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Réécrire l’histoire de l’espèce humaine

dimanche 3 février 2008

Des Découvertes en Géorgie transforment notre vision de l’évolution de l’Homme

Le petit être à la face de singe et au cerveau peu développé qui scrute une vallée verdoyante grouillant de gibier sur un coin de terre que l’on appellera dans un avenir encore lointain « Géorgie » ne semble pas destiné à conquérir la planète. Pourtant, depuis un passé remontant à 1,75 million d’années, ce frêle hominidé (pré-humain) réécrit l’histoire de nos origines.

Cette épopée nous est transmise par un scientifique géorgien aussi énergique qu’enthousiaste, David Lordkipanidze, qui se bat depuis plus de dix ans pour découvrir, étayer et protéger de nouveaux éléments d’information sur nos origines. Depuis 1991, aux prises avec les incertitudes d’une nation balbutiante et d’un budget minime, il dirige une équipe internationale qui met au jour un trésor constitué de restes d’hominidés, d’outils en pierre et de fossiles animaux, sur le plus ancien site paléoanthropologique d’Eurasie : Dmanissi, au centre de la Géorgie.

Pour cette entreprise qui jette une lumière nouvelle sur l’apparition des hominidés en Eurasie, pour sa persévérance dans l’adversité, pour sa remarquable direction d’équipe et pour sa volonté de préserver un élément inestimable de notre patrimoine, David Lordkipanidze a été désigné Lauréat des Prix Rolex 2004.

Depuis la première trouvaille, en 1991, les découvertes effectuées à Dmanissi mettent les préhistoriens en effervescence, faisant voler en éclats l’image classique d’un Homo erectus grand, robuste, intelligent et bien armé qui serait sorti hardiment d’Afrique il y a environ un million d’années pour coloniser l’Asie, l’Europe et le reste du monde. Il semble plutôt, selon David Lordkipanidze, qu’un petit être au cerveau bien moins développé, au visage plus primitif, probablement doté de bras plus longs et de jambes plus courtes et équipé d’outils beaucoup plus rudimentaires, ait été le premier à entreprendre de peupler la planète. Le portrait de cet anti-héros préhistorique est en train d’apparaître progressivement d’une zone d’environ 150 mètres carrés, fragment par fragment, sous la forme de 4 crânes, 4 mandibules, 16 dents isolées et 24 autres os, accompagnés de plus de 3 000 outils en pierre.

Lorsque la Géorgie a accédé à l’indépendance en 1991, après l’effondrement de l’URSS, on savait peu de chose de sa préhistoire humaine. Grâce à David Lordkipanidze et ses collègues, cette période est maintenant sous les feux des projecteurs. Le cadre de leur recherche est un promontoire rocheux boisé situé au confluent des rivières Mashavera et Pinezauri. C’est là que s’élevait jadis la cité médiévale de Dmanissi, sur l’ancienne Route de la soie qui reliait Byzance à l’Arménie et à la Perse. En 1983, le paléontologue Abesalom Vekua, fouillant les ruines de la forteresse et des habitations, découvrait une dent de rhinocéros fossilisée. Cette trouvaille était suivie d’une extraordinaire collection de restes d’animaux du début du Pléistocène (1,5 à 2 millions d’années) : éléphant, gazelle, rhinocéros, tigre aux dents de sabre, girafe, ours, autruche, loup et rongeurs. En 1984 apparaissaient les premiers outils en pierre : des galets sommairement façonnés pour offrir une simple arête tranchante qui, sans être comparable aux élégantes haches à main fabriquées plus tard par Homo erectus, sont néanmoins un signe éclatant d’une activité humaine primitive.

Ces indices sont confirmés de façon spectaculaire en 1991 lorsque, le dernier jour de la première saison de fouilles de David Lordkipanidze, une étudiante allemande, Antje Justus, dégage soigneusement les ossements d’un tigre aux dents de sabre et découvre juste au-dessous une mandibule manifestement humaine à la denture complète.

« Ce fut un choc... c’était incroyable. Je savais que c’était quelque chose d’important mais honnêtement, à l’époque, je n’ai pas compris à quel point », se rappelle David Lordkipanidze. La grande question qui se pose alors est : quel âge a cette mandibule ? Selon les premiers tests, elle remonterait à 1,6 million d’années. La date fait l’effet d’une bombe dans le milieu des préhistoriens. Certains la jugent bien trop ancienne, et contestent à la fois la datation et l’interprétation.

Viennent ensuite les découvertes saisissantes de quatre crânes et de trois autres mandibules, butin incroyable pour un seul et même site préhistorique. David Lordkipanidze remarque de grandes similitudes avec les frêles ancêtres africains au plus petit cerveau, Homo habilis et Homo ergaster (de 2,5 millions à 1,6 million d’années avant notre ère), prédécesseurs d’un Homo erectus plus grand, plus robuste et au cerveau plus développé. Pendant dix ans, le débat scientifique fait rage. En 2000, David Lordkipanidze, le professeur Leo Gabounia et des collègues publient dans la revue Science leurs conclusions sur deux des crânes, accompagnées d’un verdict sans appel du Centre de géochronologie de Berkeley, en Californie : les ossements ont environ 1,75 millions d’années. Il est enfin établi que les hominidés de Dmanissi sont les premiers ancêtres humains connus à s’être aventurés hors d’Afrique pour occuper d’autres continents. Le site géorgien passe alors sur le devant de la scène internationale. Il révèle des hominidés chasseurs, aventuriers et prodigieux explorateurs, capables de parcourir de longues distances - première manifestation sans doute de ces caractéristiques humaines. Aujourd’hui, Ofer Bar-Yosef, professeur d’anthropologie à Harvard, atteste que Dmanissi est « l’un des projets les plus importants, voire le plus important, pour l’étude de l’évolution humaine ».

