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BIPEDIA 4.1
ETAT ACTUEL DE LA QUESTION DU YETI
PAR BENOÎT GRISON

Première publication : mars 1990, mise en ligne : vendredi 20 juin 2003


1921. Le chef de l’expédition de reconnaissance de l’Everest, le Lieutenant-colonel HOVARD-BURY, télégraphie une nouvelle stupéfiante : lui et ses équipiers ont relevé la présence de traces d’apparence humaine, mais trois fois plus grandes que la moyenne, au niveau du col de Lhapka-La, situé à 6 400 m d’altitude au nord-est de la montagne ( 1 ) ! HOVARD-BURY pensait pouvoir les attribuer à un loup gris égaré, mais reproduisit dans sa dépêche à titre informatif l’explication des porteurs Sherpas : il s’agirait du Meteh kangmi ( c’est-à-dire littéralement ’’l’homme sauvage qui vit dans les neiges ( éternelles )’’. C’est cette dernière hypothèse que retiendra la grande presse, et un journaliste du Calcutta Statesman, Henry NEWMAN, fort piètre linguiste, éprouvera le besoin de retraduire à sa manière le nom de la créature énigmatique par ’’abominable homme des neiges’’. Ce nom de baptême malencontreux plaçait d’emblée la question de l’homme des neiges sous le signe du ridicule et du sensationnel : aussi n’est-il pas étonnant que de nos jours le grand public soit peu enclin à croire en l’existence de l’hypothétique primate himalayen. Et pourtant, des autorités en matière de Primatologie et d’Anthropologie tels que W.C. OSMAN HILL ( 2 ), C.S. COON ( 3, 4 ) ou encore George SCHALLER ( 5 ), se sont prononcés en faveur de l’existence du Yéti et un excellent zoologue comme Bernard HEUVELMANS ( 6, 7 ) a consacré des années à l’étude du problème. Cela devrait nous inciter, un instant débarrassés de nos préjugés, à ouvrir le dossier de l’homme des neiges et à essayer d’y voir plus clair.

 

