus difficile, je me suis éloignée " presque tranquillement " d’un bon pas. Tout en ne ressentant rien d’agressif mon cœur, en désaccord, s’accélérait avec des frissons partout, idiot mais incontrôlable.
 Je me retourne plusieurs fois, la lumière de la lampe torche masquée par ma main, partagée entre le désir et la crainte de voir apparaître un Bigfoot... Zut, si j’en vois Un, j’ai oublié mon appareil photo ! ( j’expliquerai plus tard l’analyse, que je ferai, de cette peur incontrôlable qui monte du plus profond de soi, car je serai confrontée à d’autres manifestations ).
 Je suis très contente de rejoindre le camp.

Vue Est de la forêt, route 208 H.

Photo © Michèle Aquaron

 Je raconte cet épisode aux copains. Il paraît que cette façon de se manifester est connue. Par la suite, mon coin toilette sera plus proche du camp !
 Dans la nuit, il y aura des manifestations de présence autour des tentes jusqu’à 1h 30 du matin.

 Ce matin, 25 mai, je retourne au lieu décrit hier soir à la recherche de traces éventuelles, mais la couche d’humus empêche de savoir si les empreintes trouvées sont récentes. Nous reviendrons sur les lieux avec Léon, Eric et Benoît, puis avec les Texans, les appréciations seront identiques.

 Nous repérons, chacun de notre côté, plusieurs troncs d’arbres poussant en arc vers le nord ils feraient de bons supports à l’édification d’un abri. Nous constatons aussi qu’un arbre un peu plus gros est souvent posé en travers du dôme pour bloquer ces arcs. Les hommes découvriront, ce que l’on peut considérer comme des " nids " ayant été occupés. Des branches de pins sont entassées sur les voûtes.

 La chaleur est accablante, surtout pour Benoît et moi. Léon restera toujours fringant, même à 49° C.

 Ce 26 mai, les pieds en-feu et en-flés, je ne peux plus mettre mes chaussures de rando, j’opte pour marcher en chaussettes. Super silencieux ce système, je ne dérange aucun animal, même pas les petits oiseaux, c’est un vrai bonheur de les observer à quelques mètres. Un petit oiseau, noir avec un petit peu de rouge sur le corps ( ou sur l’aile repliée ? ) avec une jolie queue en éventail, se pose sur une branche à 2-3 m de moi, nous nous observons mutuellement, il n’a pas peur, je suis enchantée ! Benoît m’indique son nom : oiseau moqueur polyglotte Mimus polyglottos.

Copyrigth ©2002 Waterford Press

 Le silence n’est pas indispensable pour admirer les fleurs qui jalonnent la route forestière et les chemins tout autour de notre campement. Le long de la route forestière je photographie des fleurs blanc-crème ( je n’ai pas trouvé le nom dans le catalogue ), qui ressemblent à des marguerites mais aux pétales beaucoup plus fins, la dimension de l’une d’elle correspond à la longueur de ma main, soit 16 cm.

Fleurs, 16 cm de diamètre Longueur de ma main : 16 cm

Photo © Michèle Aquaron

 Des fleurs jaunes communes, identiques à des fleurs alpines, ( Helianthus spp. ) et des fleurs d’un camaïeu violet magnifique, dont la forme ressemble à une belle orchidée ( Alophia drummondi ) sont les plus marquantes ( pour moi ) parmi les fleurs qui poussent ici. J’allais oublier les belles fleurs bleues ( Tradescantia spp. ) qui forment un parterre ( restreint ) entre 2 arbres, de notre camp, que j’admirerai chaque matin et chaque soir, tellement je les trouve belles.

Copyrigth ©2002 Waterford Press

Fleurs bleues Tradescantia spp.,
au naturel
( au fond, la route 208 H )

Photo © Michèle Aquaron

 L’immersion, quasi totale, dans cet environnement est un vrai bonheur pour les sens. Sam Forest est un lieu magnifique, la vie animale bien présente se manifeste bruyamment : le chant des oiseaux, les coups de bec des piverts, le chant de grosses cigales ( je trouverai une mue qui atteint 5 cm de long et 1,5 cm de large, sur une roue de la voiture ) quelques bruissements dans les buissons et les cris de coyotes complètent quelques meuh des vaches texanes, au loin...

 Léon, pendant une promenade éthologique ( observation naturaliste ) s’est retrouvé nez à nez ( environ 150 cm ) avec un coyote aussi surpris que lui, celui qu’il rencontre a la taille d’un berger allemand avec des pattes un peu plus courtes. D’après les Texans cette rencontre est exceptionnelle.
 Ce même jour, sur la route forestière, je vois un objet en bois dans le sable ( je fus très surprise par l’absence de terre. Le sol est composé de sables et de limon ! Renseignement pris, cette forêt est une partie exhaussée de fond marin, suite au choc provoqué par le " possible astéroïde " tombé dans le golfe du Mexique. Il y a... très longtemps ).
 Etrange, cet objet fait penser à un " outil ", bon je le prendrai au retour, après les photos de fleurs ( en fait Léon se fait la même réflexion et le ramassera avant moi ) il en trouvera au moins 6 autres, après un test d’utilisation avec Benoît ( creusement, découpe ) nous les gardons pour les faire analyser à notre retour. Après la " rencontre " avec cet objet, je poursuis ma route dans la forêt, je repère une empreinte de pied ( cf. tableau des légendes pp. 22 ) dans une coulée de boue séchée, près d’un chemin forestier, assez proche du camp. À genoux, je m’assure que je ne rêve pas, c’est une empreinte ( pied droit ) surprenante d’un bipède !

Comparaison avec le 46 " fillette " de Léon

 Le 27 mai, l’empreinte filmée, photographiée, nous ferons, avec Benoît, des relevés très scientifiquement avec des instruments de mesures " archéologiques " et constitution d’une fiche technique. Une certitude, c’est une empreinte de bipède, pied nu.

Longueur totale du pied= 28 cm
Largeur avec le 5° orteil = 15,6 cm
Largeur du pied niveau talon = 7 cm
Longueur Orteil 1 = 3,5 cm ; largeur = 3,2 cm
Longueur Orteil 2 = 3,2 cm ; largeur = 2,1 cm
Longueur Orteil 3 = 3,3 cm ; largeur = 1,8 cm
Longueur Orteil 4 = 3,5 cm ; largeur = 7 cm
Longueur Orteil 5 = 4 cm ; largeur = 2,2 cm
 

Dimorphisme apparent du 5° orteil
Profondeur de l’empreinte : ± 7-8 mm

Note : Le 5ème orteil est dévié par rapport aux autres. L’empreinte du talon est peu marquée, à cause de la présence d’une racine et du creux du terrain.

