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BIPEDIA 14.4
EVOLUTION, DETERMINISME, MATERIALISME
PAR CARLOS BONET BETORET

Première publication : mars 1997, mise en ligne : lundi 30 juin 2003


INTRODUCTION

 Charles Darwin ( 1809-1882 ) est réputé à juste titre comme le plus grand homme de science de tous les temps, pour avoir démontré de façon expérimentale que l’évolution n’était pas une théorie, mais la réalité.

 Avant Darwin, tout le monde croyait que les êtres vivants résultaient d’une série de miracles fantastiques, l’œuvre de Dieu ou d’entités surnaturelles.

 Après la parution en 1859 de "L’origine des espèces", l’on dut admettre que les êtres vivants étaient le résultat de transformations naturelles de la matière. Mais bien sûr, Darwin avait non seulement démontré la réalité objective de l’évolution, mais il avait donné aussi une explication de la façon dont cela se produisait. Nous appelons "darwinisme classique" la théorie sur les variations au sein des populations et sur le mécanisme de sélection naturelle.

 Cependant, à la publication de "L’origine des espèces", cette théorie fut très critiquée, même par des hommes de science qui étaient d’accord avec Darwin pour considérer l’évolution comme un fait établi, Aujourd’hui, il y a beaucoup de théories sur l’évolution, plus ou moins en accord ou en désaccord avec le darwinisme classique", et il faudrait plusieurs livres pour toutes les commenter. Dans cet article, nous allons discuter des théories qui se proposent d’expliquer l’origine de l’évolution : c’est-à-dire, qui étudient les causes globales de la transformation des êtres vivants. Nous distinguons 3 théories :

  1. Le probabilisme : l’évolution est le seul produit du hasard

  2. Le finalisme : l’évolution est le produit d’une force spirituelle

  3. Le déterminisme : l’évolution est produite par une énergie matérielle

 Nous allons d’abord commenter les théories les plus extrêmes, c’est-à-dire le probabilisme et le finalisme, et puis nous en viendrons au déterminisme que l’on pourrait résumer par l’expression : "ni dieu ni hasard".

 

THÉORIE PROBABILISTE ( ou ALÉATOIRE )

 Darwin secoua très fort les croyances religieuses de ses contemporains quand il réussit à montrer que l’homme n’était pas un miracle du monde surnaturel, mais le descendant de formes animales plus primitives. Mais surtout, ce qui bouleversa le plus la société du XIX° siècle, c’était que selon la théorie de Darwin, l’évolution n’était pas dirigée vers la formation de l’homme, et que celui-ci n’était pas le but obligé de la vie. D’après le "darwinisme classique", l’évolution est la conséquence de petites variations aléatoires qui se produisent dans une population, et la sélection naturelle favorise les variations qui confèrent un avantage. Ainsi les changements historiques du monde vivant se produisent seulement par le jeu de la variation et de la sélection : il n’y a pas de progrès qui soit dirigé vers l’apparition d’organismes, à chaque fois plus parfaits. Donc, pour Darwin, l’évolution est un pur produit du hasard, sans déterminisme, finalité ni progrès, et on ne peut. pas parler de but ou d’objectif.
 C’est pour ce motif que beaucoup de scientifiques évolutionnistes de l’époque de Darwin ne voulurent pas accepter son explication de l’évolution. Il y avait un grand nombre de biologistes qui croyaient. que l’évolution était dirigée, vers la formation finale de l’homme, en tant que but.
 Pourtant, cette théorie "darwiniste", "probabiliste" ou "aléatoire" est maintenant la plus acceptée de tous, sous sa forme de "théorie néodarwiniste ou synthétique".
 Parmi les hommes de science qui ont défendu au cours de ce XX° siècle la théorie du hasard, nous pouvons citer le célèbre Jacques Monod ( 1910-1977 ). Tous les biologistes connaissent son oeuvre fameuse "Le hasard et la nécessité", ou encore "L’essai sur la philosophie naturelle de la Biologie moderne".

