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L’ HOMME SAUVAGE DANS LES PYRENEES
ET LA SURVIVANCE DES NEANDERTHALIENS

Première publication : septembre 1989, mise en ligne : vendredi 20 juin 2003, Michel Raynal


 Le 06 Juin 1972, devant la Commission Archéologique de Narbonne, une communication inattendue sur "l’abominable Homme-des-Neiges dans les Pyrénées", fut lue par un professeur de français de cette ville, Paul Ormières ( Ormières 1972 ). Ayant eu connaissance de la chose en 1981, je pris aussitôt contact avec Mme veuve Ormières qui mit aimablement à ma disposition la bibliothèque de feu son mari, en particulier son étude restée inédite sur "les Néanderthaliens dans les Pyrénées", écrite deux ans plus tard ( Ormières 1974 ).

 

LA SURVIVANCE DES NEANDERTHALIENS

 P. Ormières ouvrait son étude par un résumé des recherches effectuées sur les ’Hommes Sauvages’ de l’URSS.
 Officiellement, les Néanderthaliens ont disparu il y a 40 000 à 35 000 ans. Pourtant des restes bien plus récents leur ont été attribués ( Podkoumok, Kvalynak, Novosiolka, etc ), mais certains auteurs l’ont contesté, estimant qu’il ne s’agit que d’Hommes modernes présentant des caractères ’néanderthaloïdes’. En 1979 toutefois, a été découvert le crâne néanderthalien de Saint-Cézaire ( Charente-Maritime ) - celui-là contesté par personne - dans un niveau castelperronien, le premier niveau du Paléolithique supérieur : 35 000 à 30 000 ans ( Lévêque et Vandermeersch 1981 ).
 En fait, derrière le dogme de l’extinction des Néanderthaliens, il y a la vieille idée, pourtant indéfendable sur le plan anatomique et évolutionniste, que les Néanderthaliens se soient transformés en Hommes modernes : la découverte de Saint-Cézaire démontre que cette hypothèse est également indéfendable d’un point de vue préhistorique, puisque l’on assiste à la présence simultanée des deux types d’Homme. Depuis, les datations par thermoluminescence faites sur des sites en Israël ont montré que l’Homme moderne était là depuis près de 100 000 ans, alors que les Néanderthaliens ne sont datés que de 60 000 à 48 000 ans, ce qui fait plusieurs milliers d’années ( au minimum ) de ’cohabitation’, peut-être pas totalement pacifique, permettant d’écarter définitivement cette filiation ( Valladas et al. 1988 ).
 Sur l’aspect de l’Homme de Néanderthal, nombre d’anthropologues prétendent que bien rasé et habillé, il passerait inaperçu dans la meilleure société. D’après les restes osseux, on peut déduire l’anatomie musculaire, mais là s’arrête ce qui est sûr : parmi les caractères les plus évidents, on peut citer les arcades sourcilières proéminentes ( torus supra-orbitalis ), un front extrêmement fuyant, l’absence de saillie mentonnière, etc. D’autres points sont encore controversés, comme la structure de la main : il semble en fait qu’il y ait eu des Néanderthaliens aux mains très semblables aux nôtres, comme celui de La Chapelle-aux-Saints, et d’autres beaucoup plus spécialisés, comme ceux de Kiik-Koba en Crimée : selon Bounak, leur main montre une faible opposabilité du pouce, et donc certainement une moindre aptitude à l’habilité manuelle, ce qui est confirmé par d’autres travaux ( Musgrave 1971 ). De même le pied de ces Néanderthaliens montre une adaptation à la montagne : les orteils sont très mobiles, disposés en éventail, pouvant se courber fortement pour assurer une meilleure prise, comme le montrent les empreintes de Toirano ( Italie ).
 La plupart des spécialistes admettent que les Néanderthaliens étaient très musclés, comme le montrent les points d’attache des tendons, ou encore la forme des os du pied, destiné à soutenir un grand poids ( Trinkaus et Howells 1980 ), et qu’ils présentaient diverses adaptations au froid ( Trinkaus 1981 ) : il est dès lors hautement probable qu’ils aient aussi présenté la plus banale, la plus simple, de ces adaptations, à savoir une épaisse couche de poils. D’ailleurs, les animaux associés aux Néanderthaliens du Würmien ancien, et partageant le même climat, possédaient une telle toison : mammouth, rhinocéros laineux, etc. De même, la plupart des reconstructions modernes les représentent avec des lèvres épaisses, ce qui est très peu vraisemblable : il s’agit là d’une adaptation permettant de dissiper la chaleur et augmentant la surface en contact avec l’air ( comme un radiateur en somme ), et il n’est donc pas étonnant qu’on la trouve chez les Noirs africains. Il est bien plus logique de penser que les Néanderthaliens ne possédaient pas de lèvres visibles, comme d’ailleurs les Singes anthropoïdes.
 Un autre point de divergence concerne le nez, représenté généralement épais dans la plupart des reconstructions : en fait, l’étude des os du nez permet de déduire que celui des Néanderthaliens devait être extrêmement retroussé et aplati. C’est seulement la peur du ridicule qui a incité les spécialistes à leur attribuer un nez en contradiction flagrante avec les données anatomiques. Les travaux récents de l’anthropologue Trinkaus ( Anonyme 1988 ) montrent que les Néanderthaliens avaient bien un large nez, aux narines béantes...
 Le caractère subjectif des reconstructions des Néanderthaliens éclate dans celle proposée par Jay Matterness ( Rensberger 1981 ), sorte de Yul Brynner rasé de près, dont la couleur de la peau et des yeux a été déduite de celle des Irakiens actuels, sous prétexte qu’il s’agit d’un Néanderthalien d’Irak. A suivre ce raisonnement intrinsèquement absurde, il conviendrait de se figurer l’Homme de Néanderthal initial ( celui de Neander en Allemagne ) avec des cheveux blonds et des yeux bleus ! C’est d’ailleurs ainsi qu’ils sont représentés ( et pourquoi pas des taches de rousseur ? ) par Erik Granqvist dans le Préhistorama de Bidon ( Ardèche ), selon lui pour une utilisation optimale de l’énergie solaire. Argument spécieux : que l’on sache, les Eskimos ne sont pas blonds aux yeux bleus. Certes, ils savent se protéger du froid par des vêtements chauds, des abris appropriés ( tentes, igloos ) inconnus des Néanderthaliens. Mais ceux-ci avaient résolu le problème de manière différente : par la pneumatisation de leur crâne ( les sinus faisant office de double vitrage ), par leurs proportions, etc., et sans doute aussi par leur pelage.
 Notons enfin que des études diverses sur le pharynx des Néanderthaliens leur confèrent une moindre aptitude au langage que l’Homme moderne. Cela a été contesté : le bioacousticien Guy-René Busnel a fait subtilement remarquer que l’étude du pharynx d’un perroquet amènerait à conclure à un registre vocal presque nul. Et d’ailleurs, le fait de prononcer moins de sons ne change rien à l’affaire : avec deux sons ( le morse ! ) on peut coder toute une langue. La seule réponse ne peut venir que d’une étude culturelle : or, le fait est que l’on ne possède pas une seule représentation artistique due aux Néanderthaliens, une autre forme de représentation abstraite d’un objet.
 Troisième point : depuis des siècles, on signale dans diverses régions de l’URSS actuelle ( mais aussi de Mongolie, du Tibet, et de l’Indochine ), des ’’Hommes Sauvages’’, dont le portrait-robot rappelle irrésistiblement l’Homme de Néanderthal : taille humaine, corps très puissamment bâti, entièrement couvert de poils, à l’exception de la face, presque glabre ; longue chevelure ; arcades sourcilières proéminentes ( ’’les sourcils font comme une visière de casquette’’, dit un témoin ) ; front et menton fuyants ; nez ridiculement retroussé et aplati ( ’’comme quand on colle le nez à la fenêtre’’ ) ; bouche largement fendue, sans lèvres visibles ; tête enfoncée dans les épaules, attitude penchée en avant ; tronc massif, quasi-cylindrique ; pieds larges, orteils en éventail, recourbés, faisant saillir les orteils II et III ( l’anatomie du pied est confirmée par les empreintes relevées notamment au Caucase ) ; les membres inférieurs relativement courts, les membres supérieurs relativement longs, surtout à cause de la longueur des mains ( l’avant-bras est au contraire relativement court ) ; mains larges, pouce faiblement opposable ( une femelle sauvage, menacée d’un bâton, au lieu de le saisir à pleine main pour le détourner, essayait de placer tous ses doigts du même côté ), absence d’éminence du thénar ( montrant la base du pouce : ’’il n’y a pas de ’viande’, là ’’ ) [ ces deux derniers points sont liés : le thénar contient en effet des muscles permettant les mouvements d’opposition ; l’atrophie musculaire de cette région est donc logique chez des êtres montrant une faible opposabilité du pouce, mais qui aurait pu imaginer un détail anatomique aussi subtil ? ] ; etc, etc.