HISTORIQUE

 La croyance de la plupart des ethnies de l’Himalaya en l’existence d’un ogre sauvage et velu, laissant des pistes insolites dans la neige, se perd dans la nuit des temps [ les rites Bon, très antérieurs au Lamaïsme, comprennent l’utilisation d’un produit organique censé être tiré de la dépouille de tels êtres ( 8 ) ] et est reflétée dans les cosmogonies ( 9, 10, 11 ). La première mention écrite connue d’un ’homme sauvage’ ( Meteh ) se trouverait dans le 26ème chant du yogi et ascète tibétain MILAREPA qui vécut de 1038 à 1122 après J.C., où celui-ci mentionne incidemment le Meteh comme étant un de ses compagnons de jeux favoris ( 12 ) ! On retrouve ensuite la trace de la même créature au XVIII° siècle, dans un livre de médecine sino-tibétain, où elle est figurée noire, massive et très velue ( 13 ). Malgré tout, l’Occident prenant contact fort tardivement avec le monde himalayen, il faut attendre 1832 pour qu’un européen parle enfin du Yéti [ peut-être les ’satyres’ montagnards des Indes orientales de PLINE ( 14 ), s’il ne s’agit pas de Semnopithecus, ont-ils trait à notre sujet - c’est peu probable ] : B.H. HODGSON, résident anglais à la cour du Népal, rapporte que des chasseurs népalais auraient été très effrayés par un homme sauvage et velu, qualifié de Rakshas [ dans une transcription correcte, il conviendrait d’écrire Rakshasas ] : ’’démons’’ en sanscrit ( 15 ). Puis, en 1889, un voyageur anglais, L.A. WADDELL, découvre dans la neige, au nord-est du Sikkim, des traces de pas démesurées qu’il attribuera malgré les affirmations des Sherpas à un ours ( 16 ).
 Le premier témoignage oculaire européen date de 1905, et il est le fait d’un autre Anglais, W. KNIGHT, qui ne devait rapporter son observation que bien plus tard dans le Times. Lors de son retour du Tibet vers l’Inde, isolé en queue de caravane, il avait vu un être "d’un peu moins de 1m83 de haut et (...) presque complètement nu (...) ; il était partout d’une sorte de jaune pâle (...), avait sur la tête une tignasse de cheveux emmêlés, peu de poils sur le visage, des pieds extrêmement plats et de grandes mains formidables" ( 17 ). Peut-être bien plus importante du fait de la personnalité de l’observateur est l’aventure vécue par H. ELWES, naturaliste éminent, qui, d’après ce que l’on sait, a vu au Tibet en 1906 non seulement les classiques empreintes, mais aussi l’auteur de celles-ci, à savoir un grand bipède velu, qui s’enfuit en courant, et disparut au loin derrière une crête. ELWES prit semble-t-il notes et croquis, qu’il a souvent montrés à des proches, mais pour sauvegarder sa réputation de sérieux, il les aurait brûlés... ( 18, 19 ).
 Si, durant les années qui suivirent, peu de descriptions vinrent s’ajouter à celles évoquées précédemment, les relevées de pistes devinrent par contre très fréquents : rien d’étonnant à cela, puisque l’ère des grandes expéditions himalayennes débutait. Ainsi, par exemple, durant l’été 1931, le lieutenant-colonel E.B. BAUMAN découvre des empreintes près de la source du Gange à 4 200 mètres d’altitude ( 6 ). En 1936, c’est au tour de Ronald KAULBACK de trouver "cinq séries de traces qui paraissaient (...) avoir été faites par un homme nu-pieds " à 4 800 m dans un col près des Bumthang Gompa au Népal. KAULBACK pense alors qu’il peut s’agir d’une Panthère des Neiges, hypothèse qu’il juge néanmoins peu satisfaisante ( 20, 21 ). 1937 : F.S. SMYTHE mesure et photographie plusieurs empreintes très déformées dans la vallée indienne du Bhyundar à 6 000 m : le grand biologiste Julian HUXLEY les attribue sans hésiter à une sous-espèce de l’Ours brun ( 22 ). Quant à John HUNT, il relève des traces dans la région du col de Zemu, au nord-est du Sikkim à 5 800 m. De son côté, toujours en 1937/1938, H.W. TILMAN découvre en franchissant le même col une trace de pas fraîche ressemblant à celle d’un soulier ( ? ) alors qu’aucun alpiniste n’est passé par là depuis un certain temps... ( 23 ).