 Dans cette étude, Monod prétend que dans l’évolution, il n’y a pas de projet, ni de causes finales, ni d’orientation vers la complexification des organismes. Monod fait une critique sévère des théories qui défendent l’idée de progrès dans l’évolution. Dans ces dernières, il distingue 2 groupes qu’il nomme : "vitalistes" et "animistes". Pour Monod, le vitalisme est une théorie qui considère qu’il y a une distinction à faire entre monde inerte et monde vivant. Il y aurait le vitalisme "métaphysique" et le vitalisme "scientifique". L’animisme est pour Monod la théorie qui prétend expliquer la nature par les mêmes lois qui peuvent expliquer l’activité humaine subjective, consciente et projective. Tous les anthropologues et ethnologues appellent animisme l’idée primitive selon laquelle les animaux, les arbres, les eaux, ont une âme ou un esprit. Pour Monod, on peut appeler animisme l’idée de "l’ancienne alliance" qui prétend établir un lien, un rapport, une correspondance cosmique, entre l’homme et la nature et l’histoire. Alors Monod considère comme des exemples de l’animisme les croyances "primitives" des peuples africains, américains ou australiens, et aussi quelques philosophies modernes. Parmi elles, Monod donne 2 exemples : le finalisme de Teilhard de Chardin, et le matérialisme dialectique de Marx et Engels.

 Nous allons pouvoir commenter la philosophie de Teilhard quand nous ferons la critique des théories finalistes de l’évolution.
 Sur le matérialisme de Marx ( 1818-1883 ) et d’Engels ( 1820-1895 ), Monod fait une critique très dure, considérant que la perspective dialectique de la nature relève de la mythologie, plutôt que de la science. Selon Monod, dans la nature inerte ou vivante, il n’y a pas de contradictions, ni de négations, qui rendent possible le mouvement de la matière. Monod critique aussi le matérialisme dialectique, en rappelant le fameux "cas Lyssenko" ( 1898-1976 ), qui avait combattu la génétique mendélienne au nom de la dialectique. Mais Monod oublie que, quelques années avant Lyssenko, le grand botaniste Vaviloff ( 1887-1943 ) avait accepté les découvertes de la génétique moderne. Bien sûr, Vaviloff, en tant que vrai scientifique, vrai patriote soviétique, et aussi vrai marxiste, n’avait jamais pensé que la génétique pouvait être contraire au matérialisme dialectique. On peut considérer que, si Lyssenko n’avait jamais existé, les occidentaux auraient dû l’inventer, car le "cas Lyssenko" est très commode pour attaquer la science soviétique.
 Nous finissons ce bref résumé des idées de Monod en rappelant qu’il croit que les théories finalistes et dialectiques sont "anthropocentriques". Quand nous exposerons notre théorie déterministe, nous reviendrons sur la question de ce qu’il faut entendre par "anthropocentrisme".

 

THÉORIE FINALISTE ( ou THÉOLOGIQUE )

 Darwin était un homme très religieux dans sa jeunesse, et il croyait que les êtres vivants avaient été créés par une suite de miracles divins, tel que l’enseignait la Bible, dans le livre de la Genèse. Mais quand il découvrit la réalité de l’évolution, à l’occasion de son voyage avec le "Beagle", il perdit pour toujours ses croyances religieuses.

 Nous avons vu auparavant. que le darwinisme proposait un modèle d’évolution aléatoire, sans but ni finalité, qui allait à l’encontre de la religion. Bien sûr, beaucoup d’adversaires de Darwin défendaient les idées religieuses et bibliques, et nous pouvons citer la querelle entre Huxley et Wilberforce.

 Il y eut cependant des hommes de science au XIX° siècle, avant et après Darwin, qui proposèrent un modèle d’évolution finaliste, susceptible d’être en harmonie avec les convictions religieuses. C’est l’éternel problème des contradictions entre religion et science, que chaque époque historique a voulu résoudre de façon différente.