 Après ce travail minutieux, nous espérons un peu de pluie. Le temps est lourd, orageux les tiques sonnent la charge, elles raffolent de ces conditions climatiques ( nous confectionnons une nécropole à tiques avec un flacon empli de bière chaude, radical ! ). Les tiques sont friandes de la peau de Léon et de la mienne, le soir sous la douche, chasse aux bestioles ( un vétérinaire a donné un appareil spécial qui éradique les animaux sans inconvénients pour la santé ). Eric résiste à tout sauf au coup de soleil ( peau de rouquin ) quant à Benoît toutes les femelles moustiques sont amoureuses de lui et le lui font savoir ! Je serai charitable, pas de photo de son visage amoureusement " bécoté ".

 Les Texans, Daryl, Charles et Michael ( taille 1,93 m, pieds 12 inches, très charmant Bigfoot ! si j’en rencontre un au fond du bois personne ne voudra me croire ), nous rejoignent. Nous préparons les " chips à Sasquatch " avec des phéromones. Subtil mélange d’hormones femelles : orang-outan, gorille et femelle sapiens !
 Une odeur terrible et inoubliable nous enveloppe, puanteur âcre, tenace, pouah. Sinus débouchés en 10 secondes ! Les Texans rigolent gentiment.
 Et il faut passer les fils de suspension aux chips... le travail est rapidement effectué ! Suspendues aux branches d’arbres, dans un périmètre de 100 m autour du camp, ces chips devraient attirer les mâles, Bigfoot évidemment ! Je suis la " chèvre " au milieu de ces 5 hommes qui me taquinent gentiment, « Attention, un Bigfoot amoureux arrive.... »

 Ce soir ils nous feront écouter différents enregistrements de primates, gibbons, gorilles, orang-outang et le cri d’un Sasquatch enregistré en Ohio... Impressionnant et inoubliable, les poils se dressent sur tout le corps, le son porte très loin et, bizarrement, la nuit devient particulièrement silencieuse... il n’y aura pas de réponse et aucune manifestation animale.

 D’après mes lectures à propos de l’Almast du Caucase qui aimerait le tabac, j’en dépose un petit récipient, là où il y a le plus de manifestations nocturnes, face à l’arrière de la voiture, de l’autre côté de la route 208 H. ( il en disparaîtra la moitié ). Dans la forêt, qui peut être friand de ce produit ?

Photo © Michèle Aquaron

Au 1° plan, Michael, cuisinier en chef des phéromones.

Au 2° plan, Charles admire le travail en connaisseur.

 Daryl nous signale qu’à la route 208 B, se trouve un panneau indicateur " attention, passage de Sasquatch ".

Photo © Michèle Aquaron

Panneau indicateur, route 208 B :
Passage de Sasquatch
 
route menant au ranch des Mac Kenna.

 Au bout de ces trois nuits, je décide de m’installer dans la voiture, je suis assez petite pour y dormir confortablement. Sous la tente c’est redoutable ; le sac de couchage glisse sur le matelas ( spécial expédition ), le coussin est trop gonflé, je tombe à gauche, à droite, je m’étale à chaque essai... je m’énerve, j’essaye de me caler avec le contenu de mon sac à dos, que je vide en tâtonnant dans le noir car ma lampe torche est introuvable ( en râlant comme un pou ). Difficile de s’endormir et de se reposer, d’autant plus qu’une grosse pierre ou souche d’arbre me laboure le dos ( pire que dans le sketch de Guy Bedos ). Je craque...

 Ce 28 mai, vers midi, départ des trois hommes pour un recensement des " chips aux phéromones " posées la veille. La chaleur devient difficilement tenable, la station météo d’Eric affiche une " grimpette " régulière des chiffres.
 Je reviendrai du Texas, bronzée mais cuite à petit feu...

 Dans la nuit du 28 au 29 mai, un important orage s’abat sur " notre " forêt, heureusement, les hommes ont creusé des rigoles autour des tentes. Je suis bien à l’abri dans la voiture.
 Premier concert de grenouilles, les grenouilles Texanes ont une voix puissante !

 Debout vers 5h du matin, je fais un petit tour sur la route forestière avec le lever du jour et le 1° chant d’oiseau, celui de 6h, suivi du pivert qui prend le relais. Tous les matins, je ressens le même plaisir, plus qu’une communion avec la Nature, se percevoir faisant partie de cette Nature est un bonheur total.
 Aujourd’hui, Léon et Benoît testent un " pistolet Bigfoot " ( ainsi baptisé ) repéré près d’un creusement dans le sol, ils trouvent des tubercules ( patates sauvages ? ). Essai réussi pour déterrer et couper, cet " outil " fonctionne parfaitement. Nous sommes déjà impatients de connaître les résultats des analyses de laboratoire !
 Les Texans ont loué une voiturette électrique de golf afin de se déplacer rapidement, sans bruit, dans la forêt. Sensation vraiment stupéfiante cette balade silencieuse sous les feuillages des arbres. Formidables ces américains, la " Bigfoot mobile " est livrée au campement.

Michael, Speck et Michèle en " Bigfoot mobile "

Photo © Michèle Aquaron

 Cette nuit, du 29 au 30 mai, rendez-vous au camp des Texans à environ 1 km du nôtre. ( Zone 208 B ) Ils ont prévu une marche nocturne, avec un équipement spécial de visée de nuit ( équipement commando ), dans une zone sauvage ( wilderness ) zone spéciale de Little Lake Creek. La chienne Speck fait parti du commando. Si elle est née au Texas, sa race est le résultat d’un croisement de chien australien et de dingo ; sa particularité est de ne pas aboyer, si elle voit une trace ou sent une odeur inhabituelle ( celle de BF ) elle se couche le museau entre les pattes. ( elle sait, peut être, que les BF détestent les chiens, s’ils aboient les BF essayent de les tuer ).

 Moi je reste près de la voiture, équipée de talkie-walkie pour être en communication avec eux. Encore une grande émotion, ce soir-là.
 À 23h 45, les hommes s’éloignent sur le chemin, à 23h 50, trois cris proviennent du S.O suivis, une demi-heure après, d’un cri puissant, assez loin au Nord, suivi, à son tour, de cinq grands cris encore plus puissants venant de l’Est. Je suis hors de la voiture avec la caméra, pas trop rassurée mais je veux témoigner, si possible. Dix minutes plus tard, des cris proviennent du S.S.E, plus proches de moi, je commence à " baliser ".
 À 00h 35, cris très puissants, impressionnants, de plus en plus proches, surprise je ressens une douleur violente à l’estomac, comme si j’avais reçu un crochet en boxe ( ou un direct ). J’ai très mal et plus le courage de rester sur le chemin. Pliée en deux par la douleur, j’opte pour l’abri de la voiture. J’ai le sentiment d’être dédoublée, le cerveau réfléchit, le corps douloureux a peur, je me visualise dans une attitude contradictoire. Il est minuit 58.
 Enfin les hommes reviennent, je leur raconte ce qui s’est passé et ce que j’ai noté, Daryl et Léon écoutent attentivement mes explications. En réalité, les hommes ne m’ont pas prévenue ( ou je n’ai pas entendu ) qu’ils avaient l’intention de reproduire les cris enregistrés dans l’Ohio. Cela coïncide avec les derniers cris ayant provoqué la douleur stomacale. Donc, ces cris étaient réels pour moi, j’ai joué, involontairement, le rôle de " cobaye " dont les réactions physiques et émotives sont indéniables.
 Mais le mystère subsiste pour les autres cris entendus. Ce dont je suis certaine, ce n’était pas un sifflet de train, ni des vaches meuglant en américain, ni des coyotes ou le tout à géométrie variable...