 Mais la première piste dont on ait fait un relevé précis et une description détaillée est sans contexte celle découverte en novembre 1951 à environ 6 000 m sur l’un des versants du Menloung-Tsé par Eric SHIPTON, qui de son propre aveu, n’en avait "jamais trouvé d’aussi bien conservées" par le passé ( 24, 25 ). Elle va nous permettre enfin d’étudier le problème de l’homme des neiges sur la base d’indices un peu solides. Par la même occasion, nous en profiterons pour nous préoccuper d’autres pistes présentant un certain intérêt qui ont été découvertes à la même époque ou par la suite. Pour cette rapide analyse critique, nous nous fonderons pour l’essentiel sur les travaux du Dr HEUVELMANS ( 6 ) qui le premier a eu recours à l’Ichnologie, la science des empreintes, pour aborder la question.

 

LE PROBLEME DES EMPREINTES

 La piste de 1951 s’étendait sur 1 600 mètres. Au premier abord, la vue d’ensemble des traces de pas donnent l’impression qu’il s’agit des empreintes d’un gros primate bipède. Un détail surprenant relevé sur le gros plan du pied, à savoir l’existence de seulement 4 orteils peut être facilement expliquée si l’on suppose que le 3ème doigt résulte en fait de la fusion de 2 orteils distincts, ce sur quoi tout le monde d’accorde. Cette question annexe étant résolue, si l’on concentre son attention sur la seule photo de la trace de pied, il est possible d’assimiler cette dernière à celle d’un Ours himalayen, ce qu’a d’ailleurs fait le professeur BERLIOZ à l’époque ( 26 ). Mais c’est trop vite oublier la piste dans son ensemble : s’il arrive à l’Ours de marcher sur 2 pattes, il ne peut pas parcourir ainsi 1 km. L’hypothèse du quadrupède est meilleure puisqu’un tel animal, à condition qu’il possède le même écartement de membres devant et derrière, et qu’il pose ses extrémités antérieures sur les empreintes des postérieures, peut produire une piste de Yéti tout à fait acceptable. Mais on obtient alors des traces fort brouillées alors que celles relevées étaient on ne peut plus nettes...
 John NAPIER compliqua encore le problème lorsqu’il affirma en 1972 avoir reçu des confidences de l’un des compagnons de SHIPTON selon lesquelles les photos de la piste et de l’empreinte n’auraient rien à voir et auraient été associées artificiellement ( 27 ). Si, malgré le caractère incertain de cette information, on l’admet, il ne reste plus que le gros plan du pied pour trancher. NAPIER l’a étudié soigneusement, et lui qui était d’habitude fort sceptique quant au caractère inconnu des empreintes de Yéti, conclut pourtant qu’il ne s’agit pas d’une trace d’Ours, mais plutôt de la surimpression de 2 empreintes différentes ( un pied nu humain sur une botte de montagne ? ) ce que Eric BUFFETAUT et Pascal TASSY jugent ’peu probable’ ( 28 ). En fait, que le gros plan soit ou non à séparer de la vue d’ensemble, la supposition la plus crédible reste que l’on a affaire aux traces d’un bipède qui n’est pas un Ours.