 Parmi les scientifiques du XIX° et du XX° siècles qui ont défendu le principe d’une évolution finaliste, le plus fameux est Pierre Teilhard de Chardin ( 1881-1955 ). Ce jésuite est devenu célèbre par sa découverte du "sinanthrope" de Chine, pays qui a toujours attiré les jésuites, comme Ricci ( XVI° siècle ), Schall ( XVII° ), Verbiest ( XVIII° ) et David ( XIX° siècle ). Les thèses finalistes de Teilhard ont eu un grand succès dans le monde durant le premier quart de siècle qui suivit sa mort. Il est très regrettable que Teilhard ait été si oublié dans les années 80 et 90, mais nous tenterons d’expliquer pourquoi, lorsque nous parlerons du déterminisme.

 Teilhard, donc, a voulu encore une fois concilier les découvertes de la science avec la religion chrétienne, et le résultat fut sa théorie finaliste. Pour Teilhard, l’évolution n’est pas le produit du hasard, car elle a un sens, un but, un objectif : aboutir à l’humanité. Teilhard considère que l’évolution est un processus continu du développement de l’ensemble complexité-conscience, avec une unité fondamentale de structure et de mécanisme. On comprendra cette théorie si l’on tient compte que selon Teilhard l’évolution n’est pas seulement un processus biologique, mais qu’il inclut aussi l’énergie et la matière universelles. Dans la perspective teilhardienne, donc, l’évolution de l’univers comprend différentes étapes que nous pouvons ainsi résumer.

  • Première étape : évolution de l’énergie et de la matière universelle qui se fait de plus en plus complexe, jusqu’à atteindre le niveau de la nature vivante.

  • Deuxième étape : évolution de cette nature vivante, dans une complexité toujours croissante, jusqu’à atteindre le niveau de la nature consciente.

  • Troisième étape : évolution de cette nature consciente, par intériorisation progressive, jusqu’à atteindre un niveau au-delà du monde matériel.

 Dans la conception teilhardienne, ce dernier niveau est celui de l’esprit, de l’âme, du surnaturel, c’est-à-dire celui de la noosphère, qui vient après la lithosphère et la biosphère, dans l’évolution cosmique.

 Pour Teilhard, l’évolution est orientée vers l’apparition de l’homme, mais on peut aussi considérer que dans sa théorie l’évolution continue au-delà de l’homme, pour en arriver à Dieu ou au "Christ cosmique". Inutile de dire que Teilhard croyait aux dogmes du christianisme, comme en l’existence d’un être suprême, en l’immortalité de l’âme et en la divinité de Jésus-Christ. Teilhard pensait, alors, que si Jésus-Christ était à la fois Dieu et homme, il était à la fois Christ historique et Christ cosmique, et le croyait-il, en même temps l’"Alpha et l’Oméga de l’évolution". Dans l’idée de Teilhard, Christ est à l’origine de l’univers et de l’évolution, mais il est aussi l’objectif ultime de cette évolution, c’est-à-dire le "point Oméga" qui finira par unir toute la noosphère.

 Peut-être pourrait-on penser que Teilhard est influencé par le panthéisme, puisqu’il identifie Dieu à l’univers.

 Bien sûr, cette théorie finaliste, même si elle est très intéressante, n’a aucun soutien expérimental, et on peut la considérer comme purement spéculative. Si l’on n’accepte pas les dogmes de la religion chrétienne, il n’y a aucune raison d’admettre les thèses finalistes. Mais le finalisme a en tout cas une grande valeur pédagogique, puisque cette théorie peut aider beaucoup de chrétiens à comprendre et à accepter l’évolution. De même, on peut dire que la "théologie de la Libération" sud-américaine peut aider aussi les chrétiens à comprendre la philosophie marxiste.

 Naturellement, la théologie de la Libération, le dialogue entre marxistes et chrétiens, et les théories finalistes, sont des produits du catholicisme moderne. Dans le protestantisme, il n’existe pas de théologie de la Libération, ni de dialogue avec les marxistes, pas de théories sur l’évolution, ni même de théories finalistes, car les protestants croient en la Création biblique.

 

THEORIE DETERMINISTE ( ou MATERIALISTE )

Définition du déterminisme :

 Darwin n’acceptait pas le finalisme, puisqu’il avait perdu sa foi religieuse, et il n’acceptait pas non plus le déterminisme, puisqu’il niait le progrès dans l’évolution. Expliquer ce qu’on entend par "progrès" est rendu absolument nécessaire pour pouvoir comprendre la théorie déterministe.