 Le 30 mai, vers 11h les hommes partent en exploration, camera au poing tandis que moi je recherche le terrier d’un éventuel tatou, qui se balade à gauche du campement. On entend son passage le soir dans les buissons à quelques mètres. Je trouve de grosses souches d’arbres, mais... je ne sais pas reconnaître le refuge d’un tatou. Cependant, la souche qui me semble être la bonne est confirmée par les hommes le soir à leur retour. Les traces de griffes attestent sa présence. Seuls deux animaux sont capables de laisser ces signes et comme le blaireau creuse des galeries bien distinctes, reste le tatou ( au Texas, tatou à 9 bandes seul édenté en Amérique du Nord, longueur maximum 83 cm ).

Tatou à neuf bandes ( Dasypus novemcintus )
Au Texas, c’est le seul mammifère à pouvoir s’attaquer à la dangereuse fourmi de feu.
Il gobe autant de larves qu’il peut avant que les piqûres ne deviennent trop douloureuses.

Dinosoria.com © 2003. Terra Nova

 Vers 17h 30, les hommes arrivent fatigués, Eric est exténué par une très longue marche et un bon coup de soleil sur le cou et les épaules, la crème anti brûlure est indispensable.
 Nous partons prendre une douche, suivie d’achats au Supermarket de Willis, puis repas mexicain car il sera trop tard pour faire la " popote " en arrivant au camp. Retour vers 21h 30, café, thé autour de la table et discussion nous amènent à minuit, nous allons nous coucher. Une demi-heure après, manifestation autour du camp, ils se lèvent, caméra au poing et filment. Léon a vu deux masses sombres, une debout et l’autre accroupie, à 3 m derrière sa tente, contre un des arbres portant notre corde à linge ( seconde photo suivante, emplacement des ombres par deux traits roses ). J’espère que ces " présences " probables seront visibles sur le film. Dans la voiture j’ai entendu du bruit mais rien de précis.

 Mardi 31 mai, pendant que Léon et Eric continuent les explorations séparément, avec Benoît nous cherchons dans ses livres tous les noms scientifiques des plantes et animaux rencontrés. Léon nous appelle, il a trouvé ce qui semble être des traces d’usage de " pistolet Sasquatch " l’outil étant resté sur place, un de plus collecté. Un argument supplémentaire en faveur de l’hypothèse pressentie auparavant. Nous continuons à chercher d’autres sites jusqu’à 15h.
 Revenus au camp, une petite faim nous tenaille, la table est déplacée en fonction des rayons du soleil, après un en-cas copieux nous continuons à prendre des notes et compléter nos commentaires. Léon nous filme en plein travail.
 En allant vers le camping où nous prenons nos douches, un rapace, buse à queue rouge ( Buteo jamaicensis ) se pose sur une branche à 10 m de la voiture, stop illico et film. Quelle beauté !

Copyrigth ©2002 Waterford Press

 Quand nous revenons de la douche, la nuit commence à tomber, les hommes font un dernier petit raid, le moment étant propice pour des rencontres. Je reste au camp pour préparer le repas. S’ils trouvent une piste intéressante, ils reviendront vers 21h 30, heure où le ciel est noir de jais, seules les étoiles émettent une lumière intense, elles semblent plus proches de nous sous cette latitude ( sub-subtropicale ). C’est un vrai bonheur pour les yeux...

 De retour à l’heure prévue, nous dînons, nous sommes tous fatigués et nous couchons tôt, 23h 30. La veille, autour des tentes, manifestations et bruits, les hommes sont prêts à se lever rapidement avec leurs caméras, ils doivent me réveiller s’il se passe quelque chose car, dans la voiture les bruits perçus ne sont pas aussi flagrants et analysables.
 1er juin, à l’heure où j’écris, il est 8h 40, apparemment il ne s’est rien passé pour eux, mais pour moi... je suis passée par une sacrée trouille entre 4h 40 et 4h 55.
 J’ai manifesté bruyamment ma présence, en voulant fermer les fenêtres de la voiture, côté tête et côté pieds, la pluie s’étant mise à tomber ( pour respirer, j’ai mis des sacs en plastique aux deux autres ouvertures ), mais pour ce faire, quand on actionne la clé de contact dans une voiture américaine automatique, elle se met à " couiner " parce que la ceinture de sécurité du conducteur n’est pas attachée, le silence n’est pas de mise... Je me recouche, la tête vers les arbres ( photo suivante, point jaune ), il doit être 4 heures du matin.

 Vers 4h 40, je sens, confusément, dans un demi-sommeil... " quelqu’un " ou " quelque chose " s’appuyer sur le côté droit de la voiture. Stupéfaction, les hommes dorment sous leurs tentes. Le temps de réaliser cette évidence, je soulève la tête pour apercevoir ce qui se passe et je fais un bond... une masse arrondie ( 30 à 33 cm, mesurés a posteriori ) entourée de ce qui ressemble à deux mains entourant un visage, est appuyée sur la vitre pour voir ce qu’il y a dedans. Les vitres fumées, permettent de voir de l’intérieur vers l’extérieur mais pas le contraire. Je ne crie pas mais je tremble malgré moi, tassée sur le côté gauche de la banquette, je tends le bras pour prendre la caméra et filmer, mais je tremble trop, la caméra " saute " de mes mains, impossible de la récupérer sur le sol, je n’ose pas utiliser ma lampe torche ; de toute façon je suis trop perturbée pour trouver quoi que ce soit ! Je ne ressens aucune attitude agressive, juste de la curiosité, cependant j’ai du mal à réprimer ma peur. Si je sors ( je ne peux pas baisser la vitre automatique ) je serai nez à nez, c’est le cas de le dire, avec quoi ? Avec qui ? Qui aura le plus peur ?
 À 4 h 55, disparition de cette " chose " qui s’éloigne sans bruit. Suspense....

Soirée à notre campement avec nos amis Texans

En partant de la gauche : Léon préparant la popote, Benoît, Eric, Charles, Michael et Daryl.
Emplacement des deux masses sombres vues par Léon, représenté par les traits roses.
Emplacement des fleurs ( traits bleus ) par rapport au camp et à la voiture.

Photo © Michèle Aquaron

 Le matin du 1er juin, vers 6h, je recherche des traces du côté gauche de la voiture et aux alentours immédiats. Je remarque le massif de fleurs bleues, écrasé par ce qui ressemble fort à une empreinte de pied impressionnante. ( Léon enregistre, mais je n’ai pas le film )

 À partir de ce moment, nous établirons des tours de garde toutes les nuits pour ne rien rater et peut-être établir des rencontres.