Pied de Yéti ( à gauche ) comparé à ceux de Pan, de Gorilla gorilla, var. gorilla ;
puis Gorilla gorilla, var. beringei ; et enfin ( à droite ) Pongo - Faces plantaires.

[ d’après CRONIN, NAPIER, SCHULTZ et WASHBURN, modifiées ]

 En mai 1955, c’est au tour du géologue Pierre BORDET de suivre une belle piste sur plus d’un km dans la vallée du Barun, et de compter près de 3 000 empreintes qu’il photographie ( 29 ). Une fois de plus, l’ensemble de la piste, qui est assez différente de celle relevée par SHIPTON, évoque irrésistiblement un animal bipède. Pour NAPIER, on a affaire aux traces laissées par un Ours de l’espèce Selenarctos thibetanus. Cette explication est insoutenable, puisque selon BORDET, le Yéti à un moment donné "a sauté directement et continué : pas traces de ses pattes de devant", ce qui prouve le bipédisme de la créature. De plus, le géologue ne signale à propos des orteils que "le premier vers l’intérieur est plus gros que les autres et peut-être légèrement en retrait" ( 29 ) : or, chez l’Ours, justement, le plus gros des orteils se trouve à l’extérieur, contrairement à ce qui s’observe chez les Primates... Et là encore, pour les mêmes raisons que celles déjà mentionnées, il ne peut s’agir d’un quadrupède...
 La 3ème piste remarquable a été relevée à 3 700 m en décembre 1972 par Edward CRONIN, un biologiste professionnel, alors qu’il effectuait une reconnaissance dans les régions de haute altitude proches du massif de Kongmaa-La. Non seulement CRONIN est certain au vu des conditions climatiques qu’il ne peut s’agir du résultat d’une érosion, mais il est de surcroît formel quant au bipédisme de l’animal, et affirme que compte tenu de son expérience "les traces relevées (...) n’ont été laissées par aucun mammifère connu à ce jour" ( 30 ). De tels propos dans la bouche d’un spécialiste de la faune himalayenne revêtent une importance capitale !
 En résumé, il est évident que les 3 pistes étudiées ci-dessus ne peuvent qu’être attribuées à un bipède quasi-permanent appartenant sans doute à l’ordre des Primates. Cela nous permet donc d’écarter a fortiori l’hypothèse selon laquelle des petits singes, comme les Semnopithèques, auraient pu être à l’origine des traces : ils sont quadrupèdes et de petite taille. L’explication avancée en 1960 par l’ethnologue Michel PRISSEL ( 31, 32 ), selon laquelle des Sherpas ayant aux pieds des chaussures traditionnelles bourrées de paille créeraient les empreintes classiques n’en est pas pour cela confortée : les traces laissées par de telles chaussures sont de forme bien différente de celles du Yéti, et les conditions ou circonstances dans lesquelles la plupart des relevés ont été faits enlèvent tout crédit à cette théorie. Ainsi, feu HERGE ( alias Georges REMI ) m’a écrit que Maurice HERZOG lui avait confié "avoir vu des traces laissées dans la neige par un être qui (...) n’appartenait à aucune espèce (...) connue. Et, plus étrange encore, ces traces s’arrêtaient brusquement au pied d’un pan de montagne quasi-inaccessible..." ( 33 ). On comprend mal comment les Sherpas, aussi farceurs soient-ils, parviendraient à monter une telle mise en scène.
 Bien entendu, de nombreuses autres traces du même type que celles évoquées plus haut ont été trouvées au fil des ans, notamment en 1952 par l’expédition suisse dirigée par le Dr WYSS-DUNANT, en 1953 par John HUNT à nouveau, en 1954 par N.G. DYHRENFURTH et ses compagnons ( 34, 35, 36 ), en 1955 par l’expédition de la RAF dans l’Himalaya, et en 1959 par l’anatomiste Teizo OGAVA... En novembre 1974, 2 pistes parallèles ( un mâle et une femelle ? ) particulièrement nettes furent moulées par l’expédition polonaise du Lhotse, et en 1976, l’équipe française à l’assaut du Thabotche tomba sur des empreintes similaires ( 12, 37 ). De même, en 1978, Lord HUNT et sa femme photographièrent des traces fraîches dans une vallée du versant inférieur de l’Everest ( 38 ). Enfin, un chercheur qui a beaucoup travaillé sur la question de l’homme des neiges, René de MILLEVILLE, est tombé souvent ces dernières années sur des traces proches par la forme de celles relevées en 1951 ( 39 ).
 De la seule étude des traces, à condition bien sûr de ne pas prendre en compte ce qui est imputable aux déformations et sublimations d’origine thermique [ cf. BAUER ( 40 ) et PRANAVANANDA ( 41 ) ], il semble ressortir qu’il existe dans la chaîne himalayenne un primate ignoré à locomotion le plus souvent bipède. Les mesures d’empreintes révèlent que la longueur du pied de cet animal varie en moyenne de 20 à 35 cm, et sa largeur de 11 à 15 cm environ, ce qui signifie que les plus grands individus doivent mesurer 2,10 m de haut, ce qui semble confirmé par les témoignages.