Selon David Lordkipanidze, les hominidés de Géorgie étaient petits et agiles ; ils mesuraient à peine 1 mètre 50, se tenaient debout et étaient parfaitement aptes à la marche. Leurs crânes révèlent des cerveaux de 650 à 780 cm³, comparables à ceux des premiers hominidés africains. Ils vivaient dans un paysage volcanique bordé de collines et couvert de forêt et de savane, et choisissaient leurs postes d’observation avec un soin de chasseurs - entre un lac et une rivière où le gibier serait attiré par l’eau. Ils fabriquaient des outils en pierre et transportaient peut-être des pierres à utiliser comme projectiles. Ces hominidés suscitent un intérêt profond chez David Lordkipanidze, qui a grandi dans une famille passionnée d’antiquité et dont le père a fondé l’Institut d’archéologie de Géorgie. Attiré par la géologie, il l’étudie d’abord à Tbilissi avant de faire un doctorat à l’Académie des sciences de Moscou. De retour dans son pays en 1991 après des études en Russie et en Allemagne, il entre à l’Académie des sciences de Géorgie, qui le charge de diriger les fouilles de Dmanissi. Six ans plus tard, il dirige le département de géologie et de paléontologie du Musée d’état de Géorgie et, en 2004, il est nommé directeur du musée, non sans avoir récolté au passage plusieurs prix scientifiques et s’être vu offrir par une université française une chaire qui lui aurait valu une rémunération 25 fois supérieure à son traitement géorgien. Son intérêt pour le site de Dmanissi et sa fidélité à la Géorgie l’emporteront : il décline l’offre.

De son séjour en Allemagne, David Lordkipanidze a retenu l’avantage qu’il y avait à combiner plusieurs disciplines scientifiques pour s’attaquer à des tâches de grande envergure. Il a réuni à Dmanissi un éventail impressionnant de spécialistes, mobilisés pour décrypter le site, sa géologie, sa stratigraphie, le paysage de l’époque, et pour étudier plantes, pollens, animaux, artefacts et restes d’hominidés. Grâce à son dynamisme et son enthousiasme, plus de soixante chercheurs, venus surtout d’Allemagne, d’Espagne, des États-Unis, de France et de Suisse, se sont attelés à la tâche - avec parfois un budget presque symbolique. Enfin, ce projet a offert des possibilités inespérées à de jeunes paléontologues géorgiens.

David Lordkipanidze évoque ainsi l’extraordinaire richesse du site : « c’est comme un roman policier... Nous sommes les enquêteurs et, chaque année, il y a de nouvelles victimes et de nouveaux indices - mais pas de témoins. » Le site de Dmanissi est très vaste : plus de 13 000 m², dont un centième environ a été fouillé. Il est aussi vulnérable : la pluie, le vent et le gel libèrent de leur gangue de précieux fossiles et outils en pierre ; or, un objet sorti de son contexte stratigraphique perd toute signification scientifique. De plus, le site médiéval et celui de l’âge du bronze, tout proches, ont été pillés. Le site des hominidés a été épargné jusqu’ici, mais David Lordkipanidze craint que cela ne dure pas. Qui plus est, la région offre encore de nombreux lieux prometteurs à prospecter pour trouver des traces du début de l’occupation humaine, et l’équipe prévoit de les explorer.

Pour protéger le site des intempéries, le Lauréat fera édifier un dôme en verre et acier de 2 000 m², qui permettra aussi de poursuivre le travail de terrain pendant une plus longue période de l’année. Ce dôme abritera un laboratoire où seront analysées les découvertes, et un musée pour accueillir le flot croissant des visiteurs. La Géorgie manquant de fonds pour un tel projet, David Lordkipanidze y consacrera le montant de son Prix Rolex. « Nous sommes un pays jeune et c’est une occasion idéale de montrer aux gens que la science n’est pas seulement l’affaire des scientifiques mais de chacun. Le Prix Rolex est très important, financièrement bien sûr mais aussi parce qu’il met en évidence la valeur culturelle de cette région. Je pense qu’il contribuera à déclencher un processus de développement », explique-t-il.

Pour Olga Soffer, professeur au département d’anthropologie de l’Université de l’Illinois, aux États-Unis, « le projet de Dmanissi est aujourd’hui le projet de recherche paléoanthropologique le plus important... Il faut absolument abriter le site, non seulement pour le préserver aux fins de la recherche, mais parce que c’est un élément capital de notre patrimoine culturel mondial. »

David Lordkipanidze espère voir Dmanissi, jalon déterminant de l’épopée humaine à travers la planète, figurer d’ici à 2007 sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO.


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