 Dans la nuit du 1er au 2 juin, avec Benoît, nous prenons le 1er tour de garde. Je serai totalement inefficace, car je m’endors.
 Début de veille, nuit sombre sans lune, calme, temps sec.

  • 0h 20, cris de coyotes au N.E.
  • 0h 55, hululements de hibou
  • 02h 40, grognements côté gauche de la voiture.
  • 02h 45, bruits de feuilles côté route du camp.
  • 02h 50, j’entends des toussotements ( de qui ? ) à la suite des bruits de feuilles.
  • 04h, bruits de pas sur la route, cerf ?
  • 04h 15, bruit assez proche, face au camp à l’Est.
  • 05h 30, fin de veille

 Le 2 juin, 10h 30, brunch, Eric et Léon partent en randonnée vers midi. Benoît reste avec moi au camp, nous sommes anéantis par la chaleur. Au retour de la douche nous empruntons la route des " tortues boîtes ", leur rencontre est fréquente.
 Ce soir, Eric et Léon pour le tour de garde. Aucune manifestation, serions-nous totalement intégrés ?

 Ce 3 juin, Léon et Benoît partent vers 12h 30, ils découvrent une rivière à 2 km du camp et remontent son cours sur 2 km, ils croisent une couleuvre noire et une petite mygale ( 5 cm ). Ils relèveront des empreintes de pas bordant le lit de la rivière, traces de pied adulte à côté de celles d’enfant.
 Eric est resté au camp avec moi, vers 14h il va dans la forêt jouer des airs irlandais sur sa flûte ; c’est très agréable, j’espère que les oiseaux apprécient.

 Retour de Léon et Benoît à 15h 45, assoiffés et transpirants. J’ai déplacé la voiture pour la mettre à l’ombre. Dans le sous-bois, à environ 1 km du camp, mon arrivé, façon indienne, me permet de surprendre un bel écureuil mais impossible de le filmer, il disparaît trop rapidement. Sur le chemin du retour, j’utilise l’eau de ma bouteille pour me doucher, je n’en peux plus de cette chaleur ! Au camp, Benoît somnole en attendant le départ pour la douche, je note ce que j’ai fait. Depuis, 10 jours, c’est le sauna quotidien malgré 2 orages de nuit, la pluie n’est pas assez importante pour rafraîchir le sol. Après la douche, nous devons trouver des recharges, de gaz butane, compatibles avec nos brûleurs, autrement nous devrons rationner nos plats chauds. Ce soir, au repas, chips tortilla, crème de guacamole, viande séchée au Tariyaki ( préparation japonaise ). Très bon.

 Pendant que les hommes poursuivent une discussion très animée, je me repose dans la voiture, j’assure la 1ère partie de garde de minuit à 4h suivie par Benoît.

  • 0h 20, Eric sort, il a entendu du bruit autour de sa tente, moi je n’ai rien perçu, peut être qu’un animal a frôlé le tissu.
  • 0h 55, bruits de branches derrière la voiture de l’autre côté de la route forestière à environ 10-12 m, je laisse les portières ouvertes pour sortir plus rapidement, puis je sors, c’est encore mieux. Je m’assois à l’arrière de la voiture pour mieux percevoir les bruits.
  • 01h 30, craquements de branches au même endroit qu’à 0h 55. puis, hululements de hibou, cris de coyotes au loin et un superbe concert de grillons.
  • 02h 30, j’entends ce qui ressemble à des pépiements d’oiseaux, enfin quelque chose qui s’y apparente. What is it ?
  • 3h 45, tour de Benoît.
  • 04h 10 à 04h 20, longues séries de bruits, comme des coups de bâton, débitage ? de l’autre côté de la route à l’arrière de la voiture.
  • 05h, calme interrompu par les grillons et engoulevent " bois pourri ".
  • 05h 30, bruit de branches tombant au sol.
  • 06 30, Benoît remarque des traces de passage d’une taupe sous la table de camping.

 4 juin, 7h, Léon et moi lisons les annotations de Benoît, nous cherchons le chemin parcouru par la taupe. Quand Benoît est réveillé, nous allons, avec Léon, inspecter le lieu du " débitage " de la nuit, effectivement, il y a des signes d’activité. Des branches " extraites " des troncs d’arbres couchés sur le sol et de l’écorce arrachée sur, approximativement, un mètre de long et 6 à 8 cm d’épaisseur. Il faut une sacrée force, Léon et Benoît n’y arrivent pas, et moi n’en parlons pas !
 Après le brunch, les hommes se préparent pour explorer le " nid " trouvé par Eric hier après-midi. Le film n’est pas probant, il faut effectuer des prélèvements et dessiner l’abri dans un deuxième temps.
 Je suis équipée d’un talkie-walkie, si les copains se perdent, la forêt est très dense, je klaxonne pour qu’ils se repèrent au son.
 Soudain, j’entends un grand bruit sur un tronc d’arbre, suivi de sa chute ( I suppose ). Je m’aventure, un peu tremblante, sur un des chemins forestiers, à la recherche de ce tronc, les herbes écrasées devraient me guider, sans résultat. Je savoure quelques grosses mûres au passage.
 Ce soir, douche et achats, il ne reste qu’un verre d’eau ! La chaleur humide est oppressante, Benoît et moi sommes KO. Je suis en nage de 10h à 19h, heure de la douche.
 Nous effectuons les achats de comestibles et d’EAU, et dînons au Leroy’s - B.B.Q. avec une bière Büddweizer bien glacée, délicieux ! De retour au camp, discussion autour de la table et veille pour Eric et Léon. Ce soir. Léon aura une grande frayeur, sa caméra, équipée de super night shoot, accroche deux yeux lumineux près d’un arbre situé de l’autre côté de la route longeant le camp, face à l’arrière de la voiture.

 Dimanche 5 juin, le réveil est difficile pour tous. Un petit oiseau semble me dire bonjour, je lui réponds en essayant de siffler de la même façon. Ben je sais, je ne suis pas un oiseau !
 À 9 h du matin, 29° C les sueurs journalières débutent. Il est 13h et n’avons pas encore faim, les horaires de repas sont " élastiques " nous mangeons en fonction de nos envies, une réelle liberté.
 Après le brunch, Léon, toujours d’attaque part en exploration, Benoît et Eric optent pour une sieste, je m’équipe pour aller jusqu’à la barrière au bout de la route, en passant par la forêt. Au bout d’un moment, la traversée devient trop difficile, je ne vais pas me la jouer " explorateur téméraire " si je me perds... Je récupère un des sentiers, traverse la route derrière le campement et recherche le tronc d’arbre tombé avant-hier, en vain. Cependant, je trouve des morceaux de grosses branches ( ± 15 cm de diamètre ) fraîchement cassées, par qui ? Tout en marchant, façon indienne, très silencieusement, je perturbe un magnifique petit oiseau rouge ( Piranga rubra ), puis, je sursaute, j’ai failli marcher sur la queue d’un tatou, je vois le bas du dos arrondi, gris métallisé. Benoît confirmera ce soir. Je poursuis sur le même chemin, j’arrive jusqu’à un étang et à un grand chemin forestier, bordé d’arbres immenses aux fûts très droits. C’est magnifique, j’ai l’impression d’arriver dans un décor de contes de fées. Les hommes ont ressenti la même impression !
 Près de cet étang, les hommes découvriront le " nid " présenté plus bas.