 

PIECES A CONVICTION

 Arrivés à ce point de notre enquête, il est légitime de nous demander s’il existe des indices matériels supplémentaires en faveur de l’existence du Yéti. Certes, on a longtemps considéré comme des pièces à conviction essentielles des scalps attribués à l’homme des neiges, mais une étude soignée a montré qu’ils étaient constitués de peau de Sarow, un capridé himalayen [ l’un d’entre eux devait être porté à l’origine par des danseurs lors de cérémonies tantriques afin de figurer le Yéti ( 42 ) ]. Malgré tout, certains se font depuis quelque temps à nouveau les défenseurs de l’authenticité de ces scalps, mais aucun travail scientifique publié n’est là pour soutenir leur thèse.
 De même, les rumeurs concernant la présence de dépouilles naturalisées d’hommes des neiges dans certaines lamaseries, comme celles de Sera ou de Rhibotchi au Tibet, semblent bien vagues et inconsistantes ( 6, 43 ). Quant à la main momifiée qui est présentée à Pangbotchi comme étant celle d’un Yéti, elle est incontestablement humaine, et ne peut par là même appartenir à un être décrit unanimement comme un singe anthropoïde. Ce qui ne veut pas dire qu’elle soit inintéressante, puisque certains anthropologues réputés lui ont trouvé une allure assez néanderthalienne ( 18, 42 ) [ voir plus loin ].
 Par contre, le problème des excréments semble plus digne d’intérêt. Si beaucoup des fèces trouvées dans les années 1950-1960 pouvaient être assimilées à la rigueur d’après leur composition à celles d’un Ours, certaines d’entre elles, analysées à l’Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique, contenaient des œufs de vers Nématodes d’espèce inconnue... ( 36 ). On ne sait par contre quels ont été les résultats de l’examen scientifique des excréments trouvés en 1979 par l’expédition anglaise dirigée par John EDWARDS dans la vallée de l’Hinku, au voisinage d’empreintes ( 44 ).
 Quant au poil attribué à un Meteh népalais et qui était parvenu en 1985, à des fins d’étude, au Muséum d’Histoire Naturelle de Paris, il n’a pas pu être identifié, selon Michel TRANIER du laboratoire de mammalogie du Muséum, il s’agit "du poil d’un grand primate roux" ( 45 ). L’animal connu dont se rapprochait le plus son possesseur était l’Orang-outan. Ce poil aurait été égaré, puis retrouvé. Espérons que ceux rapportés par MILLER & CACCIOLFI en 1986 ne connaîtront pas le même sort ( 46 ).
 A ce jour, la seule photo qui puisse être prise un peu au sérieux est due à A.B. WOOLDRIDGE, qui l’a prise en mars 1986 à la lisière de l’Inde du Nord et à l’Ouest du Népal ( 47 ). Ce cliché, effectué à peu près à 150 m de distance, me paraît comme à beaucoup, figurer un gros rocher plutôt qu’un être vivant.
 En fait, la plus intéressante des pièces à conviction semble être un masque provenant d’un monastère tibétain qui a été exhumé en 1962 au Musée des Poupées de Moscou. Le professeur USPENSKI, de l’Université de Moscou, pense que l’artiste qui a façonné cet objet à usage rituel a pris pour modèle une tête momifiée de l’animal, sur laquelle certaines parties molles étaient encore intactes ( 48 ). Il doute "qu’il s’agisse d’un objet de fantaisie", et a observé une si parfaite cohérence anatomique qu’il a pu faire réaliser une reconstitution de la tête de l’animal vivant sous forme d’un buste. Selon lui, on a sans doute affaire à un anthropoïde qui, par bien des traits, serait plus évolué que le Gorille et le Chimpanzé.