 Bien sûr, on peut parler du progrès dans l’évolution biologique, ou du progrès dans l’histoire humaine : il y a un étroit rapport entre les deux éléments de cette question.

 Beaucoup de biologistes et de philosophes modernes croient qu’après Auschwitz, Dachau, Hiroshima, Nagazaki, etc., il est impossible de parler d’un progrès.

 Selon ce point de vue, croire au progrès ou au déterminisme, ou bien rechercher un sens à la nature et à l’histoire, serait une idée propre au XIX° siècle, impossible à accepter à notre époque. Il est vrai qu’après la parution de "L’origine des espèces", un grand nombre de penseurs croyaient au progrès, dans la nature, mais aussi en histoire. Ceux qui défendaient le libéralisme, pensaient que la libre compétition en économie aboutirait à une société plus riche et mieux organisée. Et ceux qui défendaient le socialisme, pensaient que la lutte des classes dans le monde industriel aboutirait à une société nouvelle sans exploitation ni propriété.

 Il y avait donc au XIX° siècle un progressisme "de droite" et un progressisme contraire "de gauche", qui buvaient tous les deux dans les sources de Darwin ; or, celui-ci ne croyait en aucun progrès !

 Curieusement, beaucoup d’ignorants qui ne savent rien de la biologie, accusent Darwin d’être coupable des crimes du communisme, du libéralisme et du fascisme.

 Avec le même raisonnement, les fascistes haïssent les juifs, parce qu’ils les accusent d’avoir produit, dans les différentes époques : le christianisme, le capitalisme et le communisme.

 Pour en revenir à la question des théories évolutives, il nous faut donner une définition du déterminisme : "l’évolution biologique et historique suit le principe général de produire des structures de plus en plus compliquées".

Différences entre déterminisme Probabilisme et finalisme :

 Etant donné que pour le déterminisme, l’évolution a un but, un projet - et n’est pas une conséquence du hasard -, il est aisé de le distinguer du probabilisme.

 Mais il est, plus facile de confondre le déterminisme avec le finalisme, puisque les deux théories admettent que l’évolution est dirigée vers un objectif, et que les changements du monde vivant représentent un progrès.

 Il faut, savoir distinguer - et éviter les confusions - puisque beaucoup de critiques envers le déterminisme seraient en fait mieux dirigées contre le finalisme : pour comprendre la différence, il faut faire attention à la cause ultime qui a produit l’évolution des êtres vivants. Selon le finalisme, l’évolution a une cause spirituelle qu’on peut appeler "alpha et oméga", "christ cosmique", "Dieu", "esprit suprême", ou par d’autres noms. En revanche, pour le déterminisme, l’évolution s’est produite pour une cause exclusivement matérielle et naturelle, sans qu’il soit nécessaire de croire en un principe spirituel et surnaturel.

 Alors l’on peut dire que les théories finalistes sont idéalistes, et qu’au contraire les théories déterministes sont matérialistes, ou athées, pour ainsi dire...

 Le probabilisme et le déterminisme peuvent être d’accord dans la négation des dogmes religieux, comme celui de l’existence de Dieu ou de l’immortalité de l’âme.

 Une autre différence entre le finalisme et le déterminisme peut être dans la position qu’occupe l’homme dans le processus de l’évolution. Dans le finalisme, l’évolution est dirigée vers la formation de l’homme : celui-ci est son but dernier, et une fois que l’homme est apparu, on peut dire que l’évolution a accompli sa mission. Notre théorie déterministe considère que l’homme est une étape obligée de l’évolution, mais que ce n’est pas l’étape finale, - et que le processus se poursuivra au-delà de l’homme.

 Si l’évolution est dirigée vers la formation d’organismes qui sont progressivement plus complexes : alors l’évolution devait produire l’homme, mais devait. aussi produire d’autres êtres intelligents sur d’autres planètes !