Attitude de sommeil du ksy-gyik ( d’après KHAKHLOV )

Figure tirée du livre de HEUVELMANS & PORCHNEV, p. 53

 Ces êtres sont bipèdes, très agiles dans les régions montagneuses qui sont les leurs ( leur pied aux orteils très mobiles les sert grandement ) ; ils occupent temporairement certaines grottes ou abris sous roches ; leur nourriture est omnivore : cela va des végétaux sauvages ( fruits, baies, mousses, champignons, etc. ) aux plantes cultivées par l’Homme ( tomate, oignon, pomme de terre, maïs, tournesol, etc. ), aux animaux ( charognes de chevaux, de moutons, grenouilles, lézards, tortues, souris, écureuils, etc ), sans oublier ce qui est dérobé à l’Homme ( lait, fromage, pain, œufs, miel ), etc ( Koffmann 1984 ) ; les femelles sont décrites comme aussi velues que les mâles, leurs seins sont longs et pendants, atteignant parfois le ventre ; ils n’ont pas de langage, émettant des cris très puissants, et on ne leur connaît pas d’outils, plus exactement ils n’en fabriquent apparemment peu ; ils sont de mœurs essentiellement nocturnes.
 Dès 1963, l’historien soviétique Boris Porchnev émit l’hypothèse révolutionnaire de la survivance des Néanderthaliens. En 1968, le zoologue Bernard Heuvelmans a pu étudier le cadavre conservé dans un congélateur d’un homme velu, vraisemblablement abattu au Sud-Vietnam, exhibé aux USA sur les champs de foire, et répondant au portrait-robot précédent. L’étude rigoureuse qu’il en a faite a montré qu’il s’agissait d’un représentant d’une population néanderthalienne vivant encore de nos jours ( Heuvelmans & Porchnev 1974 ).

Reconstitution, par Alika Lindbergh,
de l’aspect de l’Homme pongoïde à l’état vivant

Illustration tirée du livre de HEUVELMANS & PORCHNEV, planche 48

 Depuis lors, l’hypothèse de la survivance de Néanderthaliens a été défendue avec pertinence par Myra Shackley ( 1982 ) dans la prestigieuse revue archéologique Antiquity : elle a notamment découvert en Mongolie des outils moustériens, généralement associés aux Néanderthaliens, très récents ( sans doute moins de 20 000 ans, voire beaucoup moins ), que les montagnards de l’Altaï attribuent à l’almas, l’Homme Sauvage et velu local.
 Ainsi armés des travaux du Dr Koffmann sur l’almasty du Caucase, du zoologue Khakhlov sur le ksy-gyik de Dzoungarie, de l’académicien mongol Rintchen sur l’almas de Mongolie, ainsi que du Dr Heuvelmans sur le spécimen congelé, il est possible de trouver la clé du problème qui nous occupe.

 

LE THEME DE L’OURS RAVISSEUR

 Dans toutes les Pyrénées court la légende de Jean-de-l’Ours, le conte le plus populaire de cette région : il en existe des dizaines de versions, bâties autour du noyau central suivant : un ours enlève une jeune fille, l’emporte dans sa caverne, et la retient prisonnière en fermant la grotte par une lourde dalle. Il lui fait un fils, velu et fort comme un ours, d’où son nom, qui, en grandissant, devient assez fort pour déplacer la dalle et s’enfuir ; il devient forgeron, et suivent alors nombre d’aventures, qui évoquent notamment le cycle de la Table Ronde, qui ont été visiblement ajoutées après coup, comme on peut le constater par comparaison avec les légendes basques sur le Basa Jaun ( voir plus loin ). L’hybridation homme x ours est évidemment génétiquement impossible, mais s’agit-il réellement d’un ours ? L’habilité manuelle prêtée au rejeton de ces amours contre-nature évoque une main de primate, pas une patte d’ours ( ainsi d’ailleurs que l’épisode de la dalle en ce qui concerne le père ) ; s’agirait-il d’un souvenir confus d’une hybridation entre un type d’Homme primitif et une femme ? Nous y reviendrons...
 On retrouve ce thème de l’ours ravisseur de jeunes filles dans les ’’fêtes de l’ours’’ comme à Prats-de-Mollo, Arles-sur-Tech, ou Saint-Laurent-de-Cerdane dans les Pyrénées Orientales. Des fêtes de l’ours existent aussi en Ariège, et Daniel Vigne s’en est inspiré pour une séquence de son film Le Retour de Martin Guerre. Dans tous les cas, un personnage jouant ’’l’ours’’, souvent armé d’un bâton ou d’un gourdin, enlève une fille, il est poursuivi par des chasseurs qui finissent par le capturer, le tuer ( ou le raser, ou l’émasculer ), et délivrer la jeune fille. En fait, on retrouve là très exactement le thème des ’’chasses à l’homme sauvage’’ des carnavals et charivaris médiévaux de l’Europe centrale ( Bernheimer 1952 ).