 

DESCRIPTION DE L’ANIMAL

 A partir des années 50, plusieurs expéditions de recherche vont se succéder, entre autres celles de 1954 dirigée par R. IZZARD ( 49, 50 ), et en 1957-1958 l’expédition SLICK-JOHNSON ( 51 ) [ leurs continuateurs récents étant pour le pire l’extravagant William GRANT en 1985 ( 37 ), ou encore en 1987 Robert HUTCHINSON ( 52 ), qui était tout de même plus sérieux ]. Si elles reviennent bredouilles, elles n’en fournissent pas moins d’intéressantes informations données par les Sherpas ( 53, 54 ). Parallèlement, et cela après une longue interruption, les observations émanant d’occidentaux vont refaire leur apparition. Passons rapidement sur le récit de l’Argentin Orlando René BRAVE qui aurait observé en 1956 la dépouille d’un Yéti abattu par un de ses porteurs, mais aurait laissé ce dernier escamoter le corps sans réagir ( ! ? ) ( 55 ). Plus intéressant est le récit de Don WHILLANS qui a rapporté qu’en 1970, dans la région du Mahalangur Himal, alors qu’il campait avec un coéquipier à 4 200 m d’altitude, il découvrit une piste, puis, dans la soirée, vit aux jumelles un anthropoïde noir bondissant à 4 pattes le long d’une crête ( 56 ). Au début des années 80, c’est un diplomate qui au cours d’un voyage au Népal voit un énorme homme des neiges traverser la route devant lui... ( 57 ). Enfin, on annonce en 1986 la rencontre qu’a faite l’alpiniste R. MESSNER d’un Yéti, mais MESSNER n’a pas donné à ce jour de récit détaillé de l’événement ( 37, 58 ).
 Il est donc possible, à condition d’écarter certains cas douteux ou mythifiés, ainsi que les confusions avec des animaux connus ( Langur, Ours himalayens, dont la systématique n’est pas toujours clairement débrouillée ! ) d’esquisser un portrait à la fois cohérent et précis du Yéti : pour ce faire, nous nous fonderons entre autres sur les travaux de Bernard HEUVELMANS et de R. de MILLEVILLE. Il apparaît nettement que la distinction longtemps faite entre 3 types d’hommes des neiges en région orientale est totalement spécieuse : il est d’ailleurs assez facile de démontrer qu’elle est essentiellement fondée sur des confusions linguistiques, des différences d’âge et de sexe, ainsi que peut-être sur des observations du petit macaque à face rouge ( Macaca speciosa ) élevé au rang de Yéti pygmée.
 Le Yéti sensu stricto se présente comme un singe anthropoïde appartenant apparemment à la famille des Pongidés ( Chimpanzé, Gorille, Orang ). Sa taille varie de 1,40 à 2,10 m : il a la stature d’un adolescent [ les pongidés non identifiés qu’on signale au Tibet sont eux plus grands ]. Il faut noter au passage l’importance du dimorphisme. Le Yéti a un pelage brun roux ou gris roussâtre, plus noir sur la base du corps : le polymorphisme génétique caractéristique des Primates peut jouer aussi dans les descriptions de couleurs variées qui sont données, outre la difficulté d’observation. On remarquera une longueur particulière des poils sur les épaules, le dos, les bras et les cuisses. La tête est très grosse, conique - en forme de ’pain de sucre’ - et sans cheveux. Les poils y semblent séparés par ce qui est décrit comme une ’grosse raie’ ou encore une ’crête de coq’, et que l’on identifie comme étant une ’crête sagittale’, laquelle est très marquée chez le Gorille mâle ( surtout celui de montagne ) et dont la saillie crée une sorte de cimier chez ces primates. L’existence de cette structure chez le Yéti est prévisible, puisqu’il est doté d’une mâchoire massive, ce qui entraîne une ’hypertrophie’ des muscles temporaux, qui ont besoin par conséquent d’une surface d’insertion importante, offerte par la crête. La face aux pommettes saillantes est nue et sombre. Le nez massif et très aplati. La bouche simienne est grande et dépourvue de lèvres. Les dents sont énormes avec de volumineuses canines. Les oreilles sont petites et collées, contrairement à celles du Chimpanzé. Il y a un torus sus-orbitaire. Le buste est d’allure humaine, et les membres supérieurs musclés, très longs, tombent jusqu’aux genoux. Les mains font assez humaines, mais sont beaucoup plus longues avec un pouce très court. Les jambes sont humaines mais arquées. Le pied est de type plantigrade, comme cela a été vu plus haut [ il est intéressant de noter que le Gorille de montagne, qui mène une vie quasi-terrestre, est doté d’un pied qui ressemble à celui de l’Homme ]. L’animal dégage une forte odeur. Il marche debout, mais voûté et en équilibre instable, le plus souvent quand il traverse un champ de neige ( sans doute pour réduire au maximum la surface d’épiderme en contact avec le froid ) tout comme le Chimpanzé et le Gorille quand ils sont gênés par un prédateur, sont surpris ou portent leur nourriture. Par contre, il a plutôt tendance à courir à 4 pattes quand il est pressé... Il semble être à la fois végétarien et carnivore ( Pika, Yak, gros insectes... ) tout comme le Chimpanzé auquel il arrive de chasser, ou certains Gorilles en captivité. Enfin il pousse des cris aigus, plaintifs et puissants à la fois.
 Comme on le voit, notre pongidé ignoré n’a vraiment pas grand chose d’humain : son visage présente d’ailleurs une ressemblance assez frappante avec celui du gorille ; les Sherpas auxquels on présente des photos confirment cette ressemblance ( qui existe aussi avec l’Orang ). Aussi n’est-il plus possible aujourd’hui de croire, à la suite d’Alexandra DAVID-NEEL ( 59, 60, 61 ), que des populations déshéritées étaient à la base des histoires d’hommes des neiges : la voyageuse avait dû être induite en erreur par l’emploi ’passe partout’ que l’on fait universellement du terme ’homme sauvage’, utilisé aussi bien pour désigner un primate non humain qu’une ethnie méprisée... Certes, il faut reconnaître que l’image du Yéti n’est pas exempte de tout aspect mythique : on dit ainsi souvent qu’il enlève les femmes ! Mais souvenons-nous qu’on affirmait la même chose des autres anthropoïdes avant qu’ils ne soient découverts officiellement. D’ailleurs, on a du mal à imaginer comment tant de détails mentionnés plus haut, qui sonnent si juste à l’oreille d’un primatologue, auraient pu être inventés par des gens qui n’ont pas une formation de naturaliste.