Principes généraux du déterminisme :

 Si les déterministes ne croient pas en Dieu et s’ils ne croient pas au hasard, l’on peut dire qu’ils croient uniquement à la matière. Puisque nous ne sommes pas des philosophes, mais simplement biologistes, nous n’avons pas besoin de donner une définition exacte de la matière. Disons de façon simple que tout ce qui existe est. matière, nous vivons dans un univers fait de matière, et nous croyons qu’il n’existe rien en dehors de la matière.

 Bien sûr, quand nous parlons de "matière", nous entendons qu’il faut parler aussi d"’énergie", puisque nous savons très bien que la matière se transforme en énergie, et l’énergie en matière. Donc, le caractère principal de la matière est le mouvement, c’est-à-dire que la matière se trouve toujours dans un perpétuel processus de changement et de transformation. Comme disaient Marx et Engels, "la matière sans mouvement serait aussi absurde que le mouvement sans matière". Nous pouvons dire que la matière est une substance éternelle et infinie, qui produit toujours dans le temps et dans l’espace une variété innombrable de formes différentes.

 On peut accepter que le déterminisme est "panthéiste", dans le sens où la matière est "l’être suprême", et qu’il n’y ait rien au-dessus de la matière. Alors, ce mouvement éternel de la matière se fait dans le sens de la production d’êtres de plus en plus organisés, au fur et à mesure que le temps s’écoule. Cette complexité croissante, tout au long des millions et des millions d’années, est une propriété fondamentale de la matière cosmique, et cela peut expliquer tout le développement de l’évolution biologique. Donc, si la matière se fait chaque fois plus compliquée, elle arrive à avoir une nouvelle propriété, qui est celle de la reproduction ou réplication. Une fois cette propriété acquise, la matière qui était inerte ou minérale, devient de la matière organique ou vivante. Bien sûr, il n’y a pas 2 matières différentes, mais tout simplement il s’agit de 2 organisations, l’une plus simple et l’autre plus compliquée, de la même matière universelle.

 Après la formation de la matière vivante auto-reproductrice, cette matière continue son mouvement de complexité croissante, c’est-à-dire l’évolution.

 Dans le cours du temps, cette évolution de la vie avance vers l’élaboration d’êtres toujours mieux organisés, au sein d’écosystèmes plus complexes. Afin d’avoir des relations plus intenses de l’être vivant avec son milieu, le système nerveux se fait plus riche et plus centralisé, et le résultat en est l’intelligence. Si l’apparition de l’intelligence était nécessaire, ce n’était pas pour un dessein surnaturel, mais simplement parce qu’avec l’intelligence, la matière pouvait enfin avoir conscience d’elle-même.

 Sur notre planète Terre, intelligence veut dire espèce humaine, mais naturellement il existe des milliers d’espèces intelligentes dans notre Univers. Tous ces êtres intelligents sont la conséquence inévitable et logique du principe de complexité croissance qui dirige l’évolution de la matière.

 Naturellement, dans le cas de l’espèce humaine, nous répétons que sa formation était inéluctable, mais cette espèce n’est pas le but ultime de l’évolution. Notre espèce peut encore disparaître tôt ou tard, peut-être lors de guerres atomiques, biologiques ou chimiques, mais après notre disparition, l’évolution se poursuivra sur notre planète avec l’élaboration de nouveaux organismes. Et si une guerre atomique détruit toute vie sur Terre, alors l’évolution continuera sur d’autres planètes et produira des êtres intelligents, bien mieux organisés que l’espèce humaine.

Explication du déterminisme matérialiste :

 Nous avons dit que la théorie finaliste est idéaliste et que la théorie déterministe est au contraire matérialiste, mais il faut expliquer le concept de matérialisme.

