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BIPEDIA 4.3
UNE FIGURATION DE L’HOMME SAUVAGE DANS LES PYRENEES ?

Première publication : mars 1990, mise en ligne : vendredi 20 juin 2003, Michel Raynal


 Dans un précédent article pour BIPEDIA ( RAYNAL 1989 ), j’ai analysé les divers éléments, notamment des rapports sur des Hommes Sauvages et Velus, donnant à penser que des Néanderthaliens ont survécu dans les Pyrénées, jusqu’au dix-huitième siècle au moins.
 A ce propos, il faut mentionner que la survivance récente de Néanderthaliens dans cette région avait été envisagée très tôt par plusieurs chercheurs soviétiques, notamment Dmitri BAYANOV et Igor BOURTSEV, puisqu’ils avaient déjà songé à interpréter ainsi le cas du sauvage velu de la forêt d’Iraty ( Pays Basque ) de 1774 ( BAYANOV & BOURTSEV 1976 ). Cet oubli impardonnable de ma part se devait d’être corrigé à la première occasion...
 Dmitri BAYANOV, du Musée Darwin à Moscou, m’a aimablement communiqué récemment un document fort intéressant qui mérite d’être versé au dossier. Il est tiré du journal Moskovska Vedomosti, n° 55, du 11 juillet 1760, et reproduit dans le livre Dessins Populaires Russes, Saint-Petersbourg, 1900, p. 139 :

<< D’Espagne, un journal rapporte à propos de ce dessin ( ci-dessous ) qu’un étranger a amené à Barcelone un satyre dont l’aspect monstrueux attire de nombreux spectateurs. Cet animal a la tête, le front, les yeux et les sourcils d’un homme, les oreilles d’un tigre, les joues rouges, les moustaches d’un chat, la barbe d’une chèvre, la bouche d’un lion dans laquelle au lieu de dents il y a une bordure osseuse, et des bras qui sont semblables à ceux d’un homme, mais couverts jusqu’aux mains de poils de différentes couleurs ; ainsi que sur tout le corps. Sa taille est de 5 pieds 3 pouces ( 1m60 ), et il ne mange que du pain et du lait >>.

Représentation du satyre espagnol de 1760
( tirée du livre : Dessins Populaires Russes )

 L’origine de la créature n’étant pas précisée, celle-ci pourrait avoir été capturée loin d’Espagne par lesdits ’’étrangers’’ qui l’exhibaient comme curiosité de foire. Toutefois, il semble plus logique de supposer qu’elle provenait des Pyrénées, un des derniers lieux d’Europe où il subsistait encore des Néanderthaliens à la fin du dix-huitième siècle, en dehors des montagnes de Transylvanie ( HEUVELMANS & PORCHNEV 1974, HEUVELMANS 1986 ). Auquel cas, les ’’étrangers’’ en question auraient quelque chance d’être des Français !
 Il est clair en tout cas que le dessin n’a pas été réalisé par un témoin direct : il s’agit d’une représentation traditionnelle d’Homme Sauvage et Velu, auquel l’illustrateur a surajouté quelques traits empruntés au texte, dont il a naïvement pris au pied de la lettre les expressions rapportées. Cela est particulièrement manifeste pour les pieds fourchus, évidemment ’déduits’ du titre de l’article : un vrai "satyre" qui se respecte se devait d’avoir des pieds de chèvre ! Il a cependant été démontré que c’est là une visualisation naïve du pied adapté à la montagne des Néanderthaliens, à savoir un pied de chèvre, comme l’on dit populairement ( HEUVELMANS & PORCHNEV 1974, HEUVELMANS 1980, RAYNAL 1989 ).
 Reprenons donc la description, en ayant à l’esprit le fait que les expressions ne doivent surtout pas être prises au pied de la lettre ( et matérialisées sous forme de calembour visuel, comme dans les sketches de Raymond Devos ), mais interprétées : on se reportera pour cela à l’étude magistrale faite par Bernard HEUVELMANS ( 1980 ) sur les "Peuples différents de l’Antique Ethiopie" [ les hommes sans tête, les hommes à pied de cheval, les hommes à oreilles d’éléphants, les trayeurs de chiennes, etc., etc. ] que les Anciens aimaient à situer en Afrique.
 Tout d’abord, qu’on ait qualifié la créature de "satyre" ne doit pas faire illusion. Aujourd’hui, tout journaliste à sensation digne de ce nom titrerait sur "l’Homme-Singe de Barcelone", ou "le King-Kong de Catalogne". Au milieu du dix-huitième siècle, c’est le mot de satyre qui faisait recette, le satyre ravisseur de jolies filles étant le prototype de l’Homme Sauvage et Velu : encore en 1816, Lorenz OKEN décrivait le chimpanzé sous le nom générique de Pan, qu’il possède d’ailleurs toujours !
 Par ’oreilles de tigre’, il faut évidemment comprendre des oreilles pointues : soit que la forme même du haut du pavillon soit effectivement pointue, soit qu’un pinceau de poils ( comme chez le lynx par exemple ) en donne seulement l’illusion.
 Le corps est couvert de poils, mais pas la face ( puisque les joues sont visibles : on les dit même rouges ), à l’exception sans doute de quelques poils très clairsemés, comme ceux des moustaches d’un chat.
 La ’bouche de lion’ ne peut manifestement pas s’appliquer à l’aspect des dents, puisque celles-ci étaient absentes [ voir le point suivant ] : de toute évidence, l’expression veut dire en fait une bouche énorme, très large ; quant à la bordure osseuse à la place des dents, Bernard HEUVELMANS ( communication personnelle ) l’attribue très judicieusement à la gencive d’un vieillard édenté.

 Toutes ces caractéristiques ont été enregistrées dans maints témoignages actuels sur les Hommes Sauvages et Velus de l’Asie septentrionale et centrale ( notamment au Caucase ou en Mongolie ), et se retrouvent chez le spécimen congelé étudié par HEUVELMANS [ voir illustration dans le Bipedia précédent ] : l’extrême pilosité sauf sur la face, à l’exception de quelques poils follets : ’’sur les joues il y a quelques petits poils courts très clairsemés, disposés un peu comme les moustaches d’un chat’’, écrit HEUVELMANS à propos du spécimen congelé étudié par lui (HEUVELMANS & PORCHNEV 1974 : 219 ) ; la bouche largement fendue, les oreilles pointues, la taille humaine, etc. On peut même se demander si la prétendue barbe de chèvre n’est pas une description naïve du sac vocal destiné à amplifier les cris ( comme chez le gibbon siamang ) également caractéristique des Hommes Sauvages asiatiques.
 La nourriture est aussi instructive, puisque le penchant pour le lait des Hommes Sauvages et Velus pyrénéens, comme asiatiques, a été relevé et a fait l’objet d’une tentative d’explication ( RAYNAL 1989 ).

 En définitive, il semble bien que le "satyre" exhibé à Barcelone en 1760 ne soit pas autre chose qu’un Homme Sauvage et Velu typique, à savoir un Néanderthalien attardé, vraisemblablement originaire des Pyrénées.

 

REFERENCES CITEES

  • BAYANOV, Dmitri & Igor BOURTSEV
    1976 : On Neanderthal vs. Paranthropus - Current Anthropology, vol. 17 ( 2 ) : 312-316 ( June ).
  • HEUVELMANS, Bernard
    1980 : Les Bêtes Humaines d’Afrique - Paris, Plon.
  • HEUVELMANS, Bernard
    1986 : Annotated Checklist of Apparently Unknown Animals with which Cryptozoology is Concerned - Cryptozoology, vol. 5 : 1-26.
  • HEUVELMANS, Bernard & Boris PORCHNEV 1974 : L’Homme de Néanderthal est toujours vivant - Paris, Plon.
  • RAYNAL, Michel 1989 : L’Homme Sauvage dans les Pyrénées et la Survivance des Néanderthaliens - Bipedia, n° 3 : 1-16, C.E.R.B.I., Nice.

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AUTEUR :
-Michel Raynal
-Institut Virtuel de Cryptozoologie
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