 

LA TRADITION PYRENEENNE

 Nombre de traditions pyrénéennes sont encore vivaces sur des Hommes Sauvages. A Arles-sur-Tech, des simiots, ’’monstres affreux, aux dents fourchues, aux mains crochues, rôdaient la nuit sur les toits et descendaient dans les maisons par la cheminée en poussant de funèbres hurlements’’ ( Blanc 1979 ) ; la tradition veut que ce soient les saints locaux Abdon et Sennen qui les aient vaincus. Le soi-disant ’’ours’’ du carnaval d’Arles-sur-Tech vu ci-dessus est d’ailleurs toujours appelé le simiot.  En Haute-Ariège, l’Homme Sauvage était appelé l’om pelut ( homme poilu ), ou iretgge, qui pourrait être une corruption d’hérétique :
 " A une époque indéterminée vers les XII° ou XIII° siècles, vivaient dans la forêt de Barthes, deux hommes sauvages ( iretgges ), nus, hirsutes, armés, chacun d’un bâton noueux, venant on ne sait d’où, n’ayant pour abri que les cavernes des montagnes, et, pour toute nourriture, que les produits spontanés du sol ou le gibier qu’ils pouvaient prendre ".
 Pour se débarrasser de ces indésirables, un villageois eut l’idée de laisser des culottes rouges, attirant leur regard, dans la forêt, que les iretgges enfilèrent. Les villageois leur sautèrent dessus, et les firent prisonniers, car ils étaient entravés dans leurs mouvements ( Piniès 1978 ).
 Dans cette légende, on reconnaît en fait le vieux mythe de l’Homme Sauvage avec son bâton, mais aussi, et c’est encore plus significatif, la vieille légende sur la façon de capturer les singes, en leur faisant chausser des bottes qui rendent leur marche malhabile, que l’on retrouve en Afrique ( Heuvelmans 1980 ). La question qui se pose le plus est de savoir quel ’’singe’’ local a bien pu inspirer cette légende, que l’on raconte aussi dans l’Aude avec des sabots à la place de culottes ou de bottes ( Maffre 1939 ) ?
 Comme dans un autre cas, on prête à un iretgge un cimeterre, il est évident qu’il y a eu surimposition du souvenir de la présence passée des Maures dans le Midi. La lubricité présumée des Hommes Sauvages, leurs mœurs nocturnes ( la nuit étant propice au démon dans l’imagination populaire ) ne pouvaient qu’accentuer leur caractère diabolique, donc hérétique aux yeux du bon peuple... Les caractères qui les rapprochent du bouc ( voir plus loin ), donc de l’image populaire du Diable, devaient y contribuer plus encore.

 

BASA-JAUN, LE SEIGNEUR SAUVAGE DU PAYS BASQUE

 Au Pays Basque, tant français qu’espagnol, courent des légendes sur le basa-jaun, l’Homme Sauvage ( ou plus exactement le Seigneur Sauvage ) local :
 " Basa-Jaun ne diffère pas sensiblement d’une bête sauvage. Il est couvert de poils, comme un ours ; il se nourrit d’herbes ou de gibier ; il ne quitte pas les montagnes et les forêts ; il est cruel, il est voleur, [ ... ] Il n’est pas sujet aux infirmités : il conserve toujours une force sans pareille ; il est insensible aux intempéries des saisons ; il marche jour et nuit... " ( Cerquand 1875-1882 ).
 Celui que l’on surnomme ’’homme de bouc’’ est accusé de hanter les cabanes des bergers dans la montagne, où il vient se réchauffer près du feu, ou plus simplement dérober leur lait et leur fromage, tel un véritable parasite ( Webster 1879 ). Bien sûr, dans divers contes, il est accusé d’enlever des femmes et de leur faire des petits qui sont d’une force peu commune et velus ( Sébillot 1904-1907 ), ce qui nous rappelle la légende de Jean-de-l’Ours. Ajoutons qu’il semble posséder une longue chevelure ( y compris Basa-Andere, sa femme ), et que beaucoup de ses exploits se passent nuitamment.
 Bien que ce personnage soit présent dans nombres de contes basques, il est considéré ( ou était considéré récemment ) comme un animal réel : que le Goupil du Roman de Renart, ainsi que les autres animaux de la forêt, parlent comme des hommes, ne signifie pas que le renard, le Vulpes vulpes des zoologues, n’existe pas ! Tout au contraire, une lecture zoologique ( et particulièrement éthologique ) de ce chef-d’œuvre moyenâgeux nous en dit long sur le comportement de cet animal : qu’il vit dans une tanière, qu’il est omnivore à dominante carnivore, qu’il est rusé au point de faire le mort, etc., etc., et sur le plan anatomique qu’il doit ressembler à son ’cousin’’ Ysengrin le loup ( Canis lupus ), mais avec une toison rousse - toutes choses parfaitement exactes, et amplement démontrées depuis.
 Ainsi donc, il y a deux siècles tout au plus, des bûcherons de la forêt d’Iraty affirmaient avoir rencontré ses traces de pas, et d’autres l’avoir entendu, et le souvenir s’en perpétuait encore récemment lors de veillées au coin du feu :
" Deux montagnards l’ont bel et bien entendu, la nuit, dans les rochers, alors qu’ils recherchaient désespérément quelques bestiaux égarés [ ... ] ".
 Perdus dans la brume, ils s’orientaient en s’appelant avec le cri perçant qu’ils appellent l’irrintzina, lorsque l’un d’eux réalisa que c’était le Basa-Jaun qui l’imitait ! ( Duny-Pétré 1960 ).
 Si nombre de récits sont extrêmement mythifiés, de vrais contes fabuleux en fait, il en est qui sont étonnamment réalistes : je n’en veux pour preuve que celui du ’’Basa-Jaun ou cavolar’’, qui mérite d’être cité in extenso :
 " Il était une fois, dans une bergerie, deux bergers. Un soir, après souper, ils mirent des châtaignes à griller dans le feu. Pendant qu’elles rôtissaient, ils se couchèrent un moment car ils s’étaient beaucoup fatigués, pendant la journée, à garder leurs brebis, et le sommeil les surprit :
 " Un bruit venant de la porte les réveille ; ils entendent quelque chose qui agite le loquet de la porte. L’épouvante les saisit, car ils se disent en eux-mêmes que c’est sûrement Basa-Jaun. Ils demeurent silencieux, ne se parlent pas, et font semblant de dormir.
 " Ils ne s’étaient point trompés : ils voient entrer un Seigneur Sauvage tout noir et tout couvert de poils. Il s’approche d’eux, et ils sentent une main rugueuse et tremblante leur parcourir le visage. Ils pensent que c’en est fait de leur vie, que le Seigneur Sauvage va les dévorer, et ils sont tellement effrayés qu’ils respirent à peine. Mais non : Basa-Jaun s’installe devant le feu, se chauffe, et retirant les châtaignes de dessous la cendre, il les mange toutes. Tout en mangeant, il regarde de temps en temps, si les bergers s’éveillent. Ceux-ci, morts de terreur, ne bougent même plus.
 " Le Seigneur Sauvage, après avoir mangé les châtaignes, se leva, prit dans la cabane ce qui lui convenait, et sortit sans faire de mal à personne ".
 Un conte ? Oui, certes, mais qui a un parfum d’authenticité étonnant : on croirait presque un récit typique du Caucase, tel que Marie-Jeanne Koffmann en a recueillis.