Copyrigth ©2002 Waterford Press

 À 18 h, Daryl arrive avec sa femme. Evidement, récit des événements, recherche de l’emplacement des yeux filmés par Léon, angle de prise de vue, évaluation, discussion... Il nous semble impossible que ce soient les yeux d’un hibou. Encore un élément important à analyser au retour. Nous partons à 19h pour une douche bien venue, au retour, par la route des tortues boîtes ( Terrapene spp. ) apparition d’une biche et de son petit, magnifique sentiment d’harmonie, je suis très émue.

Copyrigth ©2002 Waterford Press

 Ce soir, après une grande salade, je bois une demi-bière avec " mes " Belges et c’est un festival ! Je délire sur divers sujets, dont les Sasquatchs. On rit à en avoir mal aux côtes, nous sommes gagnés par un fou-rire inextinguible ! Les copains m’incitent à boire plus souvent...

 Ce soir, tour de garde. Michèle de 23h 55 à 3h puis Benoît.
 Je m’installe, à l’arrière de notre voiture, assise dans la chaise de camping, je serai aux premières loges.

  • 00h 15, bruit de grignotage de l’autre côté de la route à environ 7-8 m, maïs déposé le matin ?
  • 00h 25, chuchotements, au même endroit, le temps de réaliser, je filme en super night shoot et essaye un enregistrement, trop tard, les chuchotements cessent. Cela fait un drôle d’effet, le cœur bat la chamade.
  • 01h 50, cris de coyotes.
  • 02h 15, plusieurs séries de cris de coyotes, puis un grand cri finissant dans un gémissement. Coyotes ayant tué un cerf ?
  • 02h 17, j’entends des pas dans le fourré bordant la forêt, là où Léon a filmé les deux yeux brillants, ainsi que les chuchotements de deux " individus " Les hommes dorment sous leurs tentes, alors ?
  • 02h 20, un grand cri venant du même endroit que le 1er soir.
  • 02h 45, à nouveau de grands cris, s’éloignant du fourré décrit, ce ne sont pas des coyotes !
  • 02h 55, il y a des réponses dans toute la forêt.
  • 03h, ça bouge beaucoup manifestement, je réveille Benoît, car il y a beaucoup de remue-ménage. Nous ne serons pas trop de deux pour écouter. Peut-être se prépare t-il quelque chose ?
  • 04h 30, craquement dans le bois, face au camp.
  • 05h 15, des chauves souries survolent notre campement.
  • 05 25, cris de coyotes ( ?) au nord.
  • 06h 15, fin de veille.

 La matinée du 6 juin, s’annonce difficile. À 9h 30, 32° C un peu de pluie please !
 En allant vérifier le bruit de grignotage ( de la nuit ) de l’autre côté de la route, nous ne trouvons que des fourmis sur l’épi de maïs. Et le bruit de grignotage ? Des fourmis aux dentiers " sonores " ?
 Léon nous annonce que les vents de basse pression vont amener des nuages ainsi que la pluie.
 Ce matin, Léon et Benoît ont découvert, en revenant de l’étang, une dizaine d’œufs de serpent ou autre reptile ( coque molle ) de la taille d’un œuf de caille, dévorés et éparpillés sur le chemin. Le trajet remonte jusqu’à un trou situé dans une souche d’arbre.

 À 12h 30, Benoît et moi " agonisons " silencieusement. Lui dans la voiture et moi sur le matelas installé sous les branches d’arbres à l’abri des rayons de soleil.
 J’aperçois un mignon petit lézard, vert pomme, sur une branche, curieux il descend un peu plus bas, sur le tronc. Tout à coup, il est sur une branche de l’arbre voisin. Ai-je la berlue ? Un lézard sauteur ? Je m’assoie pour mieux l’observer, sa démarche est curieuse, les pattes avant comme un lézard, les pattes arrière comme un caméléon ! Il gonfle une magnifique gorge rouge, le contraste est surprenant. Il s’enhardi, avance jusqu’au bout de la branche qui se trouve à, environ, 1 m de moi et actionne encore sa poche écarlate. Je suis sous le charme.

Copyrigth ©2002 Waterford Press

 Léon repart en vadrouille, Eric et Benoît suivront peu après. Les deux hommes regagnent le camp vers 15h 30, séparément. Benoît a découvert un " nid " probable à environ 2 km du camp, près d’un sentier longeant une mare. Elle est située en bordure de la route aux " tortues boîte " nous irons procéder à des relevés.
 L’orage gronde au loin, quelques gouttes de pluie sont les bienvenues. J’attends le retour de Léon avec fébrilité, une grosse douche, vite ! Il arrive vers 17h 15, chic, chic ! Je suis sale comme un cochon, cette terre sableuse imprime la couleur de la poussière sur la peau, de mon tee-shirt émane une odeur déroutante...

 Mardi 7 juin. Visite du " nid " déniché par Benoît.
 Ce nid ou " refuge " montre un véritable aménagement du lieu. Benoît mesure et moi je dessine, pendant que Léon et Eric prospectent dans les environs. Ils repéreront d’autres aménagements similaires situés plus loin où la végétation est plus dense et donc l’accès plus difficile. Toutes les huttes découvertes se trouvaient non loin de l’eau, principalement sur les berges des bras de la rivière Creek. C’est dans cette zone également que nous avons trouvé de nombreuses empreintes de " pieds ". Nous l’avons baptisée " Sasquatchland ".

Relevé du premier nid découvert

Dessin © Michèle Aquaron

Orientation du nid N-S vers la route forestière
Longueur du nid ± 9,60 m
Largeur du nid ± 5,5 m
Longueur du tronc au sol ± 19 m
Point le plus haut de l’arc formé par les deux arbustes pliés ( en vert clair ) ± 2,60 m
Intérieur de " l’abri " zone délimitée par les branches mortes ( 10 cm de diamètre ) " accrochées " sur les arbustes pliés, la base des branches est " plantée " en terre ± 1 m
La surface au sol est composée de litière de feuilles et d’épines de pins, apparemment non aménagée. Pas de cuvette creusée.

Voici quelques photos de ces " nids " et " abris " immortalisés par Léon :

1- Zone facile d’accès Sortie/entrée vers l’Est.
" Zone de repos " en dessous des arbres courbés Nord- Sud.

2 - " Le Palais Royal " constitué d’une grande " chambre "
subdivisée en 2 plus petites.

3 - Au Nord mais proche du " Palais Royal ".

4 - Benoît en contemplation.
Rapport taille, Benoît mesure 1,65 m.

