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BIPEDIA 15.1
NOCTURNISME ET BESTIALITÉ
PAR RENÉ LAURENCEAU

Première publication : septembre 1997, mise en ligne : lundi 30 juin 2003


 Les quelques restes de paléanthrope trouvés à Neandertal en 1856 n’étaient pas convaincants, mais le squelette de La Chapelle-aux-Saints dissipa toute hésitation : l’homme de Neandertal, avec ses grandes orbites rondes et profondes, était nocturne. Si on n’a guère insisté, - c’est le moins que l’on puisse dire -, sur le nocturnisme du néandertalien, c’est qu’au fond cela nous met très mal à l’aise.

 On voit tout de suite, et avec raison, s’allumer dans la nuit les deux braises rouges de ses yeux, s’abaisser, comme on tire un rideau, la troisième paupière, appelée membrane nictitante, dont la caroncule de notre oeil est le vestige, et couler le liquide lacrymal sirupeux qui se répand comme un collyre, chaque fois que la lumière est un peu forte pour la pupille dilatée. Le désir de reléguer le plus vite possible au magasin des fantasmes un tel cauchemar parait bien légitime. Dans la nuit cet homme nocturne au visage ridé nous fait peur avec sa large face et son bourrelet sus-orbital monstrueux.

 C’est vrai qu’on n’a aucune envie de retrouver l’antique satyre, chasseur qui certes n’était pas nocturne au sens rigoureux du terme, puisqu’il n’était en réalité que chasseur vespéral et auroral, mais il faut reconnaître que les nuits de clair de lune il se promenait librement dans la nature et près de nos maisons, pour nous narguer. Dans la nuit noire il ne voyait pas plus qu’un diurne, mais se faisant le rôdeur et le voleur de toutes les pénombres devenues pour lui lumière, il troublait nos nuits. C’est lui sans doute qui les trouble encore, à titre posthume, sous la forme sauvage et nocturne que revêt notre inconscient.

 L’homme des ténèbres a toujours été considéré par nous comme le rival et l’ennemi de l’homme de lumière. Bien sûr, il fut un temps où nous étions nous-mêmes chasseurs : quand nous vivions dans les cavernes. Nous aurions peut-être, à l’époque, aimé voir plus loin dans la pénombre pour mieux surprendre la bête que nous chassions. Mais nous n’étions en réalité que des chasseurs provisoires. Maintenant, que nous sommes devenus ce que nous devions devenir, des agriculteurs, nous nous réjouissons chaque jour de pouvoir supporter la lumière du soleil. Nous sommes sûrs d’avoir fait le bon choix. Nous sommes diurnes et fiers de l’être, franchement du côté du soleil qui est le côté de l’avenir.

 Le nocturnisme de l’homme de Neandertal était, un retour en arrière aberrant.

 Chez les primates, il faut remonter jusqu’aux lémuriens pour trouver des nocturnes, et l’étymologie du nom maudit n’est pas pour nous rassurer : les lémures sont chez les Romains les âmes des morts. L’homme de Neandertal nous a toujours fait l’impression désagréable d’un fantôme qui revient d’un passé lointain pour nous faire un reproche. Nous sommes obligés de nous défendre : s’il est mort, ce n’est pas de notre faute. Nous ne pouvions coexister durablement.. Le cultivateur déboise, il sème, et il tue les herbivores qui mangeraient les récoltes. Les carnivores du coup n’ont plus d’herbivores à manger. C’est le dur système de la nature. Les chasseurs carnivores n’ont qu’à mourir, quand apparaît l’agriculture.

 Est-ce une catastrophe ? Il serait intéressant de voir ce que veut faire la nature, quand elle se lance dans un retour en arrière. Au seuil d’une progression, la nature semble éprouver le besoin d’une régression, comme pour se délester de l’archaïsme qui subsisterait encore et barrerait la route vers l’avenir. Au moment de faire l’homme intellectuel, qui est sans conteste son chef-d’œuvre, tout se passe comme si la nature lançait un homme bestial, une sorte de précurseur à peau de bête, en guise d’adieu. Reculer pour mieux sauter, telle semble être la devise du naturel au moment de créer ce surnaturel qu’est la matière qui parle, un verbe fait chair qui tout à coup peint la grotte de Lascaux.