 

TEMOIGNAGES HISTORIQUES

 Dans le dossier de l’Homme Sauvage pyrénéen, il n’y a pas que la folklore : on possède également des témoignages se rapportant à des créatures hominoïdes et velues observées jusqu’à une époque très récente, et ce précisément dans le pays du Basa-Jaun.
 C’est ainsi qu’un ingénieur de la Marine, Julien David Leroy, dans son ouvrage sur l’exploitation forestière dans les Pyrénées ( 1776 ), a fait mention de plusieurs histoires d’enfants ensauvagés, comme le célèbre Victor de l’Aveyron. A qui le regretté François Truffaut a consacré l’un de ses plus beaux films ( L’Enfant Sauvage ) : ceux-ci ne sont que des enfants abandonnés et donc retournés à l’état sauvage, sans rapport avec notre propos. En revanche, il cite un cas bien plus troublant :
 " Il n’y a pas deux ans [ donc en 1774 ] que les pasteurs de la forêt d’Yraty, proche de Saint-Jean-de-Pied-de-Port, aperçurent souvent un homme sauvage qui habitoit les rochers de cette forêt. Cet homme étoit de grande taille, velu comme un ours, & alerte comme les hisards, d’une humeur gaie, avec l’apparence d’un caractère doux, puisqu’il ne faisoit de mal à rien. Souvent il visitoit les cabanes sans rien emporter ; il ne connaissoit ni le pain, ni le lait, ni les fromages ; son grand plaisir étoit de faire courir les brebis, & de les disperser en faisant de grands éclats de rire, mais sans jamais leur faire du mal. Les Pasteurs mettoient souvent leurs chiens après ; alors il s’enfuyoit comme un trait, & ne se laissoit jamais approcher de trop près. Une seule fois, il vint un matin à la porte d’une cabane d’ouvriers qui faisoient des avirons, & qu’une grande abondance de neige tombée pendant la nuit retenoit ; il se tint debout à la porte qu’il tenoit des deux mains, & regardoit les ouvriers en riant. Un de ces gens se glissa doucement pour tâcher de le saisir par une jambe ; plus il le voyoit approcher, & plus son rire redoubloit ; ensuite il s’échappa. On a jugé que cet homme pouvoit avoir trente ans ; comme cette forêt est d’une grande étendue, & communique à des bois immenses appartenant à l’Espagne, il y a à présumer que c’étoit quelque jeune enfant qui s’y étoit perdu, & qui avoit trouvé les moyens d’y subsister avec des herbes ".
 Cette dernière explication est d’une grande naïveté, inspirée par la légende de l’anachorète velu, qui veut qu’à vivre en sauvage on finit par acquérir une toison de poils, légende dénuée, faut-il le dire, de tout fondement.
 D’autres témoignages ont été rassemblés par Gomez-Tabanera ( 1978 ) : au siècle dernier, une ’mujer salvaje’ [ femme sauvage ] était signalée dans les montagnes de Cantabrie. Surnommée ’’la Osa de Andara’’ [ l’ourse d’Andara ], elle se réfugiait dans des grottes : ’’ses bras et ses jambes étaient velus, avec un pelage semblable à celui d’un ours’’. Elle se nourrissait de lait, de châtaignes, de racines, de maïs cru, de fruits et de baies ( arbousiers, groseille, etc ), de rayons de miel, mais aussi parfois de petites chèvres :
 " Je l’ai vue dévorer un de ces animaux, écrit Joaquin Fusté y Garcés en 1875 : à ce moment elle rugissait comme une vraie bête féroce et lançait des éclairs avec ses yeux ".
 Elle possédait une sorte de plateau ou de terrine pour le lait et un couteau fabriqué avec un morceau de corne, et elle portait autour des reins ’’une sorte de jupe dont on ne savait si elle était de poil ou de toile ’’.
 Gomez-Tabanera rapporte aussi la légende sur la formation du monastère de San Salvador de Cornellana dans les Asturies. Un enfant aurait jadis été enlevé par un monstre qualifié d’osa [ ourse ]. Après de longues recherches, on les retrouva tous deux dans la forêt, ’’la soi-disante ourse donnant la tétée à l’enfant, qui reposait tranquillement dans son pelage hirsute’’. Le seigneur de Doriga pour remercier le ciel du miracle fit édifier le monastère et sculpter la scène [ voir photo ].
 Il est peut-être un témoignage encore plus récent, rapporté par Daniel Fabre ( 1969 ) dans son étude sur Jean-de-l’Ours :
 " Mme Gomez ( née en 1926 ), habitant Lézignan ( Aude ), nous a raconté que dans son village natal, Cuevas-Bajas ( Province de Malaga ) aux alentours de 1920, un jeune couple ( les Palmares ) étaient parti dans la Sierra Morena pour garder du bétail. Ils vivaient isolés dans une cabane. Un jour comme le mari était absent, la jeune femme disparut. Les villageois ne poursuivirent pas longtemps les recherches pensant qu’elle avait été dévorée par les bêtes sauvages qui infestaient la région. Mais quelque temps plus tard la femme revint chez elle et raconta son étonnante histoire.
 " Elle avait été enlevée par un singe alors qu’elle lavait son linge à la rivière. Il l’avait emmenée dans sa grotte et il l’avait violée. Pendant son absence, elle avait réussi à s’enfuir. Quelques mois plus tard, elle donnait naissance à une fille que l’on baptisa Anica et qui était plus connue sous le surnom de ’’la fille de l’orang-outang’’ ( la hija del orang-outang ) [ N.B. : plus exactement, orang-outan ]. Elle avait hérité partiellement du physique de son père : longs bras, corps velu ; son visage était celui d’un singe dans sa partie inférieure, celui de sa mère dans sa partie supérieure. Cette fille eut d’ailleurs par la suite deux fils qui vivent encore dans la ville de Labisbal ( Province de Gerona ) ; le premier est absolument normal, mais l’autre est surnommé ’’le fromage’’ à cause de sa laideur simiesque ".
 L’hybridation homme x singe est généralement tenue pour impossible, bien que l’on n’ait pas vraiment exploré la possibilité pour des raisons éthique. Cependant, le cas de la maternité de Vichy ( une jeune fille qui vivait tenue captive par son père dans une roulotte, en compagnie d’un chimpanzé, et qui donna naissance à un bébé monstrueux mort-né ) est bien documenté, et pour le moins troublant ( Duvic 1973 ). Toutefois, un tel hybride, s’il existait, serait non viable : les différences anatomiques entre l’Homme et les Pongidés ( singes anthropoïdes ) est telle, qu’on voit mal ce que pourrait donner par exemple un intermédiaire entre un pied de coureur du premier, et celui arboricole et préhensile ( transformé en main ) des autres... Dans le cas de Mme Palmares, avec les réserves d’usage ( témoignage de deuxième main, antérieur à la naissance de l’informatrice ), l’hybride en question est velu, ses membres supérieurs sont longs, et ’’le bas de son visage’’ est simiesque, ce qui peut vouloir dire qu’il a un menton fuyant, et peut-être pas de lèvres visibles... Que le père ait été qualifié d’orang-outan ne doit pas faire illusion : c’est évidemment un mot passe-partout : aujourd’hui on parlerait d’un ’’homme-singe’’ ou d’un King-Kong. D’ailleurs, ses mœurs troglodytes n’ont rien à voir avec celles, arboricoles, du grand singe roux de Sumatra et Bornéo.

 

L’IDENTITE DE L’HOMME SAUVAGE ET VELU PYRENEEN ET IBERIQUE

 Il est temps de passer en revue les diverses hypothèses qui ont été avancées pour tenter d’expliquer la persistance du Mythe de l’Homme Sauvage dans les Pyrénées et ailleurs.
 Pour les folkloristes qui ont recueilli ces traditions ( notamment Daniel Fabre ), l’Homme Sauvage est un archétype, une idée toute faite et stéréotypée de l’esprit humain, destinée à nous servir de repoussoir et à nous faire, nous les ’civilisés’, une haute idée de nous-mêmes en comparaison du Sauvage. Ainsi s’expliquent les stéréotypes, les clichés du Mythe : l’Homme Sauvage et Velu amateur de bon vin et de jolies filles, que l’on retrouve depuis la plus haute Antiquité [ voir les Satyres de la mythologie grecque ]. Tout cela est parfaitement exact, mais un mythe doit aussi se nourrir de réalités, sous peine de disparition : le mythe de l’Homme-Chien, par exemple, a rapidement décliné et disparu, faute de trouver des êtres réels en qui il puisse trouver matière à survivre. A l’inverse, le mythe de l’Homme Sauvage s’est incarné dans les singes anthropoïdes ( par exemple les gorilles que l’on accuse d’enlever les négresses pour copuler avec elles ! - calomnie née du vieux mythe, mais il n’en demeure pas moins vrai que ces singes sont réels !
 Pour d’autres auteurs, tout s’expliquerait par l’ours : à preuve les fêtes de l’ours, la légende de Jean-de-l’Ours, etc. En réalité, il est clair qu’il y a eu au contraire substitution tardive de l’ours à l’Homme Sauvage ( et encore dans l’est des Pyrénées seulement ) : cela est parfaitement démontré par le nom de simiot donné à l’’ours’ d’Arles-sur-Tech, ce mot provenant de toute évidence du latin simia, c’est-à-dire ’singe’. La concordance avec les chasses à l’Homme Sauvage d’Europe centrale a d’ailleurs été notée.
 Une autre hypothèse, formulée au milieu du siècle dernier à propos du basa-jaun, voudrait qu’il s’agisse d’un souvenir des Basques de l’orang-outang ( sic ), comprendre le chimpanzé ( Chaho 1847 ). En effet, on pensait alors que les Basques étaient apparentés aux Guanches des îles Canaris ( on a même prétendu qu’ils descendaient des Atlantes ! ), et ils auraient donc pu connaître le chimpanzé, encore qu’on ne le rencontre qu’au sud du fleuve Sénégal. Outre que personne ne défend plus aujourd’hui cette hypothèse, le basa-jaun ne ressemble nullement au chimpanzé : qu’il suffise de rappeler les mœurs troglodytes ( et non arboricoles ), ou encore la chevelure, prêtées au premier.
 Reste l’hypothèse de travail qui a guidé l’auteur tout au long de ses recherches, formulée en 1972 par P. Ormières devant la Commission Archéologique de Narbonne, et développée en 1974 dans son étude dactylographiée de 9 pages jamais publiée, suivant laquelle des Néanderthaliens auraient survécu jusqu’à une époque récente dans les Pyrénées. Il est juste de dire que cette hypothèse lui a été soufflée par Bernard Heuvelmans, mais ce dernier, à notre connaissance, n’a jamais fait état publiquement de cette hypothèse jusqu’à une date toute récente ( Heuvelmans 1986 ).
 Il faut dire cependant que la thèse de P. Ormières a contre elle d’être assez superficielle, et entachée d’erreurs surprenantes. Ainsi, parlant de la ’sauvagesse’ de l’Ariège ( une jeune fille ensauvagée en Ariège au début du 19° siècle, il écrit qu’elle était velue, ce qui est faux ( Lenotre 1979 ). Et il semble considérer le fameux Victor de l’Aveyron comme relevant de la survivance des Néanderthaliens, ce qui est archi-faux. Plus loin, en revanche, il évoque un personnage qu’il a connu, et qui selon lui pourrait constituer une pièce du dossier :
" Il s’agit d’un personnage considéré comme un crétin sourd et muet, hébergé par un hôpital de Bagnères de Luchon entre 1920 et 1936. On l’appelait Clémentou ou Clémenti et on le donnait comme Espagnol d’origine. Son acte de décès l’appelle Clemente Alfonso, fils de Vicente et de Juano Calvera, de Benasque au Val d’Aran, décédé célibataire le 23 juillet 1936.
" De taille moyenne, trapu, la tête entre les épaules, bras longs, jambes courtes, un peu pliées et tordues, pas de front, cheveux châtain roussâtre, mais peu taillés, nez court aux grandes narines, bouche énorme à la mâchoire tombante, ce le faisait paraître goitreux, très grosses mains et pieds très larges, marche sur le pavé en traînant les pieds.
" Emet des sons, grognements et cris indiquant des sensations ou des besoins, mais ne parle distinctement, ni un dialecte espagnol ni un dialecte français. Il n’est pas muet, ni sourd, car il réagit à son nom, prononcé avec les intonations locales, par un regard et un ’euh !’ interrogatif. N’aime pas que les enfants tournent autour de lui en criant et a de violentes colères, mais est inoffensif. Très vorace, mange n’importe quoi, avale sans difficulté des grenouilles ou des fruits entiers ".
 P. Ormières a beau affirmer que ’’rien de l’écartait radicalement du type de Néanderthal’’, il lui manque toutefois l’attribut le plus évident prêté aujourd’hui aux néanderthaliens reliques, à savoir la toison de poils ! On pourrait donc penser que le pauvre Clémenti n’est qu’un pauvre crétin microcéphale, s’il n’avait tant d’autres caractéristiques néanderthaloïdes : si ce n’était pas un néanderthalien, il est possible qu’il ait eu des gènes néanderthaliens...
 Bref, et malgré toute la sympathie que l’on peut avoir pour le professeur narbonnais, il faut dire que son étude était superficielle : ironie du sort, il arrivait à une conclusion sans doute juste, mais en se basant sur des arguments faux !
 Il revient au préhistorien espagnol José-Manuel Gomez-Tabanera ( 1978 ) d’avoir défendu à nouveau la thèse néanderthalienne, indépendamment de P. Ormières.
 En effet, cette hypothèse permet d’expliquer la totalité du dossier dans ses moindres détails :

  • L’Homme Sauvage et velu de la forêt d’Iraty : tout, chez lui, fait irrésistiblement songer aux Hommes Sauvages de l’URSS : velu comme un ours, agile comme l’isard au point de distancer les chiens ( le pied montagnard des Néanderthaliens ), etc.
  • La osa de Andara : sa pilosité, son régime alimentaire, ses mœurs troglodytes, évoquent bien l’almasty du Caucase. On objectera qu’elle possédait des rudiments de ’civilisation’, que semblent ignorer ( ou plutôt avoir oublié ) les Néanderthaliens reliques, mais en fait il y a au Caucase des témoignages sur l’utilisation de sacs mis autour des reins, de bâtons, de pierres comme armes de jet, etc. ( Mahuzier & Mahuzier 1982 ). Les ustensiles de la osa de Andara ont visiblement été dérobés, et non fabriqués : la perte de la vie communautaire et l’absence de langage ont entraîné la disparition des industries néanderthaliennes. Mais il est possible qu’elle n’ait été qu’une hybride néanderthalien x sapiens, ce qui nous renvoie au point suivant.
  • L’’ourse’ du monastère de Cornellana, par la brièveté relative de l’avant-bras, le tronc cylindrique, la bouche largement fendue, le nez aplati, les arcades sourcilières proéminentes, et même la posture de repos ( accroupi ’comme un chameau’ : voir illustration ) rappellent irrésistiblement ce qui a été rapporté par Khakhlov pour le ksy-gyik de Dzoungarie. A cela s’ajoutent les plis entourant la bouche, très marqués, et qui évoquent aussitôt les plis naso-labiaux et oculo-malaires du spécimen congelé étudié par Heuvelmans ( voir reconstructions ). Et bien évidemment, elle était velue : cela est manifeste sur la sculpture, et implicite dans la tradition ( sans quoi, qu’est-ce qui aurait justifié son appellation d’osa ? ).

    Sculpture de la dénommée ’’ Ourse de Cornellana ’’
    ( Asturies, Espagne )
    Photo : J.M. GOMEZ-TABANERA

  • Les fêtes de l’ours, la légende de Jean-de-l’Ours, le nom d’osa attribué à des femmes sauvages, etc. : les Hommes Sauvages typiquement néanderthaliens décrits actuellement en Asie, sont souvent appelés ’Hommes-Ours’ : ren-hsung en chinois, mi-dre ou mi-teh en tibétain, iou-woun en birman, michka-tchélavek en russe, etc.

 Pourquoi ? Parce que bien des traits leur sont en effet communs : un corps couvert d’une véritable fourrure, un pied plantigrade, un habitat de forêts montagneuses, des mœurs troglodytes, un régime omnivore, etc.
 Dans toutes les régions où l’on signale des créatures humanoïdes et velues, on a tôt fait d’en faire de prétendus hybrides entre l’homme et le singe. Dans les Pyrénées, faute de singe, on a pris le substitut le plus ’plausible’, à savoir l’ours : ainsi s’expliquent les histoires d’hybridations homme x ours, ou plutôt ours x femme, pour rester conforme au mythe de l’Homme Sauvage.
 Derrière le thème de l’ours ravisseur de jeunes femmes, tel qu’on le trouve dans la légende de Jean-de-l’Ours, il y a un autre aspect du problème : c’est bien sûr le vieux mythe du satyre amateur de jolies filles, qui trouve peut-être sa source dans l’équation que l’on fait populairement entre virilité et pilosité ; en conséquence, on attribue une agressivité sexuelle débridée à un être humanoïde et totalement couvert de poils ( voir à ce sujet la chanson de Brassens Gare au Gorille ! qui illustre avec humour cette croyance ). Mais il pourrait s’agir en plus d’une allusion à l’hybridation néanderthalien x homme moderne. ’Hybridation’ est un terme inadéquat utilisé par des anthropologues pourtant convaincus majoritairement de l’appartenance des Néanderthaliens à notre espèce ( Homo sapiens ), et nommés en conséquence Homo sapiens neanderthalensis, par opposition à l’Homme moderne H. s. sapiens : en l’occurrence, c’est de ’métissage’ qu’il conviendrait de parler. Il est stupéfiant de voir des spécialistes utiliser des critères différents suivant que l’on traite de la Zoologie ou de l’Anthropologie, ce qui est scientifiquement indéfendable, l’Homme étant lui-même un animal. Notons que selon Jean-Louis Heim ( 1987 ), Néanderthaliens et Hommes modernes représentent deux espèces distinctes.
 On a semble-t-il des preuves d’une telle hybridation ( ou métissage si l’on ne retient pas la spécificité ) avec les restes de Djebel Qafzeh en Palestine : ils présentent tous les types intermédiaires entre Néanderthaliens et Hommes modernes ; cette hétérogénéité permet d’écarter l’hypothèse avancée par certains qu’il s’agirait de Néanderthaliens mutant en sapiens ( au surplus réfutée récemment par les datations obtenues par Valladas ). Chose intéressante, la Bible fait allusion à plusieurs reprises aux Seïrim, littéralement ’les velus’, généralement traduits par ’boucs’, et Dieu met en garde les Hébreux contre le fait de s’accoupler avec ces Velus :
" Ils n’offriront plus leurs sacrifices aux boucs ( sic ), avec lesquels ils se prostituent. Ce sera une loi perpétuelle pour eux et pour leurs descendants ". [ Lévitique, XVII, 7 ]
 L’incongruité de cette traduction apparaît aussi par exemple, dans les prophéties d’Isaïe ( XIII, 21 et XXXIV, 14 ) où il est question des animaux du désert : chacals, autruches... et ’boucs’, ce qui est absurde pour ces derniers.
 Bref, il est très probable que dans les Pyrénées comme en Palestine, les Néanderthaliens et les Hommes de notre type se sont croisés, dans tous les sens du terme, ce qui a laissé des traces dans la mémoire humaine, notamment dans la mythologie, sacrée ou profane. Le cas de Mme Palmares, engrossée par un prétendu orang-outan, constitue peut-être le cas le plus récent : la pilosité, la longueur des membres supérieurs, et sans doute l’absence de saillie mentonnière, sans parler de la robustesse ( la vigueur hybride ) du rejeton, et les mœurs troglodytes du père vont dans ce sens, et rappellent encore une fois un cas bien documenté au Caucase, celui de Zana, une femelle sauvage et velue à qui un villageois fit un enfant. Il serait du plus grand intérêt de retrouver et d’étudier les restes osseux...

  • Clémenti, le crétin de Bagnères de Luchon, est atteint de microcéphalie ( pas de front ), d’acromégalie ( hypertrophie des mains et des pieds ), d’hyperthyroïdie ( le goitre ), et en fait d’une telle quantité d’anomalies que c’est un monstre parmi les monstres : il est bien plus simple de supposer qu’il possédait quantité de gènes néanderthaliens, et donc qu’il ressemblait à un almasty non velu cependant : trapu, tête entre les épaules, bras longs, jambes courtes, ’pliées et tordues’ ( voir la forte courbure fémorale des Néanderthaliens ), front fuyant, nez court aux grandes narines, bouche énorme à la mâchoire tombante, grosses mains, pieds larges, etc., etc.. Quant au goitre, c’est peut-être en fait le sac vocal que l’on signale chez les Hommes Sauvages asiatiques, qui amplifie leurs cris comme chez les gibbons.
  • Le folklore sur le Basa-Jaun : le ’portrait-robot’ qu’a tenté d’en faire Duny-Pétré ( 1960 ) fait irrésistiblement penser aux néanderthaliens attardés de l’URSS : troglodyte, nocturne, vivant dans les forêts montagneuses, velu, possédant une longue chevelure, ressemblant à l’ours, poussant des cris puissants, se nourrissant de quantité de choses, y compris en commettant des larcins dans les cabanes de bergers, etc., etc. : la base du conte populaire est remarquablement semblable à quantité de récits recueillis au Caucase notamment ( dans ce cas, des témoignages de première main, circonstanciés, de rencontres avec des Hommes Sauvages et velus ).

 

 Notons que le penchant pour le lait et le fromage de l’Homme Sauvage s’explique peut-être par un manque de vitamine D. Il est connu que la pathologie des Néanderthaliens, d’après leurs ossements, montre souvent de l’arthrose et du rachitisme, ce dernier dû à une carence en vitamine D, que l’on trouve en abondance dans le lait. Passé l’allaitement maternel, les néanderthaliens pouvaient en trouver dans le poisson en petite quantité, mais ils ignoraient le harpon. On a suggéré qu’en plus d’un faible apport, il pourrait y avoir eu une mauvaise métabolisation de la vitamine D par manque d’ultra-violet, à cause d’un faible ensoleillement dans les brumes de l’époque glaciaire ; et si tout simplement cela était en relation avec des mœurs troglodytes et nocturnes ?
 Ajoutons que le nom d’Homme de Bouc donné au Basa-Jaun, évoque la pilosité ( velu comme un bouc ), le pied montagnard ( un vrai ’pied de chèvre’ ! ), et sans doute aussi l’odeur fétide ( il doit ’puer le bouc’ ! ), toutes choses signalées chez les Hommes Sauvages asiatiques. Notons aussi que le Diable des Chrétiens étant figuré avec des caractères de bouc ( entre autre le pied ), a dû donner base au nom d’iretgge utilisé en Ariège.
 Soit dit en passant, il y a une altération manifeste du mythe dans l’est des Pyrénées, ou l’ours, l’hérétique ( Maure ? Cathare ? ), voire le Diable ont visiblement été surimposés : cela pourrait signifier une disparition plus ancienne des néanderthaliens dans cette partie de la chaîne. A Arles-sur-Tech, les simiots sont affublés de dents fourchues et autres détails fantasmagoriques. De fait, les témoignages les plus récents et les indices matériels les plus probants proviennent tous du Pays Basque ou de l’Espagne. Si les Basques ont pu, par l’isolement de leurs vallées, garder une langue unique ( qui s’écarte de toutes les langues indo-européennes ), et un patrimoine génétique non moins unique ( un très haut pourcentage de groupes sanguins Rhésus négatif ) - on pense que ce sont des Cro-Magnon presque purs - alors a fortiori l’Homme Sauvage néanderthalien a pu se maintenir fort longtemps dans les montagnes, en fait jusqu’à la déforestation au 17°-18° siècles...

Les deux faces de l’os gravé magdalénien d’Isturitz,
montrant d’un côté un couple de bisons et de l’autre
un couple de ’’velus’’ [ d’après de SAINT-PIERRE ]

Figure tirée du livre de HEUVELMANS & PORCHNEV, p. 430

  • Cette survivance tardive est d’ailleurs attestée par un autre élément qu’il faut verser au dossier : les curieuses gravures de la grotte d’Isturitz ( Pyrénées Atlantiques ), datant d’une quinzaine de milliers d’années. Il s’agit d’abord d’un os plat gravé sur ses deux faces, que J.A. Mauduit décrit ainsi dans 40 000 ans d’Art Moderne :
    " Un homme nu allongé, orné de bracelets, tend les bras vers une femme étendue devant lui. La femme est forte et velue ; sur sa cuisse, une flèche à triple rang de barbelures, symbole de sa conquête. La gravure qui se trouve sur l’autre face n’est pas sans rapport avec la précédente : elle figure un bison mâle prêt à s’accoupler avec une femelle dont on distingue l’arrière-train et la queue dressée ; le mâle porte également sur l’épaule des flèches barbelées ".

 

 Selon Heuvelmans ( Heuvelmans & Porchnev 1974 ), il s’agirait d’un tableau de chasse : les bracelets et colliers ne seraient que des liens, et les flèches des marques de chasse ( ce qui se traduirait par ’’abattu un couple de bisons et un couple de velus’’ ). Comme il le fait remarquer, les représentations humaines dans l’art préhistorique sont extrêmement stylisées ( sans doute à cause d’une peur superstitieuse que l’on puisse se livrer à de la magie sur son effigie ) ; ici par contre, s’il s’agit bien d’Hommes Sauvages que nos ancêtres devaient considérer comme des bêtes, rien n’interdisait de représenter fidèlement leurs traits : Heuvelmans note ’’le front extrêmement fuyant, le cou bref, la nuque puissante, le menton effacé et surtout le nez curieusement retroussé’’. Bref, tous les caractères des Néanderthaliens. Nous y ajouterons le tronc quasi-cylindrique de la femelle, et ses seins longs et pendants. Notons que selon André Leroi-Gourhan, il ne s’agit pas d’un couple, mais de deux femelles, ce qui d’ailleurs n’enlève rien à la démonstration précédente.
 C’est à une semblable conclusion que mène l’étude d’une gravure rupestre de la même grotte d’Isturitz ; comme l’écrit Heuvelmans :
" Son système pileux est représenté avec le plus grand soin : la face encadrée de poils, qu’on distingue jusque sur l’arrière du cou, la chevelure plus longue, et - si je ne craignais pas de solliciter les faits - les sourcils peu fournis, voire les petits poils follets des joues. Le nez en trompette est en tout cas indéniable ".

Représentation réaliste, dans la grotte d’Isturitz
( Basses-Pyrénées ), de ce qui semble être
un Néanderthalien [ d’après MAUDUIT, 1954 ].

Figure tirée du livre de HEUVELMANS & PORCHNEV, p. 429

 Ajoutons enfin une possible voie de recherche, concernant les Cagots, un peuple de parias du sud-ouest de la France au Moyen-Age, victimes de quantité d’interdits : obligation de se marier entre eux, de porter un signe distinctif ( une patte d’oie cousue sur le vêtement : Hitler n’a décidément rien inventé ), d’entrer à l’église par une porte spéciale, etc., etc.. On a dit que c’étaient des lépreux ( la perte des doigts donnant à la main l’aspect de patte d’oie, comme l’a fait remarquer très subtilement Heuvelmans in litt. ), des descendants de Goths ( cagot = canis Goth, chien de Goth ? ), etc.. Tout cela est très controversé. Certains auraient présenté des caractères distinctifs : absence de lobe de l’oreille, goitre, etc, qui rappellent à nouveau les Néanderthaliens attardés : en tout cas, leur endogamie forcée aurait eu pour effet d’augmenter la fréquence d’apparition de gènes néanderthaliens s’il s’en était trouvé parmi eux ( ce qui nous renvoie au problème de l’hybridation ). La patte d’oie est peut-être même une allusion au pied large, aux orteils en éventail ( en palme ! ) des Néanderthaliens. La légende des fées ariégeoises ( encatadas ) vivant dans des grottes et dont la trace de pas ressemble à un pied palmé de canard ( Joisten 1962 ) pourrait bien avoir la même origine, plus précisément être fondée sur l’observation de traces de pas néanderthaliennes dans les grottes de la région, comme à Toirino en Italie.

Reconstitution par Alika Lindbergh,
De la tête de l’Homme pongoïde à l’état vivant,
Vue de face et de profil.

Illustration tirée du livre de HEUVELMANS & PORCHNEV, planche 47

 En définitive, la thèse de la survivance récente de Néanderthaliens permet de rendre compte de toutes les données du dossier. On objectera que tout cela est très hypothétique, bien que la cohérence des données rassemblées ici est frappante. Bien sûr, la preuve par neuf serait la découverte de restes néanderthaliens très récents ( postérieurs à la date de 35 000 ans attribuée à leur extinction ) dans la région qui nous intéresse : or, cela vient d’être le cas récemment. On a en effet exhumé à Boquete de Zafarraya en Espagne une mandibule néanderthalienne dans un niveau daté de Würm III tardif, soit moins de 30 000 ans ( Hublin 1989 ). Il est à souhaiter que des recherches systématiques soient entreprises, qui permettent d’en découvrir des restes encore plus récents.

 

REMERCIEMENTS

 Je tiens à remercier vivement, pour les documents qu’ils ont fournis ou leurs conseils : Pierre Duny-Pétré ( Saint-Jean-Pied-de-Port ), José-Manuel Gomez-Tabanera ( Université d’Oviedo ), Benoît Grison ( Sainte-Adresse ), Bernard Heuvelmans ( Le Vésinet ), Marie-Jeanne Koffmann ( Moscou ), Madame veuve Paul Ormières ( Narbonne ) ; Myra Shackley ( Université de Leicester ) ; ainsi que Dmitri Bayanov ( Musée Darwin de Moscou ) pour m’avoir encouragé à rédiger cette étude.

 

REFERENCES CITEES

 Pour ne pas alourdir une étude déjà assez dense, ne sont citées ici que des références non mentionnées par Heuvelmans et Porchnev ( 1974 ). On se reportera à leur livre pour une bibliographie plus complète sur la survivance des Néanderthaliens.

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AUTEUR :
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