 

DONNEES ECOLOGIQUES ET ZOOGEOGRAPHIQUES

 Une question vient cependant irrésistiblement à l’esprit : pourquoi, dans ce cas, n’a-t-on pas encore découvert l’homme des neiges ? Tout d’abord, il convient de souligner que selon des travaux récents, dont ceux de CRONIN ( 30, 62 ), le Yéti vit dans des forêts constituées essentiellement de Chênes, Magnolias et Rhododendrons situées dans la zone 3000-4000 m : il ne s’aventure qu’épisodiquement sur les alpages et les glaciers pour se rendre dans une autre forêt, à des fins de nutrition et de reproduction. Or, tous ces bois sont quasiment impénétrables, la visibilité y est très réduite, et ils ne sont traversés que par quelques chemins que les animaux évitent le plus souvent. Les expéditions lancées à la recherche de l’homme des neiges ayant été jusqu’à présent composées de très nombreux membres ( la situation est en passe de changer ) celles-ci ne pouvaient espérer rencontrer le Yéti sur un champ de neige où elles étaient aussi visibles "que des blattes sur une nappe blanche" pour reprendre l’expression de R. IZZARD ( 63 ). De plus, il semble que l’animal soit nocturne et plutôt solitaire, ce qui n’arrange rien...
 On pourrait croire que cet anthropoïde est strictement confiné en Inde, au Népal, au Sikkim et au Bhoutan. Sa distribution géographique en Asie est sans doute plus vaste : en effet, on signale dans bien des régions montagneuses voisines des contrées précitées, un grand singe d’allure pongidé. Il est décrit comme plus grand - en moyenne de 2 m à 2,60 m - et laisse des empreintes en conséquence fort impressionnantes, qui font le plus souvent entre 34 et 48 cm de long et 13-16 cm de large. Des relevés ont été faits.
 En Chine, le Yeren ou Gin-sung ( 64, 65, 66 ), comme on l’appelle, est signalé dans diverses provinces dont le Zhejiang ( ou la découverte d’un macaque de grande taille, décrit par le Pr. ZHOU GUOXING ( 67 ), apporte peut-être une solution au problème du Xing-xing, petit primate énigmatique signalé depuis une centaine d’années ) ou encore le Yunnan et surtout le Shanxi. Une ’’association chinoise d’étude et de recherche de l’homme-singe’’ a fini par se créer ( en 1981 ) et d’innombrables témoignages ont été collectés ( 68 ). Ainsi dans le Nord-Ouest du Hubei, de tels êtres sont signalés depuis près de 16 siècles, et les observations ont afflué particulièrement depuis les années 50, si bien que les paléontologues de l’Académie des Sciences se sont intéressés particulièrement à cette région depuis 1977, y organisant plusieurs expéditions notamment en 1981, sous la direction de Mme HERE GONG YULAN. Ces dernières ont duré plus d’un an, et ont permis de relever à 2400 m des centaines d’empreintes, et de recueillir des poils et des excréments à fin d’analyses.
 Plus au sud, en Birmanie, le même Gin-sung est désigné sous le nom de Tok à la frontière du Laos ( où il a été observé en 1969 ) et sous celui de Kung-lu à la frontière de la Thaïlande. En Malaisie, la créature est appelée dans le sud Orang dalam et a été parfois observée autour de la ville de Segamat ( 36 ).  Si maintenant, nous revenons au point de départ de notre ’périple’, à savoir l’Himalaya, et passons du Népal au Tibet, quittant ainsi la région orientale pour la région paléarctique, les descriptions faites de l’homme sauvage changent : les témoins parlent désormais d’un bipède permanent à allure d’homme primitif. On rencontrera ce dernier, que les Russes ont étudié intensivement ( 18 ), et assimilé à un Homme de Néanderthal relique, dans toute la région paléarctique, mais il semble néanmoins qu’il coexiste dans certaines zones avec des populations de pongidés géants ( de même que lui-même est signalé aussi en certains points de la région orientale ). Nous trouvons ainsi notre anthropoïde au Tibet ( 36, 69 ), peut-être au Tadjikistan, même si le moulage de trace de pied ramené des monts Hissar par l’expédition d’Igor BOURTSEV en 1979 ( 70 ) semble d’une authenticité bien douteuse, ou encore en Sibérie si le Tchoutchouna71 ), disparu depuis plusieurs dizaines d’années, lui était apparenté.

 