5 - Zone située à l’opposée du Sasquatchland.
Près de l’étang situé dans un décor de conte de fée,
seconde zone humide de cette forêt.

Photos © Léon B.

 Ce soir, c’est notre tour de garde, je suis " fracassée " et prendrai la 2ème partie de la nuit.

  • 03h 30, bruit de respiration, toujours au niveau du même bosquet derrière la voiture. Décidément, c’est un endroit très fréquenté...
    Surprise, j’arrête de respirer pour être certaine que je n’entends pas " ma " respiration, par le truchement du preneur de son. Non, pas d’erreur, ce n’est pas moi, j’essaye d’enregistrer, mais ce ne sera pas probant. Encore un sprint pour mon rythme cardiaque !
  • 05h 15 je prépare toutes les fonctions de la caméra ( de Léon ) et m’enhardis sur la route forestière en direction de la barrière. Je me dis que je suis gonflée, j’ai la trouille, la nuit est moins noire, mais encore troublante. Si un Bigfoot traverse la route, je suis fin prête pour filmer une image concrète... ou détaler dare-dare.

 Mercredi 8 juin, 9h et 31° C, encore un jour d’agonie qui commence !
 Armés du G.P.S., les hommes partent dans la forêt prendre les repères des nids, plusieurs ont été découverts, afin de donner les coordonnées aux Texans et qu’ils puissent les examiner à loisir. Les hommes reviennent rapidement grâce au G.P.S. ils ont traversé la forêt sans détour. Léon, en pleine forme, tente de convaincre Eric et Benoît d’accomplir un petit footing, en vain. Il est 16h, la station météo affiche 36°9 C. Il part seul. Tous les soirs, de petite chauve-souris ( 15 cm ) volent au-dessus de nos têtes, elles passent d’un arbre à l’autre. Elles sont mignonnes.
 Nous avons pris la décision de plier bagage samedi matin afin de passer la nuit à Houston, et être à l’aéroport à temps, nous sommes à 90 km de Houston, on ne sait jamais.

 Jeudi 9 juin à 9h, température 30°9 C, à 10h, 38° 4 C les cigales commencent leur récital et des rapaces planent au S-O du camp à environ 20 m de moi... C’est un beau spectacle. Il est 13h, j’ai très chaud, et pour cause : 49°9 C, je renonce à suivre les copains dans leur expédition, ils m’avertiront s’ils trouvent quelque chose de particulier, un squelette, par exemple. À défaut de squelette de grande taille, ils ont trouvé des crânes : opossum ? Renard ? Une carapace de tortue boîte.

 Cherche désespérément fraîcheur, douches fréquentes avec ma bouteille, je cuis, il fait 51° C !

 Les copains n’arrivent pas trop tard, le ciel se couvre légèrement, je peux trouver quelques forces pour accompagner Léon à la cueillette de nouvelles fleurs qu’il a découvertes, je compléterai, ainsi, mon herbier. Les Ipomées sont vraiment magnifiques ou suis-je particulièrement sensible à la magie du lieu.

Copyrigth ©2002 Waterford Press

Les mêmes fleurs, séchées.
Taille de la grande fleur 10 cm de diamètre

 Vers 19h, d’autres Texans se joignent à nous. Chris, Monica et Charles. Joyeuse réunion entre Texans, Belges et Française. Chris nous montre, sur son ordinateur portable, la mission du B.F.R.O en janvier-février 2005, durant laquelle il y a eu une rencontre avec un Bigfoot. La journaliste incrédule a changé d’attitude en réalisant un reportage sur le sujet avec Daryl, pour la télévision.
 L’équipe, au grand complet, va effectuer une visite de nuit au pipe-line situé dans la forêt, à 3 km du camp. Chris et Monica ont monté leur tente derrière celle de Léon.

 Le 10 juin, l’équipe part vers l’Est, avec Chris et Monica, pour leur montrer les " nids ". Je suis en nage, de grosses gouttes coulent sur mon cahier, le soleil n’est même pas au zénith, il fait 47°7 C, à 13h, 50°7 C.  Nous allons vers Conroe puis Huntsville pour faire quelques achats. Nous dînons au restaurant Golden Corral, super bon. Chris et Monica nous attendent au camp pour une dernière nuit mémorable. En attendant minuit, Chris ( photographe professionnel ) nous filme, en train de discuter, penchés sur la carte forestière afin de choisir le lieu de cette visite nocturne. À partir de minuit, nous partons à deux voitures, à 1 km, près du camp de Daryl et Michael.

  • 1ère étape, je reste près de Charles car il n’a plus le rythme militaire de Daryl et Michael, j’arrive à suivre, mais dans le noir, pas facile. Monica a la particularité de pouvoir imiter le cri du Sasquatch, nous sommes sept, et restons groupés. Elle pousse trois cris, distants de quelques secondes, Même pas peur ! Il y a une réponse très lointaine, mais de qui ?
  • 2ème étape, Monica, Charles et moi revenons vers les voitures, Charles reste avec moi tandis que Monica pousse à nouveau des appels de Sasquatch, un ramdam répond aux cris, que les autres, sur le chemin, n’entendent pas. Donc la réponse est proche entre eux et nous. Je sors de la voiture pour être certaine de ce que j’entends. Si nous avons une visite " étrange " je ne serai pas seule et j’ai un peu moins peur.
  • 3ème étape, Monica récidive, cette fois sans succès. Pas de réponse. Les autres nous rejoignent. Accoudés à une portière, Benoît et moi, voyons arriver un 4x4 de Rangers ( un homme et une femme ) ils nous aperçoivent et reculent leur voiture. La police, aïe, aïe, aïe ! que dire ? Heureusement, Charles les connaît ou se fait connaître. Ils sont sympas et abordables, ils patrouillent toutes les nuits pour surveiller et éviter le braconnage, la forêt est bien surveillée. Ils nous font une démonstration de leur équipement. Lampes et gyrophare pour vision nocturne manœuvrable à distance. Super équipés, armes à feu et paralysants ( ou paralyseurs ? ) électriques.

 Sympathique de discuter un moment avec nous, Charles nous présente, ils sont surpris de rencontrer des Belges et une Française. Très professionnels et sérieux, ils disent à Charles : « Si vous rencontrez un Bigfoot, prévenez-nous » ils ne paraissent pas du tout étonnés que nous puissions faire une telle rencontre !

 La soirée se termine au camp, discussion sur les événements de la nuit, jusqu’à 01h 45.
 Je me couche dans mon palace, vers 02h je bondis, j’entends un cri puissant et aigu ressemblant à une "sirène de bateau" ( je suis marseillaise et je connais ce bruit ). À moitié endormie, je sors de la voiture, un deuxième cri, un troisième, vite, le microphone couplé à la caméra. Il y en aura un 4ème qui s’éloigne, mais je n’enregistre rien de probant, dommage ! Je ne dors plus jusqu’à 03h la nuit sera courte, tout à l’heure nous levons le camp pour rejoindre Houston et trouver un Motel pour la nuit.
 Demain, 12 juin, départ de l’aéroport Bush pour notre retour en Belgique. Avec le décalage horaire je suis KO. Eric m’héberge deux jours pour m’en remettre, puis IDTGV en direction de Marseille.