 On peut dire en général que, selon le matérialisme, tout ce qui existe est matériel, même les idées, la conscience ou l’intelligence. Mais il est nécessaire de préciser quelle classe de philosophie matérialiste pourrait expliquer de façon scientifique le processus de l’évolution. Nous allons considérer que cette philosophie est le matérialisme dialectique des grands maîtres Marx et Engels, les plus grands philosophes modernes. Certes, il parait étrange de défendre le marxisme dans ces années 80 et 90 qui ont vu la décadence et la fin du "socialisme réel". Précisément, il est facile de comprendre que, si dans les années 60 et 70, beaucoup de philosophes défendaient le finalisme ou le déterminisme, c’est parce que le socialisme était à son apogée. Après 1980, le rapide déclin des pays socialistes a fait oublier les théories finalistes et déterministes, et a favorisé l’actuelle domination des théories qui défendent le probabilisme. Ces théories du hasard qui nient le progrès dans la nature et dans l’histoire, favorisent le capitalisme, car le principe du progrès est une partie essentielle du socialisme. Ceux qui ne connaissent rien du socialisme, confondent la philosophie du marxisme avec la bureaucratie soviétique, et maintenant on peut penser que la fin de l’URSS est aussi la fin du matérialisme dialectique. Nous avons vu plus haut que Monod confondait cette philosophie avec les manipulations politiques de Lyssenko, oubliant la grande oeuvre scientifique de Vaviloff. Il faut dire aussi que si Monod accusait le matérialisme dialectique d’"anthropomorphisme", c’est parce qu’il mettait dans le même sac l’animisme, le finalisme, le vitalisme et le matérialisme. Le finalisme de Teilhard est anthropomorphiste, parce qu’il considère que l’homme est l’objectif ultime de l’évolution de la vie. Au contraire, le matérialisme n’est pas anthropomorphiste, parce que dans cette philosophie, l’homme est seulement la partie consciente de la nature, comme les autres espèces intelligentes.

 Maintenant, nous allons faire un résumé des principes fondamentaux du matérialisme dialectique, qui est avec le matérialisme historique, l’une des deux parties de la philosophie marxiste.

  • Premier principe : l’unité et la lutte des contraires, c’est-à-dire que dans la matière il existe toujours une contradiction ou un antagonisme perpétuel, entre des forces opposées.

  • Deuxième principe : la transformation de la quantité en qualité, c’est-à-dire que dans le développement de la matière, de petits changements accumulés avec le temps finissent par produire des propriétés nouvelles.

  • Troisième principe : la négation de la négation, c’est-à-dire que si une structure matérielle est détruite, cela peut servir à la construction d’une structure supérieure.

 On peut définir la dialectique comme "le mouvement qui progresse par le moyen des négations", ce qui veut dire que les négations et contradictions de la matière la font avancer vers une organisation plus complexe.

 Alors, les contradictions à un niveau quelconque de l’évolution biologique et historique finiront par produire un niveau supérieur qui, à son tour, aura aussi ses propres contradictions qui la feront progresser encore. Si nous connaissons les contradictions concrètes d’une étape de l’évolution, nous pourrons savoir quelle sera l’étape suivante, au contraire de la théorie du hasard qui dit que l’évolution n’est jamais prévisible.

 Ainsi dans l’histoire humaine, le socialisme est le produit des contradictions du capitalisme, lui-même produit de celles du féodalisme, et ce dernier des contradictions de l’esclavagisme.

 L’histoire de l’humanité, et celle des autres espèces intelligentes de l’Univers, est une continuation de l’évolution biologique, car l’histoire et la biologie sont expliquées par les mêmes lois fondamentales de la matière.

 Toutes les contradictions de la politique du capitalisme et du socialisme continuent les contradictions entre la main et le cerveau des hommes fossiles, qui sont la cause de l’apparition de l’espèce humaine actuelle. Depuis la formation de notre Univers, toutes les contradictions et négations de la matière et de l’énergie devaient produire finalement les espèces intelligentes, avec toutes les étapes de leur histoire sociale.

 

BIBLIOGRAPHIE

Karl MARX et Friedrich ENGELS : Manifeste du Parti Communiste ( 1848 )

Friedrich ENGELS : Anti-Duhring ( 1878 )

Charles DARWIN : L’origine des espèces ( 1859 )

Charles DARWIN : La descendance de l’homme ( 1874 )

Pierre TEILHARD de CHARDIN : Le phénomène humain ( 1938 )

Jacques MONOD : Le hasard et la nécessité ( 1970 )

 

Le Dr. Carlos Bonet Betoret souhaite l’instauration d’un débat contradictoire sur les thèmes abordés dans ce présent article. Les réflexions et commentaires seront publiés dans BIPEDIA.

 

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