IDENTIFICATION ZOOLOGIQUE

 Un point troublant demeure cependant dans la description de certains de ces ’’hommes des neiges’’ : leur taille gigantesque. Car enfin, le plus grand des anthropoïdes actuels, le Gorille, n’atteint pas plus de 2 m dressé sur ses deux pieds. Et pourtant, on connaît un anthropoïde fossile de taille bien supérieure : il s’agit du Gigantopithèque, qui, apparu voici environ 10 millions d’années, s’éteignit il y a 400 000 ans seulement ( 72, 73, 74 ). On ne possède de lui que environ 1000 dents ( dont des molaires 5-6 fois plus volumineuses que des molaires humaines ) et quelques mâchoires. Ces vestiges ont tout d’abord été découverts en Chine ( dans le Kwangsi, puis dans le Sichuan... ) puis plus récemment en Inde du Nord et au Pakistan ( 75 ), ainsi qu’au Vietnam ( 76 ). Les Gigantopithèques indo-pakistanais ( Gigantopithecus bilaspurensis ) semblent avoir précédé dans le temps les sino-vietnamiens, et étaient de plus petite taille que ces derniers [ Les connaissances possédées sur des formes fossiles du Néogène et du Pléistocène - notamment le Sivapithèque géant, le Gigantopithèque - pouvant entretenir des relations systématiques avec l’Homme des Neiges seront discutées dans un autre article ( où la signification évolutive de la bipédie partielle du Yéti ( 77 ) sera également étudiée ) ]. Tous dériveraient du Sivapithèque indien et de l’Ouranopithèque grec découvert par L. de BONIS ( 76 ). Il s’agissait sans doute, malgré quelques caractères évolués, d’un pongidé dont la taille était couramment estimée à 2,50 m - 2,70 m. Le Gigantopithèque devait avoir une tête massive et sans doute assez pointue, d’après ce que l’on sait de l’anatomie de sa mâchoire, qui a servi de base à Grover KRANTZ pour une tentative de reconstitution du squelette crânien ( 79 ). Il habitait des cavernes, et est considéré comme ayant été terrestre, adapté à la savane, à la steppe, et au moins partiellement bipède [ A noter qu’un humérus a été trouvé en 1976 - Ce fragment huméral est néanmoins d’attribution incertaine ( 80 ) ]. Sa denture indique qu’il était plutôt omnivore.
 Devant tant de détails concordants, il serait tentant à la suite de Bernard HEUVELMANS ( 1952 ) ( 81 ), de considérer Yéti et Gigantopithèque comme étant une seule et même créature, assimilation qu’Yves COPPENS ( 82 ) et Jean CHALINE ( 83 ) ne rejettent pas a priori. Une telle hypothèse a de plus le mérite d’expliquer les différences de taille entre le Yéti himalayen et certains de ces cousins, puisqu’il a existé par le passé deux espèces de Gigantopithèque de dimensions différentes, et localisées dans des régions distinctes ( Gigantopithecus blacki et G. bilaspurensis ). Elle est celle qui permet le mieux de rendre compte de l’existence de grands hommes sauvages chinois, tibétains, etc. [ ainsi que de celle du type le plus répandu de Bigfoot américain d’ailleurs ]. Ce qui n’est pas forcément le cas en ce qui concerne le Yéti népalais, mais explique l’existence de l’homme des neiges en terme de survie du Gigantopithèque indien, et a le mérite d’être conforme au principe d’OCKHAM. Les hypothèses du Sivapithèque/Ramapithèque relique ou encore de l’Orang-outan continental ( 27, 84 ) [ lequel s’est maintenu très tardivement, il faut le souligner ( 85, 86 ) ] sont aussi à considérer, bien que moins vraisemblables : quoi qu’il en soit, depuis que l’Anatomie Comparée et l’Immunologie ( 87, 88 ) ont montré que Sivapithecus était un pongidé proche de l’Orang, tout comme Gigantopithecus : on reste dans tous les cas dans les limites d’un éventail systématique restreint.

 A l’issue de cette brève revue, que conclure si ce n’est qu’un ou plusieurs pongidés inconnus vivent en petit nombre dans la chaîne himalayenne et quelques autres montagnes d’Asie ? Ce n’est pas sans raison que le gouvernement népalais protège officiellement depuis plusieurs années déjà le Yéti ( Dinanthropoïdes nivalis, Heuvelmans 1958 ) que l’on finira par découvrir un jour ou l’autre.

 

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FIN DU TEXTE ORIGINAL

NOTA : Depuis la publication de cet article en 1990, on peut citer la parution du livre de Reinhold MESSNER :
1998 Yeti - Legende und Wirklichkeit. Frankfurt am Main, S. Fischer Verlag ( Allemagne )
2000 Yeti - Légende et Réalité. Grenoble, Editions Glénat [ traduction du précédent en français ].
2000 My quest for the Yeti. New York, Saint Martin’s Press.

Et sur le site ’Cryptozoo’ de Michel Raynal :
http://perso.wanadoo.fr/cryptozoo/bibliographie/messner.htm

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> ETAT ACTUEL DE LA QUESTION DU YETI
22 juin 2003, par François de Sarre   [retour au début des forums]

Pour information, je tiens à signaler l’étude récente du chercheur russe Michael Trachtengerts, parue en russe dans « Natural and Technical Sciences », # 1, 77-80, 2003. Un texte anglais est proposé sur le site Internet : http://alamas.ru Michael Trachtengerts y décrit un primate himalayen bipède [d’après des photos prises en 1990 par le géologiste russe Arkady Tishkov]. Michael Trachtengerts pense qu’il pourrait s’agir d’un Homo erectus, vivant à 4000 m d’altitude dans l’Himalaya.



-> ETAT ACTUEL DE LA QUESTION DU YETI
(1/1) 22 juin 2003, par François de Sarre
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