C’est une superbe expérience à renouveler en améliorant nos possibilités et nos capacités.

Légendes des
emplacements cités

Rond violet = camp texan
Rond vert = notre camp
Carré marron = ranch
Flèche = empreinte mesurée
Ovale bleu = étang + dernier " nid "
extrémité de la route forestière 208 H.
Rivière Creek et les 5 " nids ".
En tout, 9 " nids " ont été trouvés dans ce périmètre.

 

PS : j’ai d’abord hésité à parler de ces "cri de sirène"

 Je n’ai absolument pas "trafiqué" mon récit pour en augmenter le suspense. Le dernier épisode m’a troublée, ai-je bien entendu ? Imaginez vous dans cette forêt immense, entendre des cris semblables au retentissement de sirène de bateau. Aurai-je fais un amalgame inconscient ?
 En lisant un rapport du 5 janvier 2006 par l’enquêteur Daryl Colyer, je me suis risquée à en faire part même si cela peut susciter un haussement d’épaule, des sceptiques mais aussi des "croyants".

 Voici le témoignage recueilli par Daryl :
" Un couple entend le 28 décembre 2005 au Texas, Conté de Hardin VILLE LA PLUS PROCHE : Saratoga
SOURCE D’EAU LA PLUS PROCHE : Bayou de Pine Island et rivière Black vers 10h00 - 10h30 du soir, brumeux, pluvieux, humide. "
" J’avais les yeux levés vers les étoiles quand tout à coup ce long hurlement perçant sonore sortit de la nuit le hurlement que j’ai entendu correspondait exactement à l’enregistrement que Mme Bateman a classé comme " semblable à une sirène ", enregistré par le TBRC un 9 avril 2005. "

REMARQUES DE L’ENQUÊTEUR : Elle a décrit ce qu’elle a entendu comme ressemblant " juste à une sirène ", excepté que " ça ne faisait pas de suspension ". Elle a dit que ça a commencé juste comme une sirène, et puis la tonalité est restée constante pendant au moins huit secondes avant de s’arrêter. Sa description est exactement comme ce que des chercheurs du TBRC ont entendu sur pas mal d’occasions dans la forêt nationale de Sam Houston et la réserve nationale du Grand Fourré. "

 


Les comptes-rendus de chaque intervenant de cette expédition dans la Sam Houston National Forest, Texas,
seront publiés dans le magazine
Cryptozoologia, voir sur le site de l’ABEPAR :
http://www.zigzag.be/cryptozoologia/.

 


 

Addendum

Bonnes pratiques de recherches

 

Texas mai-juin 2005-08-22

 Du 23 mai au 11 juin 2005, trois belges et une française ont séjourné dans Sam Houston National Forest. Le choix s’est porté sur cette forêt car de nombreuses rencontres ont été signalées depuis 2003. Les événements survenus pendant ces trois semaines m’amènent à quelques réflexions, personnelles, sur les conduites à tenir.

 Le but de cette expédition ( c’est un bien grand mot dans ce cas ), préparatoire à d’autres démarches similaires, est :

  1. De tester les capacités de chacun de nous à former une équipe cohérente, soudée, apte à faire face aux imprévus, aux découvertes aléatoires et de bien les gérer.
  2. L’étude du biotope afin d’évaluer les ressources nutritives nécessaires à la survie de probables " hominidés ".
  3. D’établir une procédure afin de tester l’hypothèse que cette espèce existe.
  4. Qu’il n’est pas obligatoire de ramener un spécimen représentatif de ce genre " inconnu " ( comme trophée ). Mais, la recherche d’invariants peut permettre d’établir une base d’indices probants.
  5. Cette expérience préparatoire devrait nous permettre de lister de " Bonnes Pratiques de Recherches " afin de recueillir le plus d’informations possibles, analysables a posteriori.

C’est ce que j’ai tenté d’effectuer.

 

Dans un premier temps

 Avant de partir pour une autre campagne, il est nécessaire et indispensable d’écouter, pour se familiariser, les cris des différents animaux séjournant dans le secteur choisi et listés par les Rangers.
 S’équiper de matériel adéquat ( caméra, appareil photo, cellule photo électrique... ) et savoir les utiliser.
 Constituer une pharmacie bien pensée.

 

Attitude générale

  1. Vivre en groupe implique que chacun se sente concerné par le respect des autres et de la nature. Pas d’attitude égoïste, égocentrique, la vie en communauté implique de participer à toutes les tâches ou se les répartir au départ, cuisine, vaisselle, poubelles, personne n’est le " boy " de l’autre, personne n’est en villégiature dans ce contexte. Pour ceux qui ne savent pas ou n’aiment pas cuisiner, une entente préalable peut être satisfaite par une autre répartition des tâches. Prévoir un " pot commun " pour les achats de nourritures est préférable à un partage en fin de séjour. Les achats personnels doivent être réglés séparément !
  2. Un des éléments importants est d’observer sans " a priori " négatif. On ne sait pas forcement que ce que l’on trouve peut avoir un intérêt. Mieux vaut effectuer un tri drastique secondairement, plutôt que d’omettre un indice, apparemment insignifiant, traces, objets... ( comme dans une enquête de police criminelle ) et de perdre ainsi une ou plusieurs pièce du puzzle.
  3. Ne pas dénigrer systématiquement ce qu’un coéquipier trouve ou pense avoir trouvé, ressent ou entend. Face à un élément curieux la démarche scientifique demande l’analyse pragmatique de chaque élément trouvé ou recueilli. Il s’agit d’expliquer ce qui peut l’être, de réfuter les artefacts et de ne garder que ce qui peut être approfondi dans un autre contexte concernant l’hypothèse de départ. Ne pas oublier que d’autres personnes effectuent les mêmes recherches, et croiser les informations peut s’avérer enrichissant. Ce que nous avons fait, sur le terrain, avec les Texans du BFRO et réciproquement.