 De toute évidence, le néandertalien n’est pas un intellectuel. Ses lobes frontaux sont petits. Toute son intelligence est dans les lobes olfactifs situés à l’arrière du crâne, le fameux chignon néandertalien. L’homme de Neandertal n’a jamais peint, jamais sculpté, jamais dessiné, jamais écrit, jamais produit des monuments d’architecture. C’est un chasseur définitif, un homme à l’état de bête. Ses outils moustériens ne font que reproduire les acheuléens. Quand nous apparaîtrons, nous donnerons à l’industrie lithique un tout autre élan. Mais en prenant sur lui notre bestialité, l’homme de Neandertal nous rend service. Par son sacrifice, il est en un sens le sauveur de l’humanité : son recul nous permet de marcher désormais sur le tapis rouge de l’intellectualité qu’il a déroulé devant nous.

 La mythologie grecque faisait de Dionysos, surnommé le Nyctélien, c’est-à-dire le Nocturne, le père de toute civilisation. Cela semblait de la provocation : né de la nymphe Sémélé dont le regard est brouillé pour avoir tenté de regarder Zeus dans les yeux, le fils illégitime de Zeus pourrait-il être l’inspirateur de l’ordre apollinien, de la raison, de la culture et de la citoyenneté ? Mais, à bien réfléchir, on peut se dire que l’homme à l’état de bête est vraiment, celui qui nous donne envie de nous civiliser, parce qu’il nous fait quelque part horreur.

 La coexistence avec l’homme de Neandertal a été finalement plus longue que nous ne le pensions. Nous avons eu le temps de prendre en aversion cet homme velu, chevelu, dont les oreilles étaient pointues, si l’on en croit les Anciens qui ajoutent que cet homme sifflant jouait de la flûte plutôt qu’il ne parlait. La tradition nous représente Dionysos comme un homme petit mais trapu, venu d’Orient monté sur un tigre. Ce Tarzan sauvage, qui ne respecte aucune loi du mariage, a joué sans doute un rôle important dans la prise de conscience de notre identité monogamique, même si son état de grâce vis-à-vis de la sexualité peut, servir la cause matrimoniale.

 Il est vrai que le satyre ne danse pas de façon très élégante. Il est capable d’extraordinaires contorsions, vu sa puissante musculature. Il est aussi capable de bonds prodigieux, mais sur les vases grecs nous le voyons relever à angle droit ses pieds ! Quel manque de grâce ! Il nous donne envie de créer la danse classique avec des pointes de pied dans le prolongement de la jambe. Il marche à l’amble et se dandine comme un ours. On est en droit de rechercher plus de prestance dans la marche. Il a pour emblème le thyrse, qui n’est autre que le gourdin de l’homme des cavernes. Le monstre dionysaque nous donne envie de quitter à jamais les cavernes pour habiter de radieuses cités. Enfin nous faisons le projet de remplacer ses grognements, ses sifflements, ses rugissements et ses silences par de belles paroles éloquentes.

 Ceci dit, reconnaissons que l’homme de Neandertal, même s’il n’est que moitié-homme, moitié-bête, était plus robuste que nous. La tradition lui accorde une gestation de douze mois. Nous faisons figure de prématurés chétifs, avec nos neuf mois seulement de vie fœtale. Mais notre fragilité même nous oblige à un supplément d’intelligence. Là est notre force. A mal supporter le froid glacial et la chaleur torride, nous sommes obligés de perfectionner notre confort par la technicité. Tout cela nous amène à beaucoup de science et à beaucoup de réflexion, pour survivre et nous démarquer du sauvage sans nous sentir coupables de sa disparition. Notre culpabilité, bien imaginaire à propos de l’homme de Neandertal, nous entraînerait dans la stupide auto-destruction de notre espèce humaine. L’homme de Neandertal, régressif par nature, doit, apparaître, puis disparaître.

 La régression néandertalienne n’est pas sans nous rappeler celle des singes anthropomorphes, ces quatre singes sans queue de création récente : gorille, orang-outan, chimpanzé, gibbon, qui décident tout à coup de se déplacer par brachiation. Pourtant la bipédie depuis longtemps faisait ses preuves sur la terre. Pourquoi recourir au procédé de locomotion qui condamne à vivre dans les arbres, de branche en branche ? La haute voltige du trapèze à quatre mains, qui entraîne la perte des deux derniers pieds qui restaient aux bipèdes, semble une acrobatie vaine, une clownerie condamnant à vivre dans le feuillage. N’empêche qu’après les singes anthropomorphes quadrumanes sont apparus les hommes qui marchent droit vers l’avenir, plus que jamais sur leurs deux pieds, partisans cette fois convaincus de la bipédie.

 

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