 

Bonnespratiques derecherches

 Lamémoire humaine étant influençable et faillible, il faudrait :

  • Délimiter un secteur àexplorer pour chaque coéquipier pendant un temps déterminé, puis chaque équipier change de secteur. Un regard neuf peut repérerun élément omis précédemment, des yeux nouveaux peuvent " voir "autrement.
  • Noter les indices matériels physiques d’une présence.
    • Troncsdéplacés : Nous avons découvert plusieurs troncs visiblementdéplacés, qui se trouvait à ± 2,5 m de sa souche d’origine. Le tronc avait été placédans la fourche d’un arbre. Idéal comme point d’observation.
    • Troncs abattus : à plusieurs reprises la chutede troncs d’arbres s’est fait entendre dans laforêt aux abords du camp ( renseignement pris, à cette époque de l’année il n’y a pas de bûcherons ! )
    • Odeur : lors d’une promenade LéonB. fut incommodé par une forte odeur de charogne, qui a disparu lorsqu’il est repassé au même endroit une demi-heure plus tard.
  • Filmer systématiquement, tous les soirs ( avant de se coucher ),les pourtours immédiats du camp et tous les matins ( en se levant ) plantes,herbes, branches, objets, vêtements, éventuellement déplacés.Avec le même angle de prise de vue ( à un poil près ), différents éléments pourront être analysésà partir de grilles de lecture superposables. Ecrasement de fleurs, d’herbes, sens de l’écrasement,mode d’écrasement : pieds, pneus de voiture, animal ( lequel ? ) si possible.
    Filmerchaque fois en suivant un parcours déterminé. On peut très bien filmeren partant de la voiture vers la table, les tentes ( qui n’ont pas bougé, un bonrepère ),l’étendage du linge, les bosquets au Nord et retour à lavoiture par la bordure de la route. Je prends pour exemple les fleurs bleues retrouvées aplaties lematin. suivant la " peut-être " visite nocturne près de la voiture. Ou lestraces de taupe, passant sous la table, que Benoît a trouvées un matin...

    Lescreening des images permettront, peut être :
    De réaliser descourbes interprétables à posteriori.
    De modéliser des fiches techniques utilisables pour d’autres observations et effectuer un cross-over avec des données sur les grands primates et/ou l’humain.
    Les empreintes d’orteils prouvent une locomotion pieds nus. De qui ?
    Démarche ( longueur d’enjambée ).
    Orientation.
    Qualité du terrain ( seules les étendues boueuses, constituées après un orage, les abords de sources d’eau sont de bons substrats pour une conservation de traces dans la période de notre séjour ).

  • Prévoir en toutes circonstances, dans la forêt, sur les chemins, en allant aux toilettes...
    Caméra, si possible une caméra " classique " car les prises de vue numériques peuvent être retouchées, donc discutables.
    Appareil photo, idem. Avec des pellicules de sensibilité différentes.
    L’idéal serait d’utiliser une caméra de style " caméra cachée ". Au Texas, pratiquement tous les " observateurs des bois " sont armés, ajuster une caméra pour filmer ressemble fort à l’ajustement d’un tir au fusil.
    La nuit : lampe-torche, jumelles night-shoot, camera night-shoot.
    En voiture, monter une caméra et/ou un appareil photo, avec déclenchement intérieur. Les rencontres sont fugitives et très souvent nocturnes sur les routes forestières. Difficile à réaliser sur une voiture de location mais pour les résidents ce serait un must.

  • Avoir dans les poches :
    Pots à prélèvement étiquetés + stylo et feutre.
    Spatule pour prélèvement ( poils, excréments... ).
    Des gants.
  • Prélever, si possible, poils, excréments d’omnivores.
    Photos ( avant et après ) de l’élément prélevé ( on n’a pas toujours le bon réflexe ) et/ou film des autres éléments alentour, permettant un croisement d’informations.
    Noter heure, lieu, nature du prélèvement, nom de la personne qui a prélevé, conditions de prélèvement.

  •  

    En résumé

    Nous avons répertorié :

    • Des tubercules de pommes de terre ( ?)
    • Des mûres à foison
    • Des noix
    • Des fruits de chêne-érable ressemblant à des arbouses, mais portés par des branches hautes ( ± 3 m )
    • Des œufs de reptile ( coque molle ) consommés sur un sentier forestier
    • Une cucurbitacée ( à peu près identique à une courgette ronde, de Nice )

    Copyrigth ©2002 Waterford Press

    Gibier accessible :

    • biche, cerf, faon, écureuil, cochon sauvage, lézards, tatou
    • les poissons n’ont pas été listés car nous n’avons pas exploré les lacs environnants

     

    Conclusion

     Ce séjour fut un excellent test de nos comportements et de nos manques techniques.

     Nous avons assisté à des manifestations d’individus inconnus, bipèdes, certainement grands ( cf. empreintes de pied ). Le ou les individus semblent capables d’élaborer des " abris " confectionnés avec des branchages. La nourriture pour omnivore est possible, mais la quantité est-elle suffisante pour un ou plusieurs individus ? Il est difficile de répondre, la forêt dense est impénétrable à de nombreux endroits.
     Les traces trouvées sur les rives du lit des rivières démontrent un accès à l’eau ainsi qu’une activité de pêche possible.

     Est-ce que l’hypothèse de départ peut être validée par une preuve irréfutable ? Les analyses en cours confirmeront ou invalideront nos " trouvailles ".

     Savoir partir et ne pas savoir quand revenir, pour augmenter les chances d’une habituation, me semble idéal mais difficile à réaliser... n’est pas Jane Goodall qui veut.

     Si le mythe du Sasquatch se perpétue malgré les recherches et les indices relevés, ceci reste une Belle Histoire.

     

    Documents liés
      BIPEDIA 25 - 11 : Sam Houston National Forest, Texas mai-juin 2005
    PDF - 745.7 ko
     

    Répondre à cet article


    Envoyer l'article à un ami
    Destinataire  :
    (entrez l'email du destinataire)

    De la part de 
    (entrez votre nom)

    (entrez votre email)


    afficher une version imprimable de cet article Imprimer l'article
    générer une version PDF de cet article Article au format PDF

    DANS LA MEME RUBRIQUE :
    -« Où est donc passé le Moyen-Age ? »
    -Description of five specimens of the species Felis catus
    -PRELIMINARY STUDY AND FIRST PHOTOGRAPHS OF A SMALL SKULL OF HUMAN TYPE FOUND IN MOROCCO
    -LA SILENZIOSA SCOMPARSA DEGLI ANFIBI, LA COSMOLOGICA SCOMPARSA DEI DINOSAURI
    -REZENSION zum Buch " SIRENES ET HOMMES-MARINS "von Pascal CAZOTTES und François de SARRE
    -LES CHEVAUX DE NEPTUNE
    -L’ORIGINE DE NOS CALENDRIERS
    -ÉTUDE PRÉLIMINAIRE ET PREMIÈRES PHOTOS D’UN PETIT CRÂNE DE TYPE HUMAIN TROUVÉ AU MAROC
    -Descripción de cinco especímenes de la especie Felis catus
    -Quelques réflexions sur l’origine d’Homo sapiens et les hominidés reliques


    > Sam Houston National Forest, Texas mai-juin 2005
    8 décembre 2007   [retour au début des forums]

    et des crottes on n’en trouve jamais ???? on en trouve pour tous les animaux de la planete et pas pour les SQ ?



    -> Sam Houston National Forest, Texas mai-juin 2005
    (1/1) 8 décembre 2007
    Précédent Haut de page Suivant
     
    Copyright CERBI © 1998-2013 All rights reserved François de Sarre
    Site officiel : http://perso.wanadoo.fr/initial.bipedalism/,
    Site miroir : http://cerbi.ldi5.com
     admin  -  